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Un enfant sur 1 000(1) naît avec un problème d'audition en France. Aujourd'hui, avec 800 000 naissances par an, ce sont plus de 800(2) enfants par an qui naissent avec Dépistage néonatal de la surditéDépistage néonatal de la surdité pas systématique, mais indispensable(Archive)un degré de surdité plus ou moins important. Le dépistage néonatal de la surdité n'est pas obligatoire. Adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale(3) le 30 novembre 2010, la loi a ensuite été refusée à la suite de multiples divergences qu'elle suscite. Dépistage pourtant indispensable selon l'un des premiers fabricants mondiaux de solutions auditives implantables, Cochlear. Selon lui ce dépistage assure un suivi adapté à l'enfant dans le cas d'une déficience auditive. Or, il est souvent réalisé tardivement lorsque le doute s'est installé, révélant alors des retards de développement parfois irréversibles !

Pourquoi réaliser un dépistage de la surdité dès la naissance ?

Si aujourd'hui, le dépistage néonatal de la surdité n'est pas systématique dans les maternités, il est tout de même fortement recommandé aux parents d'en faire la demande. En effet, un diagnostic réalisé trop tardivement peut avoir des conséquences graves sur le développement de l'enfant comme, des troubles du langage et engendre également la souffrance de l'enfant, qui est incomprise.

Lorsque l'enfant est dépisté dès les premiers jours ou mois de la naissance (3 mois), le personnel soignant peut apporter à l'enfant une prise en charge adaptée selon le degré de surdité, un suivi optimal, mais également des conseils précieux pour aiguiller les parents, souvent démunis par l'annonce du handicap.

Le dépistage néonatal consiste en un examen de quelques minutes, totalement indolore. Une électrode est placée derrière l'oreille du bébé lorsque celui-ci est au calme (lors de la tétée par exemple) ou bien lorsqu'il dort, dans laquelle on transmet un son à 30 db maximum. La réponse de l'oreille interne est enregistrée, c'est le test OEAP (Otoemission Acoustiques Provoqués).

Ou bien le test peut être effectué avec un casque qui délivre un son de 35 db maximum aux oreilles du bébé. On recueille, grâce à des électrodes de surface, l'activité de l'oreille interne et du nerf auditif. Ce test s'appelle le PEA (Potentiels évoqués auditifs). Si après deux tests, aucune réaction n'est enregistrée, la famille est orientée vers un Centre de dépistage et d'orientation de la surdité (CDOS) où un examen plus approfondi est effectué pour confirmer ou infirmer la surdité. Si la déficience auditive est confirmée, la prise en charge est immédiate, car la priorité est l'enfant, son futur développement et son éducation.

Selon les régions, la prise en charge est différente, mais les fondamentaux reste les mêmes. Les parents sont informés sur différents sujets comme : le degré de surdité de l'enfant et ce qu'il engendre. Les aides auditives existantes. Les différentes formes de communication possibles (langage des signes, communication orale) avec ou sans prothèse... Le développement futur de l'enfant qui est source d'interrogations... Ayant toutes ces informations en mains, les parents seront plus aguerris à affronter la situation et à prendre les décisions importantes pour leur enfant.

Sans le dépistage « j'ai l'impression d'avoir perdu 10 mois »

Pour Anne-Sophie Naert, Présidente de l'Association Génération Cochlée et maman d'un petit garçon implanté cochléaire « Mon fils Marceau a été dépisté à l'âge de 10 mois. Aucun signe ne m'a alerté. C'était un bébé très communicant. Nous avons pensé qu'il y avait un problème lorsqu'il réagissait à des vibrations de portes qui claquent. On ne pense jamais à la surdité en premier lieu. Lorsque j'ai appris que mon fils était atteint de surdité profonde, j'ai beaucoup culpabilisé. Je me demandais comment j'avais pu ne pas m'en apercevoir. J'avais l'impression d'être passé pendant 10 mois, à côté de moments importants avec mon fils ».

Une situation qui fait de cette mère et présidente de l'association AGC, une femme convaincue de l'utilité du dépistage. « L'annonce du handicap est de toute manière un choc, mais moi j'ai l'impression d'avoir perdu 10 mois. Pour ma part, le dépistage a été très bien encadré, on m'a présenté l'ensemble des solutions qui s'offraient à moi. J'ai choisi la langue orale française accompagnée de langue française parlée complétée pour accompagner mon enfant. Toute la famille s'y est mise. C'est très simple et l'on apprend en même temps que l'enfant ».

Pour conforter son choix de l'oral et faciliter l'intégration de son fils selon elle, Anne-Sophie Naert, lui fait implanter un implant cochléaire. « J'ai conscience que c'est une technologie parmi d'autres, il faut également mettre en place des séances chez l'orthophoniste ainsi que l'aider avec le langage LPC. On ne répare pas un enfant, il est utile et important que l'enfant ait également une langue visuelle, plus reposante pour lui, car il y a des moments où il ne porte pas son appareil auditif ». Une solution dont elle est satisfaite et pour lequel elle conclut qu'« Aujourd'hui, mon fils va très bien. L'implantation s'est très bien passée. Lorsqu'il a entendu pour la première fois, il a éclaté de rire. Il a très bien réagi. Le son l'a stimulé et il veut devenir chanteur... »

La Rédaction

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