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Message d'alerte

Pour l'agriculteur ici sur la photo au coté de fille et de sa femme, qui a affirmé vouloir « se battre avant tout pour les autres malades ». Son avocat Me François LAFFORGUE a lui confirmé sa satisfaction pour cette première victoire qui devra être confirmée par la cour d'appel, l'entreprise ayant annoncé qu'elle faisait appel du jugement.

Près de cinq de procédure...

François PAUL un céréalier charentais, qui avait déposé plainte contre le géant de l'agrochimie, l'accusant d'intoxication. En 2004, alors qu'il nettoyait une cuve de désherbant Lasso, l'agriculteur tombe dans le coma, frappé d'amnésie. « Cet accident entraîne une prise en charge par un service d'urgence hospitalier pendant plusieurs jours, puis cinq semaines d'arrêt de travail immédiatement reconnu comme accident du travail par la mutualité sociale agricole. De graves problèmes de santé d'ordre neurologique ont persisté, nécessitant près de cinq mois d'hospitalisation et neuf mois d'arrêt de travail à partir de novembre 2004 », nous confie Générations futures, qui soutient l'agriculteur. En 2008, le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) d'Angoulême a reconnu la maladie de PAUL François comme étant lié à l'utilisation. Une décision confirmée par la cour d'appel de Bordeaux en janvier 2010.

Une belle victoire...

Dans un communiqué de presse publié lundi en fin d'après-midi, Éva Joly a salué une « belle victoire d'un agriculteur malade contre Monsanto ». Pour la candidate aux présidentielles considérant cette décision comme une très bonne nouvelle, et souligné que « de nombreux agriculteurs manipulent quotidiennement des produits extrêmement nocifs pour la santé et déclarent par la suite des maladies neurologiques qui peuvent dans certains cas ce révéler très graves, » avant d'ajouter que cette situation n'est pas unique citant le cas d'un Alsacien atteint de la maladie de Parkinson. Il est selon elle « Désormais impossible de nier l'impact sanitaire de l'utilisation de tels poisons, il est scandaleux de mettre tant d'obstacles aux agriculteurs et à la reconnaissance de leurs maladies en tant que maladies professionnelles ».

Interrogé l'agriculteur confie que « La décision prise par la justice aujourd'hui est courageuse. Le symbole, ce n'est pas mon objectif : je me bats aussi pour les autres, parce qu'il y a beaucoup plus d'agriculteurs malades que les pouvoirs publics veulent bien le dire ». Avant d'ajouter qu'il souhaite faire avant tous « évoluer les mentalités, ça sera une très grande victoire, au-delà de la réparation du préjudice ».

De son côté dans un communiqué la firme américaine a affirmé, « Nous sommes en désaccord sur le fait qu'un préjudice ait pu être causé accidentellement par Lasso ou sur le fait que Monsanto ait laissé faire ce préjudice », « Nous sommes déçus par la décision du Tribunal et allons donc faire appel », qui précise que les raisons qui l'incitent sont liées à ce que selon elle « La démonstration du lien de causalité entre le désherbant Lasso et les symptômes rapportés par Monsieur François fait défaut

Un changement de comportement pour les années à venir

Plusieurs pays comme le Canada, le Royaume-Uni et la Belgique ont reconnu le Lasso comme dangereux dès les années 1980 et 1990. Du fait du lobbying exercé par Monsanto, il a fallu attendre 2007 pour qu'il soit enfin retiré du marché français. Maintenant que les résultats médicaux et scientifiques sont indéniables, les industries chimiques devront comprendre comme de l'amiante que l'impunité n'est plus automatiquement de mise. Si les écologistes réclament un passage systématique à l'agriculture biologique, celle-ci n'est pas nécessairement l'unique solution. Le respect des hommes, de l'environnement, peut, être réalisé avec une agriculture raisonnée.

Affaire à suivre...

Stéphane LAGOUTIÉRE

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