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affiche partiel de la 17eme journée nationale de la prevention du suicideL'union Nationale pour la prévention du Suicide organise les 17èmes Journées Nationales de la Prévention du Suicide qui regroupe 35 associations et plus de 5000 acteurs associatifs en France et dans les DOM-TOM. Des Journées nationales placé sous le thème du rôle de l'entourage : proches, voisins, soignants, environnement...Une journée dont le lancement aura lieu le 5 Février et placé cette année sous le patronage du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

Un acte qui reste encore un tabou

Souvent analysé comme un acte personnel, l'acte suicidaire, mûri pourtant dans le secret d'une psyché qui s'isole du monde environnant, ultime façon d'avoir prise sur son destin. Le suicide peut être interprété comme un acte social, conséquence d'une situation intenable, comme un appel, une revendication, un ultime message dans un dialogue de sourds. Vouloir mourir, même et surtout si la personne se sent exclue, n'est jamais un acte solitaire, il s'inscrit fondamentalement dans un rapport à l'autre, à la société.

Ainsi, dans une logique de responsabilité collective et de Santé Publique, la prévention du suicide est articulée entre les actions de soutien à la personne, les interventions menées avec l'entourage, et les réponses médicosociales des institutions sanitaires et associatives. Le thème proposé pour l'édition 2013 des Journées organisées par l'Union Nationale pour la Prévention du Suicide, porte sur le rôle de l'entourage pour la Prévention du Suicide, avec ses diversités individuelles et collectives, et ses dimensions plurielles de compétences psycho-sociales.

En décembre 2009, une Audition publique organisée par la Fédération Française de Psychiatrie : « Effets et conséquences du suicide sur l'entourage : modalités d'aide et de soutien » abordait l'entourage en se concentrant sur les conséquences du deuil après suicide. Le colloque de l'UNPS en 2013 propose d'élargir les débats sur l'ensemble des interactions entre le sujet et son entourage, en amont et tout au long de la crise suicidaire, à partir des regards croisés d'experts et des expériences des associations.

Les journées 2013 visent à actualiser les informations et connaissances existantes, scientifiques et cliniques, mais aussi à susciter les échanges entre acteurs engagés dans la prévention du suicide et à réfléchir aux expériences menées localement auprès de personnes vulnérables dans des contextes spécifiques. Des échanges surgiront ainsi de nouvelles pistes, chaque participant étant ainsi pleinement acteur du colloque.

Tout d'abord, qu'entendons-nous par « entourage » ? Il s'agit d'une pluralité d'entourages : proches, collègues, voisins, soignants, environnement. Plus ou moins distincts, ils constituent un réseau complexe, avec des interférences multiples et mouvantes. Comment prendre en compte l'ensemble des dimensions, des enjeux ?

En cas de crise suicidaire, s'agit-il d'un entourage « victime » qui peut culpabiliser car il « n'a rien vu venir » ou « n'a pas su quoi faire » ? Ou, d'un entourage « responsable », qui peut être accusé de n'avoir pas su prévenir l'évolution fatale, voire même d'avoir négligé le désespoir ? Le rôle des entourages vis-à-vis des personnes suicidaires, est donc un écheveau complexe à démêler entre leurs influences réciproques.

Le CESE rend un projet d'avis pour un problème de société

Evolution des pensees suicidaires et des tentative de suicide par age et par sexe en 2010« Le suicide : plaidoyer pour une prévention active », tel sera le projet d'avis rapporté par Didier BERNUS et qui sera présenté le 12 février prochain. Véritable problème de santé publique avec presque 11 000 décès chaque année en France et environ 230 000 tentatives, le suicide n'est pas une fatalité. 20 ans après une première étude qui a consacré le suicide « grande cause de santé publique », le Conseil économique, social et environnemental plaide pour la poursuite et l'amplification de la prévention du suicide.

Tous acteurs et citoyens !

Un décès sur 50 est un suicide ! Le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-24 ans après les accidents de la route et la première cause de mortalité chez les 25-34 ans. Le potentiel de risque suicidaire perdure sous l'effet des différentes « crises »: existentielle, familiale, économique et financière dans les relations sociales et/ou professionnelles,.

Selon une étude BVA-Gallup (2010) réalisée sur 53 pays, les Français sont les plus pessimistes sur leur situation économique voire même sur leur situation personnelle. A la mesure de cette urgence, en février 2013, les 17emes Journées Nationales de la Prévention du Suicide vont permettre à tous les acteurs engagés dans ce combat de se retrouver pour faire un bilan et ouvrir de nouvelles pistes d'amélioration. Derrière la froideur des statistiques, il y a des drames humains que l'on aurait pu éviter. l'UNPS veut le décliner dans toutes ses actions en liaison avec les pouvoirs publics et tous les acteurs institutionnels. Travailler ensemble et toujours mieux pour prévenir davantage.

Personne n'est à l'abri. Tout le monde est concerné.

