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Façade du Tribunal de ReimsC’est une femme âgée de 33 ans qui a comparu aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Reims dans le cadre d’une comparution immédiate après avoir le 6 juillet dernier acheté un billet d'avion pour Miami laissant ses deux enfants de 6 et 8 ans dont sa fille hospitalisée en hôpital de jour pour autisme sévère. Une histoire dont le tribunal tout en condamnant la mère à deux mois de prison avec sursis pour abandon placés par les services sociaux aura pris compte de la souffrance de celle-ci et de la détresse de cette mère de famille a l’image de beaucoup de parents qui ont l’impression d’être abandonné par la société et l’État Français.

« Je n’en pouvais plus » …
A expliquer cette mère à la barre du tribunal allant même jusqu’à ce affirmé en larme « je pleurais tout le temps et j'ai pensé que mes enfants seraient plus heureux sans moi ». Une histoire qui avait débuté quelques jours plus tôt le 29 juin après avoir acheté un billet d’avion pour Miami et son départ le 6 juillet. Face a son absence la police lance alors un appel pour disparition inquiétante. Le 9 juillet elle dont signe de vie en téléphonant à l'école avant d’être interpellé à son retour à Roissy ou elle est interpellée et placée en garde à vue.

Diplômée en gestion du patrimoine, niveau Bac + 4, elle celle-ci avait cessé de travailler depuis plus année après son stage de fin d'études pour élever seule ses enfants. Celle-ci étant seule « isolée de sa famille qui vit au Mali » selon l’accusée. Seul le père, son ex-mari n’ayant de contact avