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Réalisé sur des personnes à risque de handicap âgées de 20 à 59 ans vivant à domicile selon trois approches : celle des limitations fonctionnelles, celle d'une reconnaissance administrative d'un handicap et enfin d'un handicap ressenti. 4,6 millions de personnes appartiennent ainsi à une population à risque, dont 16 % cumulent les trois approches.

Parmi les importantes restrictions d'activité dans la vie quotidienne, les difficultés d'accès à l'emploi et le fait de ne pas vivre en couple. Parmi les personnes de 25 à 59 ans, les célibataires sont plus nombreux en cas de reconnaissance administrative du handicap. Reste que l'apparition précoce d'une déficience demeure un facteur d'exclusion important.

Comme l'objectif est d'étudier la restriction de participation sociale, seules les personnes qui ont des limitations relativement importantes ont été prises en compte (v.document). Ainsi 2,75 millions de personnes sont à risque de handicap si on considère l'approche fonctionnelle (tableau 1), soit 8 % de la population des 20 à 59 ans vivant à domicile.

Il s'agit le plus souvent des limitations fonctionnelles motrices qui concernent 68 % des personnes qui ont au moins une limitation fonctionnelle. La plupart des personnes n'ont qu'un seul type de limitation, sauf celles qui ont une limitation fonctionnelle psychique, intellectuelle ou mentale (plus d'une sur deux a également un autre type de limitation fonctionnelle).

Une définition en évolution constante...

Fortement lié à la vision que la société porte sur les personnes dans cette situation, si le vocabulaire utilisé aujourd'hui date des années 1980, il est l'aboutissement de l'évolution des concepts de handicap. Ainsi après la guerre de 14-18, la terminologie dépréciative (infirme, boiteux...) qui caractérisait l'individu par sa différence et le définissait négativement, a été abandonnée au profit d'un vocabulaire plus neutre qui se voulait plus objectif (une personne handicapée).

Des changements obtenus selon Maude ESPAGNACQ auteur de la publication a la DRESS qui souligne que la personne c'est vu considérée comme « responsable » a la suite « Des évolutions qui ont abouti à l'adoption par l'OMS du CIH en 1980, puis par en 2001 de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) ».

Déficience précoce : un facteur d'exclusion important

Plus que la nature de la limitation fonctionnelle, le fait de l'avoir eu jeune semble fortement influencer le fait d'être en situation de handicap à l'âge adulte. En effet, quel que soit le type de limitations fonctionnelles, les personnes qui ont eu des atteintes avant 20 ans sont moins souvent autonomes ; elles ont également une participation sociale plus restreinte dans tous les domaines. Ceci est plus important lorsque la limitation est psychique, intellectuelle ou mentale : 78 % des personnes dans ce cas sont sans diplôme, 70 % sont inactives, 61 % n'ont jamais vécu en couple (tableau 9).

Pour les personnes qui ont eu leur atteinte après 20 ans la situation est plus nuancée. La part des personnes qui n'ont jamais vécu en couple est globalement la même qu'en population générale, en revanche, elles sont toutes plus éloignées de l'emploi. Celles qui ont un problème moteur ou psychique, intellectuel ou mental sont également plus souvent sans diplôme.

Des profils différents selon les approches

Quelle que soit l'approche retenue, les personnes à risque de handicap sont plus âgées que la population des 20-59 ans vivant à domicile : 46 ans contre 40 ans en moyenne. Les femmes sont surreprésentées concernant les limitations fonctionnelles motrices (63 %) et visuelles (55 %), tandis que les hommes sont surreprésentés dans les deux autres types de limitation (56 % dans les deux cas).

Tandis que les personnes pour lesquelles la limitation est survenue avant 20 ans sont moins diplômées, 45 % d'entre elles sont sans diplôme. Un taux qui atteint 65 % et 80 % pour les déficients visuels et mentaux.

S'agissant de l'activité professionnelle, parmi les personnes à risque de handicap, celles qui sont totalement exclues du marché du travail, en considérant que les personnes au chômage n'en sont pas exclues puisqu'elles sont à la recherche d'un emploi.

Quelle que soit l'approche, les personnes à risque de handicap sont plus souvent éloignées du marché du travail : moins de 60 % des personnes sont actives contre plus de 80 % de la population âgée de 20 à 59 ans. Le taux d'activité des personnes qui ont des limitations fonctionnelles est plus élevé : 58 %, contre respectivement 51 % et 53 % pour celles qui ont un handicap ressenti ou une reconnaissance administrative.

Au sein de la population atteinte de limitations fonctionnelles, la participation au marché du travail est très variée : les personnes qui ont des limitations auditives ont un taux d'activité de 71 %, alors que celles qui ont des limitations psychiques, intellectuelles ou mentales ont un taux inférieur à 40 %.

Même si le fait d'être en couple est la situation la plus fréquente, quelle que soit l'approche, les personnes sont moins souvent en couple qu'en population générale. L'écart est moins marqué pour les personnes qui déclarent des limitations fonctionnelles, en dehors de celles qui ont des limitations psychiques, intellectuelles ou mentales (qui sont moins de 40 % à être en couple).

L'approche par les limitations fonctionnelles rassemble une population dans une situation globalement plus favorable que pour les autres approches : moins de personnes sans diplôme, plus d'actifs et de personnes en couple. Pour autant, au sein de cette population, il existe des écarts importants entre les personnes souffrant de limitations psychiques, intellectuelles ou mentales, qui sont dans une situation très défavorable dans tous les domaines, et celles ayant des limitations auditives, en situation plus favorable.

Des facteurs multiples accru un risque de handicap

Maude ESPAGNACQ qui a cherché dans cette étude à mesurer l'impact de la combinaison de plusieurs approches du handicap sur le risque d'avoir une restriction de participation sociale, en contrôlant la gravité de l'atteinte et de l'âge d'apparition de la déficience.

Ceci ne peut être réalisé que pour les personnes qui ont une limitation fonctionnelle, pour lesquelles la gravité et l'âge d'apparition sont mesurés dans l'enquête handicap-Santé. Les facteurs sociodémographiques doivent également être pris en compte dans la mesure de l'effet propre du fait d'être repéré comme à risque de handicap par une, deux ou trois approches.

Cette analyse montre que, pour les trois variables de participation sociale retenues, le fait d'appartenir à plusieurs catégories accroît le risque d'être dans une situation de handicap, et ceci quel que soit le domaine (l'autonomie, le célibat ou l'activité professionnelle) « toutes choses égales par ailleurs ». Ceci est d'autant plus marqué pour les personnes qui ont les trois types d'approches : le risque d'avoir une restriction est au moins multiplié par quatre.

La Rédaction

Etude compléte de la DREES

 

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