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Une seance du tribunal correctionnelle de toulouseNous avons jamais pour la majorité d'entre nous, l'occasion de comprendre l'expérience inédite au du milieu judicaire et notamment de l'enfermement carcérale. Un film inédit écrit et réalisé par François CHILOWICZ avec soutien de la Région Ile-de-France, et de Midi-Pyrénées. Présenté sur France 2 à partir du 12 février pendant trois semaines, ce documentaire démontre en trois parties le parcours carcérale avec l'Entrer en Prison, Rester en Prison et celui de Revenir en Prison.

Pour la première fois à la télévision, une série de films retrace la totalité du parcours pénal de 6 justiciables, de leur arrestation à leur sortie de prison. A force d'acharnement, le réalisateur, François CHILOWICZ, a eu accès sans restriction à tous les lieux de justice. Seule déception, de ce reportage, qui ne montre pas un des aspects les plus importants, celui du non-respect de la dignité humaine notamment pour les individus ou l'état de santé physique ou mental est malheureusement ignoré !

Un documentaire en trois parties....

La première partie du documentaire "Entrer en Prison" présenté le 12 février à 22h30, nous fait entrer dans le monde du cambriolage, vol à la roulotte, séjour irrégulier ou tentative de viol... Nos protagonistes sont interpelés en flagrant délit ou suite à une enquête. Certains nient, tandis que d'autres reconnaissent les faits. À présent, ils doivent s'expliquer devant policiers et magistrats, qui statueront sur les raisons ou la « nécessité » de les faire « entrer en prison », au-delà des doutes raisonnables.

La deuxième partie "Rester en Prison", nous fait comprendre les raisons qui ont contraint la société de cette situation. Tentative d'homicide, cambriolage, agression sexuelle ou évasion... La juste peine, c'est celle qui est acceptée par le condamné. Mais quand la détention est indéfiniment provisoire ou que sa durée est remise en question devant les juridictions d'appel, la question de « rester en prison » confine au puits sans fond. Le souvenir des faits commis devient de plus en plus lointain et dès lors, le risque pour chacun, est finalement de trop bien s'adapter à la prison.

Dernière partie "Revenir en Prison" ou plutôt de l'éviter, Toute personne condamnée à une peine de prison finit nécessairement par en sortir un jour. Un enjeu essentiel se concentre autour de sa personne : comment ne pas revenir en prison ?

Agresseur sexuel, l'expérience de l'enferment...

S est âgé de 45 ans, il est marié et père de 3 enfants. Educateur sportif dans un centre pour handicapés mentaux, il est surpris dans une situation très compromettante par l'infirmière du centre. Il est suspecté d'agression sexuelle sur personne vulnérable. À l'issue d'une garde à vue infructueuse, il est Des policiers procédant une arrestation policière dans les rues toulousainesdéféré devant une juge d'instruction, qui ne ménagera pas le suspect au cours d'un long interrogatoire vigoureux compte tenu des éléments à charge du dossier. S ne reconnaît aucun des faits qui lui sont reprochés et maintient avoir été contraint par la jeune handicapée guidée par une pulsion incontrôlable. Dans ce corps à corps, tentant de se dégager de l'étreinte de la jeune femme, celle-ci aurait empoigné et baissé le pantalon de jogging de S. Ces frottements mécaniques auraient provoqués chez lui, à son insu, une éjaculation. Sceptique, la juge d'instruction lui promet une enquête longue et minutieuse, et décide de le placer en détention provisoire le soir même. Son avocat parvient néanmoins à requalifier la tentative de viol en "simple" agression sexuelle, puisque l'expertise médico-légale de la victime n'a révélé aucune trace de pénétration. Le lendemain, au quartier arrivant du centre pénitentiaire, S est en état de choc et clame son innocence auprès de la directrice adjointe de la prison.

Détenu depuis plus de deux mois, S n'a de cesse de déposer des demandes de remise en liberté auxquelles le tribunal, la cour d'appel et la cour de cassation répondent par la négative. Pendant ce temps, l'instruction progresse à son rythme. Trop lentement du point de vue de son avocate qui y voit la volonté d'obtenir des aveux contraints. La détention de D est particulièrement difficile. Incarcéré pour des faits de mœurs, c'est un détenu vulnérable, et Il ne sort jamais de sa cellule.

