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Le collectif Handi-Sociale de Toulouse présidée par Odile MAURIN (ici a gauche) lors dun blocage dun convoi de laréospatiale« Pendant qu'on prétend préserver nos droits et nos libertés et qu'on se flatte publiquement d'améliorer les conditions de vie des personnes handicapées en France, une commission mixte paritaire a rendu, au cours du mois de septembre, une décision concernant la loi sur l'Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique. Celle-ci n'aura d'autre résultat, bien au contraire, que de détériorer davantage, une situation déjà bien complexe. Le thème est en effet devenu polémique et épineux, car l'article 18 de la loi ELAN a embrasé les esprits et soufflé un vent de révolution chez toutes les personnes concernées par les changements injustes qu'elle engendre.

De mon point de vue, ce paragraphe de la loi ELAN, est totalement symbolique et représentatif du peu de considération que la France et ses hommes politiques ont pour leurs personnes handicapées. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il est nécessaire de le supprimer.

Depuis 1975, il existe une autre loi instaurant l'accessibilité universelle, y compris au logement. Peu à peu, dès cette date, il est devenu obligatoire d'aménager des habitations rendues accessibles dans toute nouvelle construction, afin que les personnes à mobilité réduite puissent y vivre. Une évolution emprunte de modernité et de bon sens qui n'a eu de cesse de lentement progresser jusqu'à aujourd'hui.
Or cette année, l'article 18 de la loi ELAN, vient contredire cette universalité obligatoire en imposant un quota de 20 %. Ce qui revient à diviser par 5 le nombre de logements réservés et accessibles, alors qu'il n'y en avait pas assez. Aucun doute sur le fait que cela accentuera l'exclusion.

Actuellement, nous sommes pourtant censés être à l'aube d'une période d'ouverture sur le handicap, d'autant plus qu'il s'agit d'une promesse politique. On nous parle d'accessibilité et de grands projets d'inclusion sociale, mais en réalité, c'est exactement l'inverse qui se produit. La France est témoin d'un retour en arrière de 43 ans, alors qu'elle était déjà en retard sur le sujet du handicap et que le laxisme en ce qui concerne l'accessibilité universelle avait engendré une pénurie de logements adaptés.

Pour illustrer ce fait, je peux évoquer l'histoire d'un homme, victime d'un AVC, ayant provoqué chez lui un handicap conséquent. Eh bien, celui-ci a malgré tout été contraint d'attendre quatorze ans dans un appartement devenu inadapté qu'un lieu approprié se libère. Des faits divers comme celui-ci, il en existe des milliers. Et cet article 18 de la loi ELAN va inéluctablement et dramatiquement accentuer le phénomène.

Cela fait des années maintenant que les personnes à mobilité réduite réclament plus de logements accessibles et à raison. Cependant la réponse apportée à cette nécessité par cette commission mixte paritaire, n'est rien de moins à mon sens, qu'une forme de mépris de ces hommes, de ces femmes et de leurs besoins. Pire, cela revient à les mettre à la rue !

A priori, en tant qu'handicapé visuel, je ne suis pas concerné par cette problématique. Cependant, un peu de solidarité ne fait jamais de mal. Au contraire et c'est la raison pour laquelle je m'exprime, sans pour autant avoir la prétention de dire que j'ai la solution toute faite. Simplement, si aucune solution n'est apportée au besoin élémentaire de lieu de vie adapté pour les personnes en fauteuil roulant, les personnes âgés, ou encore atteintes de maladies incapacitantes, pourquoi est-ce-que le thème de l'accessibilité pris dans son entièreté, serait-il moins ignoré ? Pourquoi mettrait-on en œuvre les moyens nécessaires à une inclusion dans le monde du travail ou pour nous ouvrir à la culture, au sport, à la vie sociale, à l'autonomie… ?

Pourquoi se soucierait-on réellement de nos droits ? On le voit bien avec la polémique sur les des AVS (assistantes de vie scolaire). Les chiffres sont très approximatifs et si vous interrogez des instituteurs, ils vous répondent qu’il n’y a pas ce qu’il faut pour recevoir des enfants handicapés. Même notre droit à l’apprentissage, à l’école et aux études n’est pas respecté.

Quelle image la France donne-t-elle à l’Europe et au reste du monde ? Celle d’un pays qui n’a aucun égard pour ses personnes handicapées. Nous prétendons être le pays des droits de l’homme ? Il faudrait commencer par le prouver. Parce qu’en effet, il serait dans un premier temps nécessaire de réaliser que nous sommes des hommes et des femmes comme le reste des français, même si nous ne correspondons pas au stéréotype de la normalité.

Je rêve d’une France leader en la matière, et qui serait réellement une zone de droits et de respect de l’autre, comme le prône l’ONG Respect Zone.

« N'oubliez pas que nous sommes 12 millions, c'est-à-dire un sixième de la population française ».

Je voudrais conclure en rendant hommage au courage d'une femme. Elle s'appelle Odile MAURIN Présidente de l'association Handi-Social31;et simplement armée de son fauteuil roulant et accompagnée de quelques personnes dans sa condition, elle lutte contre cette injustice. Chaque semaine elle bloque des cimenteries, des centres de gros et des airbus, afin de se faire entendre, pour contraindre le Gouvernement à supprimer l'article 18 de la loi ELAN, imposé par les lobbys de la construction et leur énorme portefeuille.»

Sébastien JOACHIM 
Ambassadeur pour le Respect de la Personne Handicapée

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