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Marisol Touraine a la sortie du conseil des ministres interrogé par les journalisteDes victimes toujours aussi mal défendues face au géant des laboratoires pharmaceutiques ? C'est en tout cas ce semble vouloir dénoncer une nouvelle fois par les responsables de la FNATH avec l'enlisement des scandales de santé publique qui épuisent les victimes et ont pour effet de retarder l'indemnisation et l'office du juge, qu'il soit civil ou pénal. Une révélation du journal Le Parisien confirme selon l'association un nouveau scandale s'agissant du rejet de 86 % des dossiers des victimes par le Fonds d'indemnisation des victimes du Mediator.

Réaction immédiate dans le camp des victimes ou selon Me Jean-Christophe COUBRIS, l'un des avocats défendant les victimes de Mediator, selon lequel le raisonnement scientifique des experts de l'Oniam est "critiquable". L'avocat ayant porté à ce jour devant l'Oniam 1200 dossiers de victimes ayant conservé des séquelles plus ou moins graves, en parallèle des procédures pénales à Nanterre et à Paris pour tromperie aggravée. Il défend aussi uniquement au pénal quelque 1.000 autres dossiers de victimes qui ne peuvent prétendre à des indemnisations auprès de l'Oniam parce qu'elles n'ont pas de séquelles.

Une situation due notamment au fait que les experts de l'Oniam rejettent les valvulopathies légères ne nécessitant pas d'opération chirurgicale alors que l'étude Regulate publiée en juin 2012 reconnaît qu'elles sont imputables au Mediator justifie Jean-Christophe COUBRIS. "Les indemnités ne sont accordées que s'il y a un "déficit fonctionnel" pour le patient. Mais sur ce que signifie ce terme, tout le monde n'est pas d'accord", selon le Dr Irène FRACHON, pneumologue au CHU de Brest, qui a révélé l'affaire Mediator rapporte dans notre confrère.

Servier assumera ses responsabilités...

Interrogé sur cette décision sur le fait que les experts l'Oniam disent ne pas avoir trouvé de liens de causalité entre les pathologies cardiaques des victimes et la prise de l'antidiabétique Mediator souvent prescrit comme coupe-faim. La ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, a déclaré ce matin à la sortie du conseil des ministres quelle veillerait être attentive à ce « que les victimes puissent être indemnisées correctement et je serais aussi très attentive à ce que le laboratoire Servier assume ses responsabilités ». Et d'ajouter qu'« Il n'y a pas de discussion sur le fait que des indemnisations doivent être apportées (...) Les débats qui portent au sein de la commission sont sur la capacité à établir un lien entre les dysfonctionnements observés chez certains malades et la prise du Mediator. »

le personnel de la nouvelle cellule créée par l'oniam pour l'affaire du médiatorDu doute a la réalité ?

Personne ne doit s'étonner de ces chiffres, précise la FNATH dans un communiqué alors qu'à grand renfort d'annonces, il avait été assuré aux victimes une indemnisation rapide et juste. Une situation qui ne fait que confirmer les craintes exposées, il y a plusieurs mois par les associations de victimes, ou lors de la publication des textes instituant le fonds, de voir un dispositif qui structurellement ne tiendrait pas ses promesses.

Une situation qui est loin d'avoir été une première, rappelons-nous des affaires du sang contaminé, de l'hormone de croissance, mais aussi de l'amiante dont les premières plaintes au pénal ont été déposées, il y a plus de 20 ans, victimes d'une politique de sécurité sanitaire défaillante, notamment les victimes du Distilbène, pour lesquelles c'est le principe même d'une indemnisation qui n'est pas effectif.

« Action de groupe »

Au final face à des géants industriels et des laboratoires, l'union fait souvent la force, comme le rappel l'association qui regrette que le principe d'une « action de groupe » au bénéfice des victimes du médicament adopté par le Sénat et rejeté par l'Assemblée nationale fin 2011 « avec un mépris et un cynisme inacceptable » selon la FNATH. Cette dernière qui annonce saisir saisira à nouveau les députés dès la semaine prochaine sur un nouveau projet de loi.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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