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2011.11.23.dossier affaire_norbert_masCertains parleront de Justice, d'autres affirmeront que la responsabilité n'appartient pas à l'homme, mais à la société face à son manque récurrent de solidarité envers les
familles. Faut-il sanctionner un tel acte ? La réponse est oui, mais il faut trouver comme dans les cas d'euthanasie la part d'humanité qui peut résider en chacun de nous. Morgane GILBERT, avocate de l'accusé, a-t-elle surtout mis en avant la personnalité fragile de son client.

15 années de réclusion sera la réponse des jurées face à l'acte de ce père qui avait étouffé, en septembre 2009, sa petite fille autiste âgée de 10 ans. Un procès dont les jurées iront pourtant au-delà des réquisitions du procureur. L'avocate générale Élisabeth CATTA martèlera lors de son réquisitoire que si « avoir un enfant autiste est une épreuve, personne n'avait le droit de l'entraîner dans la mort » insistant que « Nous ne devons pas faire le procès d'un père d'enfant autiste, mais celui d'un père qui a tué son enfant, n'oubliez pas qu'il s'agit d'un meurtre », martèle Élisabeth CATTA, à l'adresse des jurés. La Procureur qui demandera après un réquisitoire de près de 45 minutes une peine entre 10 et 12 ans pour un meurtre « accompli volontairement, sciemment ».Norbert MAS dans le box des accusés de cour assise de LyonNorbert MAS dans le box des accusés de cour assise de Lyon

À la barre, à l'évocation de son enfant qui criait ou se tapait parfois la tête contre les murs, Carole ne peut retenir ses larmes. Le corps parcouru de tremblements, elle répète qu'elle aurait aimé que son mari, homme dépressif, qui a tenté à plusieurs reprises de se suicider, se confie. « Il aurait pu me parler de la rupture avec sa nouvelle compagne, de ses angoisses. J'aurais pu l'aider et Natacha serait encore là ». Isabelle DAMIANO, son avocate insiste également sur la responsabilité du père. « Sa souffrance, on l'entend. Son désespoir, on l'entend. Mais de là, à entraîner dans la mort, l'être que l'on aime le plus, il y a un fossé que l'on ne franchit pas ».

De son côté l'avocat de l'accusé, Me Morgane GILBERT, n'aura pas réussi à convaincre les jurées, pour lequel le problème est beaucoup plus complexe. « Cet homme mérite d'être sanctionné, il le sait. Mais son discernement a été altéré par son désespoir. Sa place aujourd'hui n'est pas en prison, mais à l'hôpital ».

Stéphane LAGOUTIÉRE

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