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Le médiator benfluorex des laboratoires Servier©afpComme l'avaient mis en avant plusieurs associations ou encore le CISS se dossier pourrait être à moindre mesure qualifiée de « sang contaminé ». Une première étude publiée sur le Mediator dans la revue scientifique internationale, Pharmacoepidemiology & Drug Safety, démontre que celui-ci sera à l'origine 1.320 décès et environ 3.100 hospitalisations en France entre 1976 et 2009 pour une insuffisance des valves cardiaques.

Une étude annoncée comme sous-évaluée par le coauteur de cette étude Mahmoud ZUREIK. Ce dernier avait en effet fin 2010 avec l'épidémiologiste et directeur de recherche de l'INSERM, Agnès FOURNIER, avancé une fourchette de 1.000 à 2.000 morts. Pour lequel l'épidémiologiste Catherine Hill de l'Institut Gustave Roussy à Villejuif estime elle ce chiffre comme « pas du tout exagéré ».

Cette dernière étude s'est penchée sur un des effets néfastes graves du Mediator, les atteintes des valves cardiaques ou valvulopathies à l'origine d'hospitalisations, d'opérations et de décès. D'abord indiqué contre l'excès de graisses du sang, le médicament contenant du benfluorex a été indiqué comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids. Médicament souvent prescrit comme coupe-faim dans deux cas sur trois. « Nous n'avons pas pris en compte des décès pouvant survenir sans que le patient ait été hospitalisé, pas plus que les effets secondaires chez des patients ayant pris du benfluorex, mais ayant arrêté de le faire avant 2006 », explique Mahmoud ZUREIK.

Utilisé ainsi par cinq millions de personnes en France, et plus 145 millions de boîtes vendues, un produit est à l'origine notamment de graves lésions des valves cardiaques. Le scandale du Mediator a abouti au vote d'une loi sur le renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé du 29 décembre 2011.

Un procès attendu pour le mois de mai

Après sa mise en examen en septembre 2011, Jacques Servier, 89 ans, pour « tromperie sur la qualité substantielle d'un produit, escroquerie et obtention indue d'autorisation ». La parution de cet article dans Pharmacoepidemiology & Drug Safety,est un élément de plus au dossier de l'affaire du coupe-faim des laboratoires Servier, déjà sous le coup de plusieurs procédures judiciaires.

Ainsi l'ouverture des deux informations judiciaires sur le Mediator ouvertes à Paris, l'une pour « tromperie aggravée » et l'autre pour « blessures et homicide involontaire » et la mise en examen de Jacques SERVIER . En décembre 2011, la Cour de cassation avait décidé de ne pas regrouper toutes les procédures en cours sur le Mediator en une même instruction menée à Paris, comme le réclamaient les laboratoires Servier. Une décision qui a notamment permis de maintenir le premier procès pénal contre le laboratoire et de son fondateur prévu le 14 mai 2012 au tribunal de Nanterre, où plusieurs patients ont choisi la voie de la citation directe. Ces derniers jugeant le rapport de l'Inspection des affaires sociales (Igas) suffisamment accablant pour qu'il n'y ait pas besoin d'une enquête.

D'autres ont déposé plaintes à Paris, ce qui a ouvert la voie à une enquête par des juges d'instruction. Pour elle, le procès n'aura pas lieu avant plusieurs années. Et le regroupement des deux procédures aurait au final retardé le passage de Servier devant la justice.

Il en témoigne ! exprimant leur colère...

Des patients comme Hélène 72 ans diabétique et obèse, j'ai pris médiator, et ce pendant au moins 20 ans. Aujourd'hui j'ai des problèmes respiratoires et les jambes qui enflent, sans oublier les nombreuses fatigues sans motif. Des médecins que j'ai consultés m'ont cessé de me culpabiliser : mon « surpoids » est la cause de mes problèmes de santé. Il vrai que c'est plus facile de renvoyer la responsabilité sur le patient... ! Ou encore Marcs qui souhaite l'on simplifie le système. Simplifier notre système. Oui j'ai pris du médiator pendant plus de dix ans, période pendant lequel j'ai eu palpitation cardiaque, étourdissement. Un médicament pourtant interdit aux Philippines où je réside plus huit mois sur 12 ou le médecin m'a formellement interdit de le poursuivre en m'indiquant les dangers.

La Rédaction

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