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l'APF manifestant dans les rues de Française au nom de l'accessibilité ici a ParisPlus deux cents personnes toutes de noir vêtues, portent le cercueil de l’accessibilité, thème fondateur de la loi de 2005 sont venu criée leur colère face un Sénat tout juste passé à gauche. Ces derniers répondaient à l'appel de l'Association des Paralysés de France (APF) dans le cadre de sa campagne « des bâtons dans les roues ».

Une mobilisation nationale à laquelle ont participé aujourd'hui 40 villes en France les manifestants sont venus dire NON aux dérogations, OUI à l'accessibilité universelle. Dans la Capitale, plus de deux cents manifestants vêtus de tee-shirts inscrits des mots : « lobbies », « députés », « sénateurs » et brandissant des pancartes : « Accéder c'est exister », « promoteurs, fossoyeurs d'accessibilité ». Des hommes et femmes venus crier leur colère face aux tentatives répétées du gouvernement de restreindre la portée de la loi de février 2005 qui doit rendre obligatoire la mise en accessibilité de tous les bâtiments recevant du public et moyens de transport d’ici 2015.

Une proposition de loi UMP introduisant la possibilité de déroger à l'obligation de rendre accessibles les bâtiments publics neufs aux handicapés avait était voté au printemps 2011, mais censuré par le Conseil constitutionnel. Neamoins un texte du Sénateur Éric DOLIGE prévoit cette fois de nouvelles dérogations pour les bâtiments publics existants, avec comme unique justification le coût des travaux qui serait trop élevé pour les collectivités locales. Erreur par ces élus qui oublient, que l’accessibilité est indispensable à tous. Tout le monde, quel que soit son âge, peut connaître une restriction d'accessibilité définitive ou momentanée : déplacement avec une poussette, maladie, vieillissement. C'est en prenant en compte tous ces paramètres que l'on garde la ville et nos campagnes plus accueillantes.

Rappelons que l’IFOP avait réalisé un sondage[1]auprès de 1.001 personnes le 6 au 8 septembre 2010. Il en ressort que pour 93 % des Français, l'accessibilité des bâtiments et transports est un domaine « où il reste beaucoup de progrès à accomplir ». Plus de neuf Français sur dix (91 %) pensent aussi que « l'enjeu concerne tout le monde, au-delà des personnes handicapées » et 74 % que « la France est plutôt en retard » dans ce domaine.

Les adhérents de l'APF et son Président J.M BARBIER devant le Senat« Les dérogations, c'est un recul social, l'isolement des personnes, l'exclusion pour nous de la société. Nous ne pouvons accepter que le délai de 2015 soit vidé de son sens, car nous attendons depuis 36 ans de vivre dans un pays accessible pour tous », a déclaré Jean-Marie Barbier, président de l'APF. « Les arguments avancés pour justifier les dérogations sont fallacieux : selon la Banque mondiale, l'éventuel surcoût des travaux d'accessibilité n'excède pas 1 % du prix de la construction », a-t-il ajouté.

Lors d’une déclaration chez nos confrères d’Europe 1, la ministre des Solidarités Roselyne BACHELOT avait voulu rassurer que l'échéance de 2015 était non négociable et que le gouvernement ne pouvait donner d'accord à d'éventuelles dérogations de quelque nature que ce soit. La secrétaire étant solidarités, Marie-Anne champ, qui a reçu le président de l'association des paralysés de France en fin de matinée, a elle aussi exprimée « toute son opposition aux dérogations nouvelles dérogations à l'accessibilité portée par l'article 1 de ce projet de loi ».

Une manifestation ou les politiques étaient eux aussi présents, comme Martine Aubry candidate au Primaire socialiste. Interrogée sur le délai de 2015, la candidate aux primaires du PS a déclaré : « Tout ne peut être fait en même temps », il faut « aider les collectivités (...), il ne faut pas renoncer », souhaitant « une loi beaucoup plus globale ». Martine Aubry, qui plaidera aussi pour la création d'une agence nationale pour l'accessibilité universelle. Précisant que bien sûr il y a le bâti et sa notion majeure, mais il faut prendre en compte aussi « le transport, la culture, la scolarisation, les communications : tous les domaines doivent être pris en compte ». Exprimant l'espoir de faire au « niveau national ce que l'on maintenait à Lille ». Une ville, qui néanmoins arrive en 31e position sur le barème de l'accessibilité de 2010 de l'APF. Un chantier qui reste donc tout aussi immense à Lille comme dans beaucoup de villes françaises.

Stéphane Lagoutiére

[1] Méthodes des quotas, questionnaire auto-administré

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