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Marie-Therese-Hermange ex sénatrice UMP ayant rédigé le rapport du Sénat en 2011Si la responsabilité de l'État et des institutions était déjà sérieusement mise en cause, l'affaire prend plus que jamais un aspect politique avec la mise en examen le 26 avril de l'ex-sénatrice UMP Marie-Thérèse HERMANGE et du N°2 du laboratoire Servier, Jean-Philippe SETA. Tous deux soupçonnés d'être intervenus dans un rapport sénatorial pour minimiser leur responsabilité et celle du laboratoire et insiste sur celle de l'Agence du médicament. Auquel c'est ajouté aujourd'hui celle de l'ancien pharmacien des laboratoires Servier, Alain le Ridant, pour tromperie et escroquerie dans une des enquêtes sur le drame du Mediator.

Des mises en examen qui ne font confirmer les suspicions que présagées déjà la Dr. Irène FRACHON, qui avait été la première à avoir mis en garde contre le Mediator. Et de dénoncer "des manipulations, des mensonges, une complaisance à l'égard des laboratoires Servier quand j'ai lu le rapport du Sénat". Pour elle, "l'infiltration tentaculaire des laboratoires Servier au sein de notre République est intolérable, mais ancienne, solidement installée dans les habitudes de notre République". Situation il vrai où il suffit de voir les professions les mieux représentées au parlement qui sont notamment les professions du corps médical et celle des avocats.

Un rapport chargé de réduire les accusations sur Servier

La mise en examen vendredi de Jean-Philippe Seta, dauphin désigné du fondateur, Jacques Servier, est un nouveau coup dur pour les laboratoires Servier. Deux mises en examen qui interviennent dans l'une des deux instructions menées en parallèle au pôle santé publique à Paris sur le Mediator. La première est ouverte pour « homicides et blessures involontaires ». La seconde, pour tromperie, escroquerie, prise illégale d'intérêt ou encore trafic d'influence ouverte fin 2011. Ses dans ce dossier qu'ont été mise en examen ses derniers, soupçonnés d'être intervenus dans la rédaction d'un rapport sénatorial sur le Mediator dans le but de minimiser leur responsabilité dans l'affaire du Mediator et d'insister et a contrario, insiste sur celles de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, elle-même mise en examen, le 17 mars 2013. Selon le fameux rapport sénatorial, l'Afssaps désormais l'ANSM aurait « redécouvert tardivement des travaux publiés pourtant dans les années 1970 ».

Une affaire qui avait débuté en juin 2011, avec la publication par nos confère du Figaro des écoutes téléphoniques montrant des liens entre Jean-Philippe SETA et le Pr Claude GRISCELLI, professeur de pédiatrie et de génétique qui fut directeur général de l'INSERM. M. GRISCELLI dans une écoute du 24 juin 2011, à 19 h 6 indiquait au dirigeant de Servier que Mme HERMANGE, responsable de la rédaction d'un rapport du Sénat sur la réforme du médicament publié en juin 2011, lui avait « demandé d'aller travailler avec elle pour le Sénat ». Une conversation dans lequel .ont pouvait également entendre Claude GRISCELLI : «(...) Je me suis fichu des choses nulles qui n'avaient pas d'importance, mais bien sûr j'ai regardé des phrases clé qui concernait la responsabilité de Servier (...). Et donc j'ai fait changer pas mal de choses. . Jean-Philippe SETA: D'accord. (...) Claude GRISCELLI: «(...) sur ce qui te concerne toi ça a été très sobre, tant mieux ».

Marie-Thérèse HERMANGE, qui avait catégoriquement démenti à l'époque ces affirmations auprès de l'AFP, mais sur lequel elle revenu reconnaissant avoir rencontré le Pr GRISCELLI "pour avoir une discussion avec lui". Mais "le rapport était bouclé" et "aucun élément n'en a été modifié à la demande de M. GRISCELLI", avait-elle insisté. Le groupe Servier avait, lui aussi démenti avoir fait modifier ce rapport.

Depuis, les enquêteurs ont établi qu'entre mars et juin 2011, la sénatrice et le pédiatre ont échangé 46 contacts téléphoniques (appels et/ou SMS). Dossier qui se poursuit puisque le Pr. Griscelli devrait quant à lui prochainement être convoqué par les juges. Un autre responsable de Servier, Emmanuel Canet, en charge du développement, a été placé la semaine dernière sous le statut de témoin assisté.

l'ancien pharmacien de Servier mis en examen pour tromperie

Autre mise en examen le 25 avril dernier, dans ce dossier celle de Alain le Ridant, ancien pharmacien des laboratoires Servier, notamment pour tromperie et escroquerie, dans une des enquêtes sur le drame du Mediator, a affirmé lundi une source judiciaire. À la retraite depuis deux ans, M. Le Ridant est également poursuivi pour "obtention indue d'autorisation" et "complicité du délit de participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée", a-t-on précisé. L'ancien pharmacien avait précédemment indiqué aux enquêteurs que "le Mediator aurait pu être retiré, en 2007 certainement, et peut-être même en 2005".

1.300 à 1.800 morts confirment les experts

ordonné par les juges enquêtant sur le Mediator en juillet 2011, ce rapport rendu vendredi confirme de précédentes estimations de mortalité et met en avant la volonté de Servier de masquer le caractère anorexigène du médicament, selon les conclusions présentées par le parquet de Paris. Ces derniers évaluent entre 1.300 et 1.800 le nombre de décès à long terme en France lié à une pathologie cardiaque imputable à ce médicament et dénonce la stratégie de dissimulation de son fabricant, le laboratoire Servier.

Les trois experts estiment que la molécule du Mediator, le benfluorex, est à l'origine du développement de valvulopathies (déformation des valves cardiaques) et d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), pathologie rare actuellement incurable « Pour les valvulopathies, les experts estiment les décès à court terme, donc à deux ans et demi, entre 220 et 300. Ils estiment les décès à long terme entre 1.300 et 1.800 et les hospitalisations pour insuffisance valvaire entre 3.100 et 4.200 », selon les experts cités par le parquet. Par ailleurs, il n'existe aucune évaluation du nombre de décès dus à des hypertensions artérielles pulmonaires (HTAP), ajoutent-ils.

Une étude publiée en février 2012 par le journal spécialisé Pharmaco epidemiology & Drug Safety avait estimé que le Mediator avait « probablement » causé 3.100 hospitalisations et au moins 1.300 mort par valvulopathie entre 1976 et 2009 en France. Une étude de l'agence française du médicament de 2010 estimait ces décès entre 500 et 2.000. Sur la stratégie d'information de Servier, les experts établissent une volonté d'éviter toute référence aux caractéristiques de coupe-faim de son médicament.

Une commercialisation du médicament, dont les « propriétés anorexigènes puissantes » sont confirmées, aurait dû être suspendue entre 1998 et 2003 par Servier ou par les autorités au vu des premiers signalements de maladies, selon ces conclusions. Le Mediator a été suspendu en novembre 2009 et retiré définitivement en juillet 2010.

Le retard prit dans le retrait, qui selon les experts aurait pu venir de Servier mais aussi des autorités sanitaires, avait déjà été relevé dans le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) rendu en janvier 2011. Ce rapport a été versé à l'instruction judiciaire en cours ouverte notamment pour tromperie et prise illégale d'intérêt. Servier a « pris acte » du rapport, estimant qu'il n'apporte « pas d'élément supplémentaire concernant le risque de valvulopathie ». Ses conclusions « ne remettent pas en cause le fait que les Laboratoires Servier ont parfaitement tenu informé les autorités de santé tout au long de la vie du médicament », ajoutent les experts.

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