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Conference de presse du bilan 2015 du Fiphfp le 24 mai 2016 a ParisLa Fonction publique serait-elle en passe de devenir un modèle ? Selon les résultats dans les trois fonctions publiques, présentés le 24 mai dernier, par son Président André MONTANE, et son directeur Marc DESJARDINS, Directeur de l’Établissement public FIPHFP toute le laisse pensée. Déception tout de même l’éducation nationale reste toujours à la traîne ! Un taux d’emploi de 5.17 % de fonctionnaires souffrant de handicap qui va par conséquent faire baissé les revenus FIPHFP. Une situation obligeant à revoir, pour ses responsables son mode de financement et poursuivre a long terme l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique.

Un taux record en moyenne de 5.17 %...oui mais ?
Si les chiffres 2015(1), peuvent sembler positifs, ils restent encore très inégaux dans les trois fonctions publiques, territoriales, d’État, et hospitalière. Un nouveau rapport qui place en tête la fonction publique territoriale qui dépasse désormais le taux légal avec 6.22 %, suivit de près par la fonction publique hospitalière avec 5.41 %. L’État semble toujours à la traîne avec 4,18 %, un chiffre dont le principal responsable tous comme en 2015 et notamment l’Éducation nationale, est en deçà (4,18 %).

Des résultats dont le directeur du FIPHFP, Marc DESJARDINS, a estimé lors de la conférence de presse qu’il illustre « « Ces résultats illustrent l’implication des employeurs des trois fonctions publiques, ainsi que de nos partenaires sur l’ensemble du territoire en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap ». Même modestes ils sont une satisfaction, « au vu des 470 000 personnes handicapées en situation de chômage », a souligné M. DESJARDINS. Un taux 5,17 % en moyenne, dont André MONTANE précise que « cela peut paraître peu, elle représente tout de même 221 712 personnes handicapées en emploi (...) témoignant d’une volonté de ne laisser personne au bord du chemin ».

Près 25 000 recrutements...
Avec un volume de recrutements inégalé soit 24 672 sur l’année 2013 pour lequel il faut tout même reconnaître que pour l’essentiel celle-ci est du à une politique de maintien dans l’emploi mis en œuvre dans le cadre de la politique prévention qui a progressé de 10 % par rapport a 2012 et qui représente 15 749 fonctionnaires.

Le Fond qui aura ainsi signées depuis sa création, 380 conventions avec les employeurs dont 58 signées sur l’année 2015 soit 71 M€ « et de permettre aux employeurs de plus de 650 agents de mener une politique du handicap dans la durée ». Une politique d’emploi auquel aura fortement participé la fonction publique territoriale et hospitalière souligne M. DESJARDINS citant l’exemple du CNRS qui emploie 24 000 personnes et aura recruté 37 chercheurs et 38 ingénieurs techniciens handicapés depuis 2007, et du CHU de Toulouse, qui emploie 752 personnes handicapées avec un objectif d'en recruter 30 par an.

Une politique d’emploi dont le FIPHFP aura eu a cœur également facilité celle de l’accès a l’emploi des jeunes en facilitant le financement des contrats d’apprentissage pour un montant de 3.45 M€ qui a progressé de 39 % en 2015. Des apprentis qui seront passés ainsi selon le rapport d’une centaine en 2009 à un millier, dont le financement du FIPHFP représente 80 % de la rémunération totale. Une « des mesures les plus attractives pour les employeurs », souligne M. DESJARDINS.

Le FIPHFP qui aura aussi investi dans l’accessibilité des postes de travail, apportant une aide aux trois fonctions publiques de 13,82 M€ pour le Fonds en 2015, bénéficiant à 482 employeurs contre 233 en 2014. Celui-ci avait comme il l’avait annoncé en 2015 renforcer son engagement en faveur de l’accessibilité numérique dont les financements ont représenté près de 2 M€ en 2015.

Un handicap qui souffre encore d’une vision qu’il convient de faire évoluer, l'insertion des personnes handicapées dans le monde du travail souffre de deux contraintes : un plafond de verre des employeurs publics qu'il faut convaincre et un déficit de formation par l'apprentissage notamment », a jugé Philippe NICOLLE, directeur adjoint du fonds auprès de l’AFP.

Mais des revenus en baisse...
Alors que les dépenses d’intervention pour la troisième année consécutive représentent près de 160 M€,
Au travers des différentes interventions conventions, aides ponctuelles de 20 M€, ou celle liée a des partenariats pour 50 M€ comme avec l’AGEFIPH...Des dépenses importantes, qui baissent pour la première fois de 12 % en rapport à 2014. Une diminution, que les responsables du fond expliquent par une diminution des contributions des employeurs de 41 % à 126 millions d'euros, selon le bilan, Il est nettement inférieur aux 159,95 millions d’euros de dépenses d’intervention. L’obligeant à puiser dans ses réserves financières.

Une situation a double tranchant, qui voie une nette progression de l’emploi, mais fragilise sur le moyen terme, la capacité du Fonds à déployer ses interventions à l’avenir. Une situation du en partie selon son président André MONTANE par le fait que le législateur en 2005 avait-il pensé le fonds « comme un dispositif d’amorçage et espéré que les employeurs n’en aient plus besoin rapidement. Mais les demandes continuent à affluer, notamment pour le handicap psychique ». Un organisme qui sera contraint de réfléchir rapidement à des évolutions dans le mode de financement permettant d’assurer la pérennité du Fonds et la continuité de la politique publique du handicap et qui pourrait conduire le Fond dans les deux années a un rejoindre l’AGEFIPH.

Un fond sans président...
L’urgence pour le Fond étant également de renouveler la gouvernance du Fonds. La publication du décret permettra d’installer un nouveau Comité national et certaines évolutions telles que la possibilité de saisine directe du Fonds par les personnes en situation de handicap prévu par la loi Paul Blanc de 2011.

Le 15 mars dernier dans un communiqué, André MONTANE avait annoncé son départ de la Présidence du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). « Faire évoluer le regard des employeurs sur le handicap est un combat de longue haleine. L’âge venant, je crains de ne plus avoir, assez d’énergie et de plus jeunes assureront, la suite efficacement », a-t-il expliqué, sans citer pour autant de successeur.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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