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À droite : Il était une fois, Femme d’Ali en Bois polychrome, 150 x 50 x 30 cm, 2012. À gauche une sculpture intitulée, Il était une fois, Le Loup en Bois polychrome, 137 x 50 x65 cm, 2012 © Fabrice RobinOfficiellement présenter le 10 avril dernier, l'artiste sculpteur et peintre COSKUN a ouvert son univers, celui que le musée des Avelines lui a invité à prendre possession des lieux pour s'y déployer, entraînant ainsi le visiteur dans une histoire. Une exposition ouverte depuis le 11 avril au 13 juillet 2013 avec des œuvres dont la majorité a été réalisée spécialement pour cette exposition autour d'un thème choisi par l'artiste. Un événement pour les visiteurs de découvrir une personnalité, un monde et de s'interroger sur l'œuvre d'un artiste reconnu et renommé.

Pour cette exposition temporaire de trois mois au musée, COSKUN a choisi d'investir le jardin du musée avec des œuvres monumentales, ainsi que les salles d'expositions temporaires et des collections permanentes avec une installation de peintures et de sculptures, autour du thème, « Il était une fois ».

À l'extérieur, les sculptures monumentales se mesurent à la nature et à l'architecture néoclassique du lieu. La monumentalité des œuvres transforme le jardin de leur présence ; un dialogue se met en place et libère l'imaginaire du promeneur. L'artiste transposant la contemporanéité des contes et légendes à travers le prisme de son regard et de sa démarche. Les références dansent comme souvent dans son œuvre qui cite les époques, les styles et les actualités sociétales dans une synthèse vive et écorchée.

Les allusions aux mythes, à l'histoire de l'art, mais aussi aux cultures actuelles se cherchent dans ses tableaux, ses peintures avec une dynamique colorée et abrasive qui rappelle celle
Il était une fois, Le Lièvre de Patagonie, Acrylique sur toile, 210 x 280 cm, 2012, © Fabrice Robinde ses sculptures, striées de coupes et expressives de vie. Fasciné par la capacité de l'humain à transformer le monde qui l'environne à travers une dynamique de progrès sans jamais ne rien perdre de sa nature première, COSKUN témoigne que ce qu'il aime « c'est oser avec sensibilité et excès dépeindre l'homme dans sa dimension éternelle et commune, quelle que soit sa langue, sa culture, son écriture, et son époque... » aime-t-il précisé.

Mais loin de se restreindre au seul Petit Chaperon rouge, les oeuvres présentées s'inspirent en réalité de nombreux autres contes, légendes et récits mythologiques dont la dimension universelle parle à chacun d'entre nous. L' exposition amène à se forger sa propre interprétation de ces récits et à se les approprier. Le Petit Chaperon rouge n'est qu'un prétexte à l'expression d'un questionnement plus vaste sur la société moderne.

L' exposition s'articule autour de thèmes universels chers à l'artiste : la dénonciation de la violence, l'imaginaire, la femme, qui tout comme l'homme se montre à nue pour revenir à l'essence du genre humain. Le rapport à la création quant à lui symbolisé notamment par l'image de la grotte, qui, comme les contes, est un espace de refuge et d'illusion. Travaillant la ligne et la matière dans une veine néoexpressionniste, COSKUN fait le choix d'une oeuvre figurative et subjective qui se revendique comme porteur d'émotions et de sens.

À l'inverse de la publicité, qui impose un message et dont COSKUN conteste le pouvoir à travers ses récents collages d'affiches, cette exposition se veut un retour à l'imaginaire enfantin, libre de toute contrainte. L'exposition inédite "Il était une fois" témoigne de la maturité de l'artiste et se démarque par son choix de montrer toutes les dimensions de l'oeuvre de COSKUN. À travers une soixantaine d'oeuvres, elle présente aussi bien son travail antérieur, notamment ses sculptures monumentales qui sont exposées dans le jardin, que son oeuvre récente. Constituée à la fois de peintures sur toile, de collages et de sculptures.

Un parcours multiple !

Portrait de l'artiste CoskunNé au pied de la montagne Ararat un jour de printemps en 1950, COSKUN de son vrai nom Salih COSKUNDIT, il grandit à Iznik ancienne Nikea, cité romaine et se souvient, enfant, avoir été touché par les fragments des vestiges des civilisations passées. Adolescent, il vit à Bursa et enfin à Istanbul où il devient comédien professionnel après des études au conservatoire d'arts dramatiques. COSKUN caresse le rêve de ne vivre que de son art ; il peint et a fait sa première exposition à seize ans.

Au début des années 80, il décide de venir vivre à Paris, fasciné par la ville qui a accueilli entre autres, Picasso, Monet, Gauguin, Cézanne... Après une cohésion de sens où se recoupent le temps et l'espace, après vingt-cinq ans de sculpture, COSKUN devient l'artiste d'une expression figurative hors du commun. Oeuvres très sobres, extrêmement primitifs, follement expressionnistes, immensément originales. Au musée des Avelines, les sculptures et les peintures réunies lui permettent d'interpréter le thème du conte. C'est l'avènement d'une peinture renouvelée et spontanée, indépendante et parente de la sculpture à bien des égards...

Mettre l'art à la portée de tous.

L'exposition COSKUN, « Il était une fois » est accessible pour un public déficient visuel. Le mécénat d'Handicap Zéro a permis de transcrire en braille les cartels ainsi que l'aide à la visite. Le dispositif de médiation pour un public mal et non voyant est complété par l'organisation de visites tactiles. Par ailleurs, le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite et des visites en langues des signes sont possibles. De nombreux événements, majoritairement gratuits, sont organisés durant les expositions temporaires : concerts, rencontres, conférences, ateliers, lectures, contes... attirants à la fois publics avertis et familiaux pour de belles rencontres autour de l'art.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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