Le suicide est présent dans tous les milieux familiaux et socioprofessionnels, il touche tout le monde du haut en bas de l'échelle sociale. Une pensée que un récent sondage a permis de dévoiler que 37 % de personnes handicapées avait pensée au moins une fois a passé à l'acte. Qui n'a pas eu une pensée suicidaire à un moment de sa vie ? Aujourd'hui, le silence gêné laisse place à une série de questionnements et la personne suicidaire n'apparaît au fond pas si différent du reste de la population. Contrairement à une croyance répandue, le fait de parler du suicide n'encourage pas au passage à l'acte. Bien au contraire, son expression permet à une personne en souffrance de briser son isolement, d'être reconnue et d'être ainsi en position d'accepter une aide.

Une nouvelle approche

Autrefois, on distinguait suicide et tentative de suicide, cette dernière était souvent perçue comme un « appel au secours » sans réelle mise en place d'un suivi. Les « suicidaires » étaient généralement traités comme des cas individuels, déconnectés de leur environnement, des « pathologies mentales» qu'il suffisait de confier à un psychiatre sans l'intervention d'autres personnes. Le suicide suscitait une gêne, un certain malaise.

Le tournant a été pris il y a une quarantaine d'années : le suicide n'est plus enfermé dans la maladie mentale, il apparaît comme un phénomène complexe qui requiert une approche fine et globale. La prévention ne peut plus être seulement réservée au corps médical, elle concerne tous les acteurs autour de la personne suicidaire. La prévention du suicide nécessite une prise en charge pluridisciplinaire et citoyenne.

Le suicide n'est pas la résultante d'une cause unique, mais l'aboutissement d'un processus complexe. Par la prévention, ce processus peut être arrêté. Il est possible d'intervenir à tout moment et en tous lieux. L'idée de suicide évoque détresse, accidents de vie, mal-être et la prévention doit s'inscrire dans cette complexité humaine et sociétale.

Qu'est-ce que la prévention du suicide ?

Une bénévole de l'association SOS Suicide, dans les locaux de l’association à Paris. © Jean-Loup GAUTREAU / AFPReconnu « priorité de santé publique » dans les années 90, le suicide est aujourd'hui un enjeu de société. Il fait désormais l'objet d'une politique publique spécifique de prévention. Après la Stratégie nationale d'actions face au suicide 2000-2005 - et à la suite d'une évaluation et de travaux (Commission Lebreton 2008)- le programme national lancé en 2011 se poursuit dans différents secteurs au-delà de la Santé.

Des chats sur Internet pour prévenir le suicide

"Trop longtemps, le suicide est resté dans l'escarcelle de la psychiatrie, puisque ce passage à l'acte devait forcément être conséquent à une maladie, constate Jean-Pierre Soubrier, professeur de psychiatrie et expert OMS. Or, le suicide, ça n'est pas juste un problème de santé mentale, c'est avant tout un problème de santé publique. Il nous faut aller vers une dé-psychiatrisation et une dé-stigmatisation du suicide."

Pour ce faire, le rôle de l'entourage au sens élargi du terme (proches, voisins, soignants, environnement) est primordial. A ce titre, les associations sont au cœur de l'action puisqu'elles sont souvent en première ligne pour faire face aux appels désespérées. Et pour s'adapter aux nouveaux modes de communication, de plus en plus d'associations proposent des chats, à l'instar de SOS amitié. "Ces chats sont très largement plébiscités par les jeunes qui préfèrent ce media plutôt que le téléphone, notamment parce que cela leur permet de nous contacter en toute discrétion, même dans l'appartement familial", confirme Jean-Pierre Igot, président de SOS Amitié.

Les chats sont accessibles de 19h à 23h, et 60 écoutants sont formés pour répondre à tout type de questions par ce biais. "Sur Internet, l'écoutant peut être plus franc : le mot suicide y est employé dans 18 % des conversations contre seulement 2 % au téléphone ! C'est très important de prononcer le mot", insiste Jean-Pierre Igot. Des association qui déplore aussi le manque de volonté politique et de moyens financiers pour mettre en place une stratégie de prévention efficace.

Un programme national 2011- 2014

Fondé sur une vision très large de la problématique du suicide, le programme national d'actions contre le suicide 2011-2014 s'appuie sur un engagement interministériel (Justice; Affaires Sociales et Santé ; Education nationale,; Agriculture; Enseignement supérieur et Recherche). Cette dynamique interministérielle reflète la diversité du fonctionnement humain et des actions collectives possibles au sein de la société.

Le rôle de l'UNPS

Une telle approche répond aux attentes de l'UNPS, force de proposition très active dans les groupes de travail et commissions qui ont présidé à ce programme. Interface entre acteurs associatifs et pouvoirs publics, l'UNPS participe activement à la mobilisation pour une démocratie associative (dans l'esprit de la loi de 2002 Droits des usagers) : faire entendre les besoins des usagers, adapter les actions de proximité.

Stéphane LAGOUTIERE

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