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L'ancien directeur de l'usine AZF Serge BIECHLIN en 2011Onze ans après l'explosion du 21 septembre 2001, qui ouvrira une plaie toujours pas refermée à Toulouse, la cour d'appel de Toulouse présidé par Bernard BRUNET a rendu les conclusions de l'arrêt condamnant l'ex-directeur Serge BIECHLIN et la Grande Paroisse filiale du groupe Total pour homicides involontaires. Une décision qui satisfait pleinement associations de victimes et élus locaux. Une bataille pourrait ne pas être totalement fermée avec le pouvoir en cassation de l'exploitant de l'usine Grande Paroisse et son ex-directeur.

Un responsable le directeur de l'usine AZF

Une Cour d'appel qui n'aura donc pas au final eu les mêmes scrupules judiciaires. Dans la lecture du délibéré de 684 pages, le Président Bernard BRUNET, a écarté « sans que subsiste le moindre doute » la piste de « l'intervention volontaire interne ou externe » et soulignée que « la piste chimique avait été démontrée de façon indiscutable ». Décrivant qu'une « détonation s'est produite d'abord dans le box du hangar 221 et s'est propagée d'est en ouest ».

Un jugement qui comme l'espérait les associations désigne un coupable, en l'occurrence Serge BIECHLIN condamné a trois de prison dont deux avec sursis et 45.000 euros d'amende. Des juges allant au-delà des réquisitions du parquet qui avait requis 18 mois avec sursis et 15.000 € d'amende. Selon les motivations lues par le président de la cour d'appel, le directeur « a contribué à créer la situation qui a provoqué le dommage et n'a pas pris les mesures permettant de l'éviter: ces fautes ont exposé les salariés et la population à un risque d'une particulière gravité qu'il ne pouvait pas ignorer». L'entreprise étant elle condamnée à 225.000 € d'amende, la peine maximale. Deux accusées qui en première instance, avaient été relaxées, faute de preuve. Des magistrats qui en revanche on mit hors de cause la maison mère Total et son ex-PDG Thierry Desmarest.

Des victimes toujours divisées

Ceremonie FNATH a AZF ToulouseSi les présidents des « Sinistrés du 21-Septembre et de l'Association de familles endeuillées, Jean François GRELIER, Gérard RATIER, sont eux satisfait dans l'ensemble par le jugement rendu après dix ans de procédure et notamment que la thèse de l'accident chimique dû à des négligences ait été retenue. Pour Gérard RATIER, c'est une victoire, mais « en demi-teinte ». Pour lui il est dommage que la plainte pour entrave à la justice n'ait pas été suivie... « Cela, c'est une défaite parce que le véritable responsable, c'est le groupe Total ». et que ce dernier n'a pas été condamné

Un avis loin de partager d'autre association comme celle de Mémoire et Solidarité et son président Jacques Mignard, ce jugement laisse un goût terriblement amer. « Nous sommes très déçus. D'une part parce que l'enquête ne sera pas rouverte. D'autre part parce que des sanctions ont été prononcées à l'encontre de la société, sur la base d'une thèse officielle qui reste de la pure fiction ».

Pour le président de Mémoire et Solidarité Jacques MIGNARD, ce délibéré laisse un goût terriblement amer. « Nous sommes très déçus. D'une part parce que l'enquête ne sera pas rouverte. D'autre part parce que des sanctions ont été prononcées à l'encontre de la société, sur la base d'une thèse officielle qui reste de la pure fiction ». La condamnation de Serge BIECHLIN frise selon lui le scandale juridique. « Une seule minute de prison aurait été excessive, puisque l'accusation ne repose que sur une présomption de culpabilité ». Pour Jacques MIGNARD, qui s'est évertué une décennie durant à requérir des compléments d'information, ce délibéré est finalement logique. « Il est lié à des positions d'élus. On a clairement fait comprendre à la justice qu'il fallait en finir. Beaucoup voulaient voir des têtes tomber, ce jugement a exaucé leurs vœux. Nous ne nous faisons plus trop d'illusions, mais nous continuerons à chercher la vérité et à faire entendre notre désapprobation ».

Les élus toulousains satisfaits et unanimes

Le Député-Maire de Toulouse Pierre COHEN Présent avec les victimes, le Maire de Toulouse Pierre COHEN, le Président-conseil Générale et le Président de région Martin MALVY ont tous exprime leurs soulagements de voir prendre fin onze années de procédure suite à une catastrophe qui a meurtri la ville de Toulouse et ses habitants. «C'est la victoire de la vérité ! Le jugement nous donne raison d'avoir fait appel. Il établit enfin les causes de cette catastrophe et désigne des responsables. La culpabilité de grande paroisse va permettre aux victimes, à leur famille et à l'ensemble des Toulousains, de mettre un terme à onze années de souffrance et de pouvoir enfin entreprendre un vrai travail de deuil ». A affirmé le député Maire de Toulouse PIERRE COHEN. Pierre IZARD Pierre Izard, président (PS) du conseil général de Haute-Garonne évoque lui « une décision importante pour la mémoire collective ». Martin MALVY président (PS) du conseil régional Midi-Pyrénées, a lui déclarer « il fallait que la justice passe, que les familles de victimes puissent s'appuyer sur un jugement clair, ce qui est désormais chose faite ».

Seuls les élus écologistes regrettent, au même titre que l'association des victimes Plusjamaisça, que le groupe Total et son président Thierry Desmarest n'aient pas été inquiétés. Sa demande de citation à comparaître a en effet été jugée irrecevable. Des élus verts qui rappel que le danger n'est pas tout à fait écarté dans l'agglomération toulousaine et pointe le doigt sur les onze sites et demande le renforcement de la directive Saveso 3*

Des victimes qu'il ne convient pas d'oublier

le 21 septembre 2001 l'usine AZF de Toulouse explosait L'explosion de l'usine AZote Fertilisants (AZF) de Toulouse, d'une magnitude 3,4 sur l'échelle de Richter, sera ressentie jusqu'à 75km de distance. Elle fera 31 morts, dont 21 sur le site de l'usine, et plusieurs milliers de blessés. Marquant a jamais la ville de Toulouse. Des centaines de salariés comme des civils restent à ne jamais handicapés dans leurs vies quotidiennes. Alors s'il est certain que la vérité pas toujours facile à entendre et même que certaines taches d'ombre subsiste encore sur ce 21 septembre, il convient d'en tirer les leçons pour qu'elle puisse au moins ne jamais se reproduire.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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