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Matthieu un jeune autiste diagnostique en 2007C'est par l'analyse de la morphologie du cerveau de très jeunes autistes, que les chercheurs du CNRS, d'Aix-Marseille Université et de l'AP-HM ont identifié un marqueur cérébral spécifique de l'autisme, détectable par IRM et présent dès l'âge de deux ans. Une découverte qui pourrait dans les années à venir permettre de détecter l'autisme plus tôt chez l'enfant et dès l'âge de deux ans. Une découverte rendue possible par les compétences en traitement d'imagerie médicale de l'Institut de neurosciences de la Timone (CNRS/Aix-Marseille Université) et par l'accès à une cohorte de patients homogènes, diagnostiqués très jeunes et ayant tous été évalués selon le même protocole au Centre de ressources autisme PACA. Des résultats d'une étude et de leur collaboration qui ont été publiées, le 12 janvier 2016 dans la revue Biological Psychiatry : Cognitive Neurosciences and Neuroimaging.

Une prise en charge plus rapide....

Les chercheurs français qui selon Christine DERUELLE, directrice de recherche CNRS à l'Institut de neurosciences de l'hôpital de la Timone à Marseille, précise dans un communiqué que l'anomalie repérée consiste en un pli moins profond au niveau de l'aire de Broca, une région du cerveau spécialisée dans le langage et la communication, deux fonctions qui sont typiquement altérées chez les patients atteints d'autisme. Cette anomalie, qui est visible dès l'âge de deux ans, pourrait vraisemblablement aider à diagnostiquer l'autisme beaucoup plus tôt qu'on peut le faire actuellement, ce qui permettrait une prise en charge plus précoce.

Un argument important comme le souligne Christine DERUELLE « En effet à l'heure actuelle, le diagnostic n'est posé que sur la base de signes cliniques, à partir de l'observation des enfants et d'entretiens avec leurs parents, et en moyenne à l'âge de 4 ans et demi. On gagnerait donc deux ans, ce qui permettrait probablement de personnaliser les soins visant à développer leur langage et leurs compétences, à adapter leur comportement et à gérer leurs émotions »

L'autisme se cache-t-il dans un pli du cerveau ?

Cartographie de la profondeur des sillons du cortexUne étude pour lequel les chercheurs du CNRS se sont intéressés à un nouveau marqueur géométrique, appelé « sulcal pit », Il s'agit du point le plus profond de chaque sillon du cortex cérébral. Ils ont alors pour cela comparé à partir de résultats d'IRM, la profondeur maximale de chaque sillon du cortex cérébral de 102 jeunes garçons âgés de deux à dix ans, dont 59 étaient atteints d'autisme typique, 21 présentaient un trouble envahissant du développement non spécifié (TEDNS) et 22 étaient exempts de tout trouble du spectre autistique.

C'est à partir de ces points que se développent les plis présents à la surface du cerveau. Ceux-ci sont donc mis en place très tôt au cours du développement, probablement sous influence génétique, ce qui en fait des indicateurs adaptés aux comparaisons entre individus.

En comparant les trois groupes, ils ont découvert que, dans l'aire de Broca (une région connut dans le langage et la communication), la profondeur maximale d'un sillon était moindre chez les enfants atteints d'autisme par comparaison aux deux autres groupes.

De manière intéressante (bien que contre-intuitive), cette atrophie très localisée est corrélée aux performances de communication chez le groupe d'enfant autiste : plus le sulcal pit est profond, plus les compétences en termes de production de langage sont limitées.

Selon les chercheurs du CNRS, cette anomalie spécifique, aux enfants atteints d'autisme pourrait donc constituer un biomarqueur de la pathologie qui pourrait aider à un diagnostic et à des prises en charge plus précoces, dès l'âge de deux ans. En effet, à l'heure actuelle, l'autisme est diagnostiqué sur la base uniquement de signes cliniques, à partir de l'observation des enfants et d'entretiens avec leurs parents et le diagnostic est posé en moyenne à 4 ans et demi en France.

Cette étude a aussi débouché sur une découverte concernant le développement du cerveau. Alors que l'on pensait que le plissement du cortex était achevé à la naissance, les chercheurs ont observé que certains sillons (les plus superficiels) continuent à se creuser avec l'âge. Et ce, de manière identique chez les enfants atteints d'autisme et chez les autres. La recherche biomédicale peut donc également nous éclairer sur la compréhension des mécanismes du vivant.

Stéphane LAGOUTIERE

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