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Les travailleurs sociaux manifestant dans les rues parisiennes Ils sont plus de 125 000 en France à travailler auprès de personnes en situation de handicap, quelques semaines après le passage en force avec le 49.3 de la loi travail. Près de 300 d’entre eux ont manifesté hier dans les rues de Paris craignant pour leur avenir et ce qu’il appelle le risque d’une marchandisation de leur profession et le risque de l’ouverture du secteur aux financements privés selon l’intersyndicale des États généraux Alternatifs du Travail Social (EGATS).

Une faible mobilisation...
Malgré une pétition lancée sur le site des États généraux alternatifs des acteurs du travail social exerçant dans le public et dans le privé contre le projet de réarchitecture des formations, l’ensemble des syndicats affirment ne pas être entendu contre ce projet de réforme de leurs formations et diplômes. Un appel à manifester qui en cette rentrée n’aura eu que très peu mobilisé avec 300 participants selon la police. Des manifestants qui devant les bureaux de la Commission professionnelle consultative du travail social, auront trouvé face a eux six cars de CRS bloquant l’accès au bâtiment, n’auront de cesse en rythme de marteler « de l’argent pour les travailleurs sociaux », mais aussi une revalorisation des diplômes, la défense des conventions collectives du secteur.

Une profession et des travailleurs « interchangeable »
Des syndicats qui dans l’appel à manifester estimé que l’objectif du gouvernement n’avait dans ce projet de réforme que d’organiser « la destruction de l’ensemble des diplômes et des métiers du travail social, le gouvernement souhaite déqualifier nos professions, abaisser le coût du travail et nous transformer en techniciens interchangeables ». Des professionnelles estimées à 1.2 million en France, principalement des aides médico-psychologiques et éducateurs spécialisés dont 125 000 environ, auraient la charge d’accompagner des personnes handicapées.

Des travailleurs qui aujourd’hui disposent de diplôme reconnu comme Bac+2, bien que la formation se déroule sur trois ans, seront élevés au niveau licence à compter de 2018. Des formations qui disposent d’une spécialisation pour chacun des 14 secteurs devraient comprendre à terme un "corpus de connaissances communes", avec ensuite des modules de spécialisation pour l’aide sociale à l'enfance, logement, famille, handicap....Des professionnels craignant « la disparition des stages », ou encore celle a terme de déqualifier les métiers, en remplacent « les chefs de service qui leur coûtent cher par des éducateurs spécialisés dont le salaire resterait identique ».

De nombreux sujet d’inquiétude...
Une inquiétude selon les syndicats qui fait suite au projet de réforme présenté par le gouvernement le 21 octobre 2015 prévoyant de un plan d'action pour "valoriser" les travailleurs sociaux et moderniser leur formation. Un plan interministériel qui est le fruit des « états généraux du travail social » lancés en janvier 2013 en concertation avec les départements et les régions.

Parmi les sujets d’inquiétude et les revendications comme les formations, celui des nouveaux "contrats à impact social" lancés au printemps 2016 qui ont pour objectif de financer des programmes sociaux par des investisseurs privés, remboursés par l'État uniquement en cas de succès. Une situation dénoncée par l’intersyndicale qui voit la privatisation du secteur social « Quand on fait entrer le privé à but lucratif dans le social, on n'est plus vraiment dans l'intérêt général", regrette Christine SORRANO, de la CGT.

Une solidarité nationale auquel ont s’attaque s’indigne Valérie MARQUE. « Jusqu’ici nos métiers étaient protégés, avec une déontologie et un secret professionnel pour les assistantes sociales. Avec la réforme en discussion, on veut former des exécutants à la solde des patrons, avec moins d’éthique, moins de moyens, et on déserte les territoires en difficulté. Après, on vient pleurer et parler de notre rôle dans la déradicalisation... Mais qui a détruit la prévention dans les quartiers ? ».

Rendez-vous le 15 septembre prochain...
Des professionnelles qui seront présentes à la prochaine manifestation organisée par plusieurs syndicats contre la loi travail votée en force par le gouvernement avec le 49.3 le 15 septembre prochain. Un rendez-vous dont plusieurs manifestations sont prévues selon les syndicats partout en France afin demandant l’abrogation de la loi. A Marseille, les professionnels du travail social ont déjà décidé de marcher tous ensemble, sous une même banderole intersyndicale, dans le cortège interprofessionnel. Des professionnels qui ont décidé de sortir de l’ombre afin « que leurs métiers et leurs missions ne disparaissent pas ».

Stéphane LAGOUTIÉRE

Source : EGATS

 

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