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Affiche de semaine du cinemaUne bonne semaine, tel auront été les premiers mots de certains spectateurs, même si la grande majorité aura préféré la comédie plutôt que l'art dramatique. Malgré cela entre trois jeunes adolescents rêvant de sexe et d'un jeune aveugle surdoué au milieu d'une scène de crime, le handicap n'aura jamais été aussi présent ces derniers mois au cœur des salles de cinéma français. Reste plus qu'à y faire entrer les personnes en situation de handicap. Une situation loin d'être totalement possible !

« Hasta la Vista » : « Intouchables » version belge

Malgré tout pour ceux qui le pourront, le premier sera notre coup de cœur, dont là véritablement le cinéma belge ne cesse de nous surprendre. Pas de doute: le thème est délicat et peut virer racoleur et compassionnel. Pour faire sérieux, on appelle ça « un sujet de société », bien qu'il relève plus de la vie privée que du forum. Il s'agit de la sexualité des handicapés. Un Anglais tétraplégique, Asta PHILPOT, en a fait son cheval de bataille. Dans un documentaire, il racontait, comment il avait perdu sa « virginité » dans un bordel d'Espagne avec accès pour chaise roulante.

Une histoire banale dont c'est emparé le cinéaste flamand Geoffrey ENTHOVEN pour en faire une comédie dramatique pleine de bons sentiments, mais qui ne décolle pas vraiment de l'anecdote. Hasta la Vista évoque donc le périple en Espagne de trois jeunes amis handicapés bien décidés à vivre leur première expérience sexuelle tarifée. Trois jeunes interprétés fort justement par Tom AUDENAERT dans le rôle de Jozef le malvoyant. Robrecht VANDEN THOREN dans Philip, un paraplégique flamand et Gilles De SCHRYVER dans le rôle de Lars, un jeune cancéreux confiné à son fauteuil roulant

À quoi rêvent-ils ? À une vie meilleure où l'amour, l'amitié et accessoirement le sexe auraient leur place. Prêts à tout pour sortir de leur corps et échapper à cette routine insupportable. C'est le message de ce film dont le prétexte sexuel paraît bien futile. Intouchable est déjà passé par là. En bousculant les idées reçues et en évitant le piège du faux tabou.

Un film remplit de sincérité ou de justesse sur un sujet encore fortement tabou en France, espérons que celui-ci pourra comme la fait le film l'intouchable faire évoluer un peu l'esprit de la société française et surtout celle des politiques, comme Mme Roselyne BECHELOT, qui ne voyait l'intérêt d'autoriser les assistants sexuels.

À noter que ce film aura vu sa présence en France grâce au producteur Claude LELOUCH qui a découvert celui-ci dans un multiplexe au festival de Montréal, ou rentrée par hasard dans « J'étais loin d'imaginer que j'allais être projeté dans le monde de ceux que je regarde rarement au fond des yeux. Hasta la Vista est un film gonflé. Au fur et à mesure que je l'ai découvert, une seule question me taraudait : comment un sujet aussi casse-gueule que le handicap peut-il être si justement abordé ? C'est un coup de cœur. Le lendemain de la projection, j'ai acheté le film pour le distribuer. » A dit-il déclaré. Un choix a raison, car ce film devrait toucher le public français.

Aveugle « Un polar en version noir »

Autres films en salle à partir d'aujourd'hui celui Xavier PALAUD qui réalise ici un polar sombre à l'intrigue épurée, auquel s'ajoute un duo d'acteurs Jacques GAMBLIN et Lambert WILSON un duo d'acteurs efficaces peut être un trop. Le tout dans une ambiance glauque et prenante.

Un film qui démarre sur la découverte à son domicile du cadavre mutilé d'une jeune femme. Pas d'effraction, pas de témoin : le crime est parfait. L'enquête est confiée au commandant LASSALLE joué par Jacques GAMBLIN, un flic expérimenté et solitaire, détruit par la mort de sa femme. Alors que d'autres meurtres tout aussi sanglants sont perpétrés, LASSALLE est intrigué par la personnalité d'un aveugle, Narvik que joue Lambert WILSON.

Mais l'alibi du suspect est plausible et son infirmité le met hors de cause. Un étrange duel, telle une partie d'échecs, s'engage alors entre les deux hommes. Un film qui hormis l'existence d'un non-voyant dans le film et loin de convaincre. Avec un scénario qui multiplie autant les clichés insupportables que les retournements de situations surréalistes, allant jusqu'à invoquer une théorie du complot basé sur le trafic d'armes, à l'aveugle manque de bases solides. Et au final, le personnage de Lambert Wilson s'affaiblit face à celui de Jacques Gamblin. Nous voulions un face à face, on se retrouve avec un assassin débile face à la police! Le personnage devient une victime alors que nous tenions un vrai personnage de méchant.

Un film au parcours exceptionnel plus dans parcours de création « A l'aveugle » est en effet un film issu du projet communautaire « weareproducteurs.com » en sortie dans près de 300 salles en France le 7 mars. Ce film a été réalisé avec la participation d'une communauté de 12 500 membres, une première en France. Plusieurs centaines de membres ayant également choisi d'investir financièrement dans le film, pour une somme totale avoisinant les 118 000 euros.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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