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Une personnes âgée dans un fauteuil au sein au coeur d'un EHPAD comme celui visité par la ministre Michel DELAUNAY Michèle DELAUNAY s'est rendu aujourd'hui à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Annie Girardot à Paris, à l'occasion de la journée de solidarité. Le gouvernement, qui a réaffirmé le 16 mai dernier que les fonds provenant de cette journée, instaurée après la canicule de 2003 qui avait provoqué 15 000 décès, bénéficiaient bien aux personnes âgées et handicapées, évoquant une nouvelle extension du dispositif. Une journée ou plus que jamais, celle-ci continue de faire débat au sein de la société.

Initialement fixé au lundi de Pentecôte, or depuis 2008, certaines entreprises ont obtenu des dérogations, suppriment un jour de congé ou de RTT, d'autres l'offrent à leurs salariés.

Des revenus en perpétuelle progression.

Chiffrées par la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) à 18,6 Mds€ depuis 2004, dont 2,39 Mds€ en 2012, constituent «10 % des ressources» de cette caisse, a souligné la ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l'autonomie, Michèle DELAUNAY, lors d'une conférence de presse au cœur de cet établissement situé dans le 13e et qui accueille a ce jour une centaine de personnes. Un bâtiment qui se distingue d'une part par son architecture : tout y a été pensée pour améliorer le confort des résidents avec des jardins suspendus, terrasses, parcours de déambulation sécurisés...

Depuis le 1er avril, la contribution solidarité autonomie (CSA) a été étendue aux retraités imposables, soumis à un prélèvement de 0,3 % sur leurs pensions qui «contribuera au financement à partir de 2014 du projet de loi sur l'adaptation de la société au vieillissement et l'autonomie des personnes âgées», a rappelé Mme DELAUNAY. En 2013, les 450 M€ que devrait rapporter cette dernière taxe bénéficieront cependant «à titre exceptionnel» au Fonds de solidarité vieillesse, qui finance le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs.

« Le vieillissement une conception universelle »

Interrogée sur une éventuelle extension aux artisans et professions libérales, la ministre a répondu que le dispositif était «effectivement envisagé». «Le vieillissement et le risque d'autonomie me paraissent universels, la contribution me paraît devoir l'être», a-t-elle dit, tout en précisant que ce n'était «aucunement décidé ni arbitré ». Alors que celle-ci assistera début à l'ouverture de leur congrès a Bordeaux L'AD-PA, qui regroupe les directeurs de services à domicile et d'établissements pour personnes âgées, a de nouveau alerté à propos de l'utilisation des fonds, assurant que «près de 3 Mds€ ont été détournés de leur objectif» depuis l'origine.

Une affirmation à laquelle la ministre soutenue par le CNSA a affirmé que certains crédits ne sont pas consommés chaque année, notamment en raison d'un «décalage entre les décisions et leur exécution», a expliqué Mme DELAUNAY. Des fonds qui
Residence Annie Girardot vue du ciel avec la terrasse permettant au personne de bénéficier d'un lieu de détente © Sergio Graziasont initialement transférés dans les réserves de la CNSA avant d'être utilisés «au bénéfice des personnes âgées et handicapées», a-t-elle précisé. «Nous avons réduit cette +sous-consommation+ de 100 millions» en 2012, avec «l'espoir de faire mieux» en 2013, a-t-elle dit.

Le CNSA ayant lui-même et son directeur, Luc Allaire, rétorqués que sur les «2,5 Mds€ de non-consommation en cumul jusqu'en 2010, 250 millions» , dont 10 % provenant de la journée de solidarité ont été dirigés vers l'assurance-maladie, le reste allant au médico-social. «La CSA a été écornée à hauteur de 25 millions sur dix ans alors qu'elle a rapporté 18,6 milliards. C'est 1 pour 1.000, l'épaisseur du trait», a-t-il affirmé.

Des professionnels mécontents...

«Les détournements de l'État, même petits, doivent être tenus pour inacceptables», a cependant estimé Pascal Champvert, de l'AD-PA, interrogé par l'AFP. Il a regretté que «les personnes âgées ne bénéficient pas de tous les crédits qui leur ont été promis», qu'ils proviennent de la journée de solidarité ou des crédits votés au Parlement. Pour 2013, les recettes de cette journée devraient être «un peu inférieures» aux 2,448 milliards prévus, en raison de la situation économique, selon M. Allaire.

Tout comme la CFTC, qui y voit en cette journée de solidarité «une mesure injuste vis-à-vis des salariés et de leurs familles», a écrit au ministre du Travail Michel Sapin pour lui demander d'y mettre fin. « Quel sens y a-t-il à obliger des salariés qui sont régulièrement au chômage technique à travailler une journée de plus ? », demande le syndicat.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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