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Enquete sur les prematures. Un enfant premature dans sa couveuseChaque année la France compte plus de 60 000 naissances d'enfants prématurés soit près de 165 bébés par jour ou un bébé toutes les 10 minutes. Un constat qui a poussé le GREEN (Groupe de Réflexion et d'Évaluation de l'Environnement du Nouveau-né), et la commission de SFN (Société! Française de Néonatologie) a lancé une grande enquête en 2014, permettant aux parents d'enfants hospitalisés à la naissance dans un service médecine néonatale d'exprimer leur ressenti. Des enfants pour lesquels seront définitivement en situation de handicap.

Une évolution, qu'un rapport de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques du ministère de la Santé, paru en octobre 2011 (1) montre que la prématurité est passée de 5,9 % en 1995 à 7,4 % en 2010 toutes prématurités confondues, soit 15 % en 15 ans.

Les premiers résultats de cette enquête présentent une situation globalement bonne. 80 % des parents interrogés, considèrent que leur relation avec les soignants est basée sur la confiance et la disponibilité; La majorité peut prendre part au quotidien du bébé en lui prodiguant quelques soins (le nourrir, le changer, les couches, faire sa toilette, prendre sa température, le peser et le mesurer, etc.).

Une enquête grâce a laquelle la SFN, SOS Préma, et le CIANE pourront, par le biais du GREEN, formuler de nouvelles propositions d'amélioration des services de néonatologie pour mieux prendre en compte l'avis des principaux concernés sont les parents.

Pour la reconnaissance et une prise de conscience

L'étude met également en évidence certaines lacunes au sein des services de néonatologie, et en particulier de leur structure qui, bien qu'en constante évolution, pourrait encore améliorer l'accueil des parents. Par ailleurs, une femme sur quatre sera séparée de son bébé pendant plus de 24 h sans disposer d'une assistance psychologique. Ainsi les premiers jours environ 25 % des parents doivent appréhender seul une première rencontre qui peut parfois être difficile notamment lorsque celui sera atteint d'un handicap, mais également dans un univers inconnu et hypermédicalisé.

Second constat celui des services d'urgence, la néonatalité ne semble pas toujours disposer d'effectif disponible pour écouter, renseigner et rassurer les parents. En effet, entre 26 et 37 % des interrogés selon les services, n'osent pas parler ouvertement à l'équipe soignante, et ont l'impression de devoir trouver seuls leur place et rôle de parents, dans un service qui les intimide et les stresse.

Enfin autre point important, celui du rôle clé du peau à peau pour le bon développement du bébé. Consistant simplement à poser le bébé contre le ventre de sa mère, il reste à ce jour, le meilleur moyen de passer quelques instants privilégiés avec son bébé et d'établir une première connexion. Essentiel au bien-être du nouveau-né et de ses parents, cette méthode est de plus en plus reconnue, aussi bien par les parents que par les soignants.

Véritable moment de plaisir partagé avec son bébé, le peau à peau gagnerait encore à s'améliorer. Parmi les réponses les plus fréquentes, les parents évoquent notamment l'environnement (lumière douce, peu de bruit, position confortable, etc.) et l'intimité comme conditions indispensables pour profiter pleinement de ces instants avec leur bébé.

Des résultats qui sont pour ces auteurs l'occasion de rappeler, l'importance du combat mené par les membres du GREEN. Créée en 2004, l'association SOS Préma se bat à force de persuasions et d'actions, pour que la prématurité enfin reconnue en France, et venir en aide aux familles touchées. Plus active que jamais, l'association souffre cependant de l'absence d'une réelle prise de conscience dans notre société et des pouvoirs publics pour ce que vivent les prématurés et leurs familles.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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