Contenu principal

Message d'alerte

Logo du barometre accessibilité 2011 de l'Association des Paralysées de France©fhiÀ l'occasion dès sept ans de la loi handicap du 11 février 2005, l'Association des paralysés de France publie la troisième édition du baromètre de l'accessibilité, ou elle évalue selon ces critères, le niveau d'accessibilité des communes de France pour les personnes avec un handicap moteur*. Un résultat dont l'APF parle « d'une dynamique enclenchée, mais loin d'être appliqué ». Un baromètre dont les moyens d'évaluation et les résultats sont parfois surprenants. Est-il réellement un instrument permettre de situer l'avancement du chantier de l'accessibilité notamment pour les établissements recevant du public où les moyens de transport collectifs ? Le résultat semble mitigé.

Un jugement contestable...?

Nantes, Grenoble, Caen : voilà le trio des villes françaises en tête du 3e baromètre APF de l'accessibilité 2011. Trois villes qui comme en 2010 arrivent à nouveau en tête, si sans jugé de ce résultat les moyens pour y parvenir notamment concernant critère de l'APF restent pour le moins étonnants. En effet, comment comprendre que la ville des princes de Bretagne restante figée à 17,4 puisse obtenir 21 points sur la notation relative à « une politique locale volontariste ».

Une note qu'obtiennent 25 villes, parmi lesquels 14 villes, dont la progression de la note générale se situe entre 0,1 à 0,8 point. Pire des villes de Mâcon, Strasbourg, Rouen, ou encore Évry, passant de 15,4 et 13,8 en 2011. Si le travail de l'association reflète une certaine réalité, celle-ci ne peut servir d'élément de jugement sur les collectivités. L'indépendance des personnes, tant des adhérents à l'égard de leurs associations ou de l'association des collectivités locales dont elles peuvent dépendre laisse empêcher un aperçu réel de la situation et de son évolution et surtout pour les personnes en situation de handicap, et cela quels qu'ils soient. Un travail qui au final ne peut être réalisé que sous le contrôle soit d'un collectif interassociatif soit par l'observatoire de l'accessibilité et de la conception universelle où les associations sont présentes. Jean-Marie Barbier, qui a présidé l'Observatoire entre 2010 et 2011, en avait d'ailleurs souligné la « richesse des échanges ». Seule difficulté un budget de fonctionnement bien trop faible et des compétences restent malgré tous trop limités selon les associations.

Ce qui n'empêche nullement de reconnaître la mise en avant des communes ou des agglomérations qui réalise une politique d'investissement a cet égard, et celle qui est, pour lequel manifestation cette oblation de la loi ne rentre pas encore dans leur priorité budgétaire et politique. Des communes bien trop nombreuses malheureusement.

Quelques points positifs...

Une personnes a mobilité réduite lors de ses course©fhiParmi les points positifs, demeure en premier lieu l'accessibilité des centres commerciaux, détaille l'enquête, tandis que les bureaux de Poste ont fait des progrès, de même que les piscines. Les cinémas conservent leur bonne place, notamment grâce à l'apparition récente de 1000 nouvelles salles sur les quelque 5500 salles existantes. La difficulté provenant encore des commerces de proximité par contre pose plus de problèmes comme le soulignent les responsables de l'APF « La vie quotidienne ordinaire est toujours un vœu pieux pour les personnes en situation de handicap: comment en toute autonomie se rendre chez un boucher, un boulanger ou un coiffeur ». Concernant les transports si les transports aériens avec leurs soucis et ceux de transport ferroviaire si l'accessibilité reste relativement bien connue, le pourcentage de lignes de bus accessibles reste inconnu. l'APF qui s'alarme aussi du fait que 44 % des municipalités n'ont pas répondu au questionnaire concernant les transports, ce qui est selon l'APF mauvais signe.

Autres point sensibles celui des écoles primaires. Les chiffres communiqués par les municipalités demeurent stables ce qui est décevant. Même s'il l'APF se félicite d'un taux moyen de 49 % d'écoles primaires accessibles, « sa stabilisation n'augure pas d'une dynamique certaine alors que les enjeux de la scolarisation sont fondamentaux pour réussir une pleine et entière inclusion des élèves en situation de handicap ». Il s'agit aussi de noter que 8% des municipalités interrogées n'ont pas renseigné la question ce qui tout comme les transport n'augure rien de positif.

Autre regret: les cabinets médicaux et paramédicaux restent aussi difficiles d'accès, une situation d'autant plus dramatique dans les régions rurales. Un véritable paradoxe pour des établissements « censés accueillir les personnes les plus vulnérables sur le plan de la santé ». « Le libre choix de son médecin traitant, de son ophtalmologiste, de son gynécologue ou dentiste, n'existe pas pour les personnes en situation de handicap », souligne l'APF.

Au final une action utile mais où l'union fait la force semble avoir été oubliée.

« Une dynamique enclenchée », oui, mais !

Une personne en fauteuil a un arrêt de bus Toulouse©fhiUn choix avant tout politique, comme, l'explique Jean-Pierre BLAIN, le représentant départemental de l'APF en Loire-Atlantique, « Les élus nantais ont conscience que l'accessibilité est un sujet de société qui ne concerne pas que les personnes handicapées, mais qui sert à tous ». Avant de conclure que « Cette vision de la société est appliquée à toute la ville de Nantes, mais aussi aux 24 communes de l'agglomération ».

Pour l'APF, cette 3e édition est loin d'être parfaite, mais progresse dans le bon sens. Avec une moyenne nationale qui est passé de 10,6/20 en 2009 à 11,6 en 2010 et de 12 en 2011. Une édition dans lequel ont constate que 15 villes sont toujours en dessous de la moyenne contre 21 en 2010. Pour Nicolas MERILLE, conseiller national politique d'aménagement du territoire, ville et citoyenneté à l'APF, « Une vraie dynamique est enclenchée ». Nicolas MERILLE, de se poser la question si cela sera-t-il suffisant pour atteindre l'objectif d'une France accessible en 2015 ? ce dernier émet un large doute surtout affirme-t-il a « trois de l'échéance et des nombreux points noirs qui subsistent ».

Une situation qui de plus n'a pas été volontairement était soutenue par la politique de Nicolas SARKOZY et de son gouvernement qui ont de cesse de réaffirmer notamment lors de la conférence nationale en juin 2011, mais donner de réelle moyen pour l'objectif 2015 soit atteint. Pires encore, le gouvernement et les parlementaires UMP n'ont cessé de vouloir assouplir la loi de février 2005, et cela malgré des avertissements précis du Conseil constitutionnel du Conseil d'État qui a retoqué quatre fois des lois ou des décrets, instaurant des dérogations et autres exceptions.

L'APF qui a d'ailleurs écrit il y a moins de deux semaines au candidat de la présidentielle, mais aussi des législatives de s'engager dans un pacte en douze points pour une société ouverte à tous portent sur « une France accessible en 2015 ». Une signature les engage à adopter un plan pluriannuel d'investissement.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Pour en savoir plus :

* Le handicap moteur : recouvre l'ensemble des troubles pouvant entraîner une atteinte partielle ou totale de la motricité, notamment des membres supérieurs et/ou inférieurs (difficultés pour se déplacer, conserver ou changer une position, prendre et manipuler, effectuer certains gestes).
* Les personnes en situation de handicap sont classé en six grandes catégories créées 1946 dans un document intitulé Classification internationale des handicaps, modernisées en 1980 puis remplacées en 2001 par la Classification internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé adopté par plus de 200 pays.
* Baromètre de l'accessibilité de 2010.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir