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Une Standardiste Non Voyant équipe avec un poste de travail d'un clavier en braille en train de recevoir un appel Alors même que l'AGEFIPH rend un bilan « positif » avec une baisse la contribution, situation que l'on retrouve au sein du FIPHFP. Cette vérité ne reflète que l'arbre qui cache la forêt. 2011, aura été en effet une année noire en matière d'emploi avec une progression de 13,9 % soient plus de 30 % en trois ans du nombre de demandeurs d'emploi handicapés. Alors c'est baissé de contribution, bonne ou mauvaise nouvelle. Sont-elles le début de l'annonce d'un changement de politique en matière de financement de l'emploi des travailleurs handicapés ?

À toutes ces questions, le président Jean-Marie FAURE a présenté le rapport d'activité 2011. Un rapport particulier puisque cette année L'AGEFIPH fête son 25e anniversaire. Un rapport qui se félicite de la baisse des contributions d'un montant de 484 M€ contre 604 M€ en 2006 aboutissant au final à une baisse cumulée de 20 % en 2011. Un résultat en complète contradiction avec l'année 2011 qui aura connu la pire progression du chômage chez les travailleurs handicapés avec un taux de 13,9 % soit plus de 30 % en trois ans. Des chiffres qui sont d'ailleurs certainement bien en dessous de la réalité et qui restent très difficiles à obtenir. La crise économique actuelle ayant contraint parfois bon nombre de personnes percevant l'A.A.H et bien que reconnus travailleurs handicapés de ne pas s'inscrire dans les réseaux d'emploi. A contrariole budget des dépenses après trois ans de dépense exceptionnelle entre 2008 et 2010, son à nouveau à peine supérieur de 2 % soit 479 M€ par rapport à 2007. Mais que reflète-t-il réellement ?

Au final deux raisons viennent nuancer le rapport d'activité 2011 présentée hier par Jean-Marie FAURE et son directeur Paul BLANC et dont l'une est directement causée par l'association elle-même.

Précarité et emploi temporaire se cristallisent

Si l'AGEFIPH se félicite d'être passé de 235 000 à 322 300 embauches une situation qui au premier abord pour être jugé comme positif, mais plusieurs éléments, doivent venir nuancer ces bons résultats apparents ne constituant au final qu'un mur bien fragile. Parmi les premières raisons de ces chiffres viennent du fait que pour échapper à l'obligation légale bon nombre d'employeurs se contentant de signer un plan d'action en faveur de l'emploi des travailleurs handicapés ou encore de recourir à des sous-traitants employant des personnes handicapées.

S'agissant de la création d'activité, 3 900 projets ont reçu un appui de l'Agefiph en 2011, et 2 494 demandeurs d'emploi handicapés ont créé ou repris une entreprise. Un nombre de créations qui a subi une baisse de 22 % entre 2010 et 2011. La deuxième raison reste la précarité dans la majorité des contrats signés en 2011. Ainsi si le réseau cap emploi annonce une progression de 8 % confirmant ainsi une tendance générale, les contrats de CDI ne représentant que 27% d'entre eux. Le reste c'est-à-dire la majorité étant des contrats de formations ou en CDD. Des contrats ou seuls 12% sont supérieurs à 12 mois et 61% variants entre 3 et 6 mois. Autre forme de difficultés 24% de ces contrats son eux des temps partiels, 12% pour l'ensemble des salariés.

Point positif celui du réseau Sameth qui aide les employeurs et les salariés à trouver une solution sur-mesure de maintien dans le poste occupé ou de mobilité sur un autre poste chez le même employeur, a observé une hausse de 9 % du nombre de maintiens entre 2010 et 2011.

Avec un taux de chauffage qui atteint près de 22 % et qui comme chez les valides affecte directement un public souvent âgé et peu qualifié. L'autre point noir est celui des déficients mentaux ou déficients psychiques pour lequel les difficultés d'embauche hors du milieu protégé sont quasiment inexistantes et le représentant aujourd'hui que 7 % et 14 %. À titre de comparatifs, ses taux atteignent 46 % pour le handicap moteur, 13 % pour le handicap sensoriel et 18 % pour les autres types de déficiences.

Un chômage ou la progression est particulièrement fort pour travailleurs handicapés de 50 ans et plus (+ 24 % en un an), lesquels représentent 40 % des demandeurs d'emploi handicapés. Par ailleurs, avec la crise économique, la durée de chômage est plus longue : plus de 30 % des demandeurs d'emploi handicapés sont inscrits au chômage depuis plus de deux ans.

Des moyens en baisse

listes des financement par naturesSi l'AGEFIPH parle de retour à l'équilibre en faisant référence à 2007, il difficile à croire que l'aide a apporté puisse diminuer face à un taux de chômage qui ne cesse de progresser. Néanmoins en 2011, l'association aura apporté 197 341 aides et appuis aux personnes handicapées (dont 50 % sont dédiées à l'insertion et au maintien dans l'emploi) et 114 750 aux entreprises (dont 84 % sont destinées à l'insertion et au maintien dans l'emploi). Le montant total de ces aides s'est élevé à 479,1 M €. L'État par l'intermédiaire des contrats de travail aidés accessibles aux travailleurs handicapés aura ainsi en 2011 fait profiter à 3 254 travailleurs handicapés d'un CUI-CIE (soit 6,2% de l'ensemble de ces contrats) dans le secteur marchand, et 14 045 d'un CUI-CAE (soit 6,1% de l'ensemble des contrats) dans le secteur non marchand.

La formation élément et moteur de la création d'emplois

Sans vouloir porter le regard vers notre voisin l'Allemagne, celle-ci pourrait néanmoins nous fournir un certain nombre d'idées qui vraisemblablement ne seraient peut-être pas mauvaises assurent en France. Si le directeur Paul BLANC semble lui aussi de cet avis affirmant qu'il « faut accentuer les efforts sur la formation des demandeurs d'emploi handicapés qui sont souvent sous-qualifiés et restent plus longtemps au chômage que le reste de la population », avant de conclure que le « principal handicap n'est pas la déficience, mais le manque de qualification ». Des contrats en alternance en baisse de 6 % avec 5181 contrats par rapport à 2010 ou l'AGEFIPH avaient financé 5 524.

Transfert de compétences

2011 aura été également une année de responsabilités nouvelles avec l'apparition de l'article 208 de la loi de finances 2011. L'association assurant ainsi depuis le 1er juillet 2011, la responsabilité du dispositif de la reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH). Elle gère également le transfert de compétences concernant la mise en œuvre des parcours de formation professionnelle pré-qualifiante et certifiant des demandeurs d'emploi handicapés et leur financement, dispositif matérialisé, en 2011 par l'accord conclu entre l'État et l'Afpa. Des responsabilités pour lequel L'AGEFIPH évoque l'impact budgétaire de 31,65 M€.

2012 : Une année de transition

À l'issue d'un travail participatif avec l'ensemble de ses partenaires, l'Agefiph met en œuvre depuis le 1er janvier 2012 une nouvelle offre d'interventions, complémentaire au droit commun, et adaptée à la conjoncture. En d'autres termes, celle-ci mettait fin à l'automaticité des aides pour passer à une attribution au cas par cas. « Pour mieux cibler les bénéficiaires de nos actions, » précise Paul Blanc avant de poursuivre que cette décision était aussi due au fait que l'AGEFIPH était « très attachés au fait où les personnes en situation de handicap bénéficient d'abord des dispositifs de droit commun, l'Agefiph n'intervenant que de manière complémentaire, lorsque ces outils ne sont pas suffisants.»

Celle-ci est soutenue par un budget de 480 M€, en progression de 44,5 M€ sur les financements engagés en 2011. Ainsi, l'AGEFIPH devra au plus près des besoins des personnes et des entreprises et préparer la prise en charge, au 1er janvier 2013 de la gestion de la déclaration obligatoire d'emploi des Travailleurs handicapés (DOETH), autre compétence transférée inscrite dans l'article 208.

Un avenir incertain...

Certes elle sont de moins en moins nombreuses mais si ont ajoute les entreprises avec un taux inférieurs a 4,5 % elle sont encore 43 %. Un chiffre qui fait encore bondir !!!Au final, 25 ans adressaient sa création si le bilan de l'AGEFIPH n'est en rien exceptionnel, il n'a rien de dramatique non surtout face à une période de crise économique que connaît la France depuis maintenant trois ans. Alors certes comme l'affirme Jean-Marie Faure «Avec la mise en route de la nouvelle offre, 2012 est une année de transition. Nous allons observer très attentivement l'évolution de nos aides et procéder aux réglages nécessaires. Mais le principal enjeu reste la mobilisation du droit commun ». Mais cela ne suffira pas et si l'AGEFIPH décide de désormais octroyer ces aides au cas par cas s'il ne faudrait pas que certaines personnes soient écartées au profit de d'autres. l'AGEFIPH qui ne devra pas oublier qu'elle est avant tout un moteur essentiel de l'inclusion des travailleurs handicapés dans la société où il demeure encore très majoritairement mis de côté.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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