Les raisons et les objectifs de « Hors la loi »

L'entrée du centre pénitentiaire de Toulouse - Seyesse situé à Muret en Haute-Garonne © Bellota Films 2013 Pour le réalisateur, François Chilowicz, les sujets de l'insécurité et de la répression occupent une place stratégique dans la réflexion politique, ainsi que dans le champ médiatique. Depuis 40 ans, la population carcérale a doublé, tandis que la délinquance a progressé inexorablement La question demeure très sensible pour l'opinion publique et, face à ce constat paradoxal, nous nous sommes interrogés sur le sens de la réponse pénale...

À quoi sert la prison ? Ou, comme posée en d'autres termes par le Contrôleur Général des Prisons, la prison rend-elle à la société le service que celle-ci en attend ? Chacun a des idées sur la question, mais personne ne dispose d'une vue d'ensemble. Pas même les professionnels de la Justice ou les politiques.

C'est cette « vue d'ensemble » que nous avons mis en œuvre dans ce film qui repose sur une étroite collaboration, avec d'un côté policiers, gendarmes, magistrats, pénitentiaires, avocats, travailleurs sociaux et, de l'autre, les auteurs et les victimes de crimes ou de délits. Près de trois années de préparation et de repérages à Toulouse ont été nécessaires pour rendre ce film possible... Un millier de personnes ont été sollicitées pour témoigner de leur expérience. S'ensuivent plus de deux années de tournage et de montage.

Notre intention de travailler avec chacun des acteurs de la procédure pénale, ne repose pas seulement sur le souci d'une forme d'objectivité, mais aussi sur une forte volonté de réalisme ; nous sommes convaincus que chacun détient sa part de lucidité, de l'endroit où il se trouve, derrière ou devant les barreaux. C'est la part de lucidité de chacun que nous sommes allés chercher, dans ce face à face singulier entre justiciables et professionnels de la Justice.

Suivant le parcours complet des condamnés, de l'interpellation jusqu'à la fin de peine, la caméra, quasi-subjective, épouse leur point de vue. Comme posée sur leur épaule, face à leurs interlocuteurs, elle nous invite à suivre l'intégralité de la procédure telle qu'elle se déroule sous leurs yeux, et dont ils sont acteurs. Il n'y aucune interview, aucun commentaire, mais on entend tout. Et ce qu'on voit, c'est uniquement ce qu'ils voient. Protégeant ainsi leur anonymat, la caméra peut se placer tout naturellement au plus intime de leur confrontation avec les professionnels de la Justice. Au plus proche des décisions qui sont prises dans le cadre de la procédure. Des décisions difficiles à prendre, aux conséquences si lourdes. Le doute est inévitable. Qui dit vrai ? Qui pense juste ? Quelle est la réponse pénale adaptée ?

Ces questions sont au cœur de nos deux années de tournage, durant lesquelles nous avons accompagné les parcours de 6 hommes, déclarés « Hors la Loi ». Sur la durée, selon les aléas des interrogatoires, des expertises, des enquêtes et des jugements, nous avons éprouvé la difficulté de la question pénale. Chaque procédure recèle sa part d'inconfort intellectuel. D'une séquence à l'autre, s'affirment des attitudes et des points de vue différents, parfois très divergents, voire contradictoires. À tout moment, une nouvelle certitude peut bousculer celle du moment précédent. Au fur et à mesure que l'on progresse dans la découverte de la Justice « in-vivo », il devient de plus en plus difficile de se faire une idée arrêtée sur la question, accédant à un niveau de questionnement différent, plus proche de celui que la Justice se pose sur elle-même.

En travaillant délibérément autour de ces notions de doute et d'incertitude du jugement, nous cherchons à emmener le spectateur dans une forme de mobilité intellectuelle. Vers un doute de nature à ébranler toutes les idées reçues, aussi bien les plus répressives, que les plus angélistes. Un doute honnête et raisonnable, mais aussi très profond, à l'image du millier de témoignages qui a permis la préparation de ce film.

« Hors la Loi » est une inexpérience inédite pour le spectateur, non seulement par la nature de son point de vue, mais aussi par sa durée qui permet de recomposer la globalité de la chaine pénale. À la fin des 3 films, le spectateur est supposé avoir beaucoup de nouvelles cartes en main, pour se pencher sur les sujets de l'insécurité et de la répression.

La Rédaction

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