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Une remise officielle de ce soutien financier qui a eu lieu aujourd’hui vendredi 17 juin à 11 h 30 en présence du secrétaire général du fonds, Stéphane BRIDEL, de Delphine LEMONNIER-TEXIER, vice-présidente en charge de la vie des campus et de la directrice de l’École Doctorale Sciences humaines et sociales, Gaïd Le MANER-IDRISSI. Un projet également soutenu financièrement de la part de l'institut de recherche en santé publique et de la Commission européenne dans le cadre du programme ERASMUS+.

Un projet autour de deux thèmes : Entre Langue des signes et médicale
Ce projet fortement intéressant sur lequel travail Pauline RANNOU, dirigé par Gudrun LEDEGEN va étudier d’une part, la langue des signes et sa communauté, les Sourds et d’autre part, l’aspect médical de la surdité et l’implant cochléaire qui s’inscrit dans un projet de réparation d’une oreille déficiente. Un projet de recherche qui va se focalisé sur les enfants sourds profonds de naissance, pour qui la question de l’implant se pose très rapidement après l’annonce du diagnostic de surdité.

Si les médecins accompagnent les parents dans cette décision, la communauté des sourds ainsi que bon nombre de spécialistes regrette cette tendance a vouloir impérativement prendre cette « réparation » comme la seule solution. « La langue des signes et la reconnaissance d’une identité plurilingue pour l’enfant ne sont pas mises en avant par le corps médical ».
Des personnes sourdes c’est-à-dire qui communiquent en langue des signes précise le projet qui revendique la langue des signes en tant que moyen de communication, mais également comme étant porteuse d’une identité. La très grande majorité des Sourds s’oppose au projet d’implantation considéré comme une menace pour la langue des signes et sa communauté linguistique.

Quelles solutions choisir ?
Pour la plupart des parents entendants en revanche (qui constituent 95% des situations familiales où un enfant sourd naît), un enfant sourd profond est un enfant avec qui ils ne pourront pas communiquer jusqu’au moment de l’implantation. Ces parents ne vivent pas la surdité sous l’angle d’une communauté linguistique ayant des revendications.

Ils souhaitent corriger le handicap de leur enfant, pour lui permettre d’entrer dans la communication orale et la langue des signes est très souvent perçue comme un frein à la réussite de l’implant et donc à l’intégration sociale. Ces parents vivent souvent des situations de souffrance extrême et voient dans l’implant cochléaire, la possibilité de gommer la surdité, de rendre à nouveau possible la transmission d’émotions par une communication verbale.

De plus en plus de parents entendants souhaitent aujourd’hui offrir à leur enfant sourd la possibilité d’une communication plurilingue, et d’une identité pluriculturelle. Ils apprennent la langue des signes, font en parallèle le choix d’unStephane BRIDEL Delphine LEMONNIER TEXIER Gaid Le MANER IDRISSI et Pauline RANNOU projet d’implantation et regrettent que les parcours scolaires ne permettent pas ce bilinguisme langue des signes - langue orale qu’ils voient comme une possibilité d’autonomie plus grande en terme de communication, pour leur enfant.

Les dispositifs scolaires d’intégration en milieu ordinaire s’inscrivent dans un projet d’oralisation et la langue des signes y est fréquemment utilisée, mais comme outil d’aide à la communication orale. Les dispositifs bilingues langue des signes - français écrits s’adressent exclusivement aux parents sourds d’enfants sourds qui revendiquent une communication en langue des signes et il semble inadéquat pour des enfants implantés qui ne sont alors que très peu stimulés oralement.

Un travail préalable de deux ans (Rannou 2014) a permis de mener des enquêtes auprès de personnes impliquées dans le domaine de la surdité : psychologue développementaliste, parents entendants d’enfants sourds, parents sourds, personnes sourdes, professeurs spécialisés, orthophonistes, conseillère de la maison départementale des personnes handicapées.

Ces quatre années de recherche permettront d’observer le fonctionnement du parcours d’intégration en milieu ordinaire d’une classe de l’école Carle Bahon à Rennes, et le rôle de la langue des signes présente en tant qu’outil d’aide à la communication orale. Le but étant de travailler avec l’équipe pédagogique de cette classe pour mettre en place une approche plurilingue langue des signes - langue française écrite et oral pour les enfants implantés et de proposer cette adaptation à d’autres dispositifs en France.

Ces dispositifs existent dans certains pays de l’Union européenne comme en Norvège et en Belgique où langue des signes et implant cochléaire sont complémentaires.

Ce travail répond à une demande sociale de parents entendants. Une adaptation de la place de la langue des signes dans les dispositifs d’intégration est tout à fait possible et souhaitable, qui permettrait aux parents entendants ayant fait le choix du plurilinguisme langue des signes - langue orale conjuguée à l’implant, de ne pas faire un choix parfois déchirant, et pour l’enfant, de se construire au contact de deux langues et identités lui permettant une autonomie communicationnelle totale.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Source communiquée

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