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dechet de plomb sur un chantier dechetQu’est-ce que le saturnisme ? Un danger souvent méconnu du grand public et consécutif d’une intoxication par le plomb, auquel tout le monde peut être exposé. Maladie souvent liée au mal-logement, elle concerne en particulier les femmes enceintes qui peuvent être un facteur de retard mental pour l’enfant, ou les travailleurs du bâtiment pouvant être amenés à intervenir dans les logements concernés pour les décontaminer, sans toujours utiliser les mesures de protection adéquates.

L’Organisation mondiale de la santé estime que chaque année l’exposition au plomb entraîne 600 000 nouveaux cas de déficience intellectuelle chez l’enfant dans le monde. En France, qui a vu le nombre de primo-dépistage, de suivi et identifiés à être relevés passés de 178 cas en 2012 à 438 a 2015 lors d'une enquête de prévalence de l'Institut national de veille sanitaire, alors qu'en 2010 le Ministère de la Santé estimait à 85 000 le nombre d’enfants intoxiqués au plomb.

Un documentaire et un guide complet pour accompagner les victimes
Selon la fondation Abbé Pierre, en 2013, la France comptait 170 000 habitations contaminées au plomb hébergeant des enfants de 6 mois à 6 ans. L’Association des familles victimes du saturnisme (AFVS) met à disposition du public et de tous les acteurs souhaitant s’impliquer face à cet enjeu de santé publique un film de sensibilisation de 38 mn. Réalisé par Fabrizio SCAPIN, le documentaire Notre plomb quotidien donne la parole à des victimes et à des experts de la sécurité et de la santé publique pour expliquer de façon claire et pratique les sources d’intoxication au plomb, les effets sur l’organisme ainsi que des méthodes de prévention au quotidien

Les enjeux prioritaires pour lutter contre le saturnisme en France en 2017
Le CISS qui participe a cette mobilisation rappel lui les quelques enjeux prioritaires de ce qui reste selon un problème de santé publique et demande la mise en œuvre d’une sensibilisation des médecins pour les inciter à un dépistage plus systématique des personnes potentiellement à risque, en particulier chez les enfants.

Mais aussi la mise en œuvre d’une politique de sensibilisation des travailleurs du bâtiment et de leurs employeurs pour les inciter à adopter les mesures essentielles de prévention, et à ne surtout pas intervenir pour des travaux de décontamination au plomb dans des logements qui n’auraient pas été vidés de leurs résidents ainsi que de l’intégralité de leurs meubles et autres objets ou affaires personnelles.

Auquel s’ajouté le relogement des familles, la réparation des préjudices et l’indemnisation des victimes comme dans le cas de l’amiante, mais aussi l’implication des élus locaux pour des actions de terrain ciblées en matière de prévention et de dépistage.

Des conséquences parfois handicapantes...
Le saturnisme provoqué par une intoxication au plomb a des conséquences graves sur le développement psychomoteur de l’enfant chez qui il entraîne des troubles irréversibles du système nerveux central ; des intoxications importantes peuvent donc être à l’origine de troubles organiques et psychomoteurs, causent de handicaps installés. Mais face au risque de saturnisme, comment agir ?

Un dépistage insuffisant a ce jour...
Selon les études de l’InVS (Institut national de veille sanitaire) celle-ci montre que le dépistage du saturnisme infantile a globalement touché très peu d’enfants en France et n’a permis d’identifier qu’une très faible part des enfants à risque d’intoxication par le plomb. Une insuffisance de dépistage est liée au fait que la lutte contre le saturnisme infantile repose en grande partie sur les initiatives et les interventions médicales ; or, hormis certaines structures de PMI, le milieu médical n’est ni formé, ni organisé, ni rétribué pour ces tâches relevant de la santé publique.

L’intoxication au plomb est le plus souvent asymptomatique, les symptômes sont tardifs et peu spécifiques, c’est pourquoi la prévention est primordiale. Pour repérer le risque de saturnisme, il faut prendre en considération les lieux de vie, les activités (notamment la récupération de métaux), dans les habitats anciens et les sites pollués.

Un dépistage dont les Caisses primaires d’assurance maladie doivent assurer la prise en charge à 100 % pour les enfants mineurs et les femmes enceintes. Des médecins qui selon le CISS « ne doivent donc pas hésiter à prescrire cet examen aux personnes potentiellement à risque et qui n’auraient pas encore étaient dépistées, et en particulier si elles présentent des symptômes pouvant être en rapport avec une intoxication au plomb ».

De nombreux logement encore concerné...
Le décret du 20 décembre 2001 donnait aux propriétaires jusqu’au 25 décembre 2013 pour faire remplacer leurs vieilles canalisations en plomb, date à laquelle la teneur en plomb dans l’eau destinée à la consommation humaine ne devrait plus dépasser les 10 μg/L. Selon une enquête réalisée dans 105 000 logements en juillet 2012 par l’École des hautes études de santé publique (EHESP) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l’eau du robinet contient encore un taux de plomb supérieur à 10 microgrammes par litre

Stéphane LAGOUTIERE

Sources : AFVS / CISS / UNAF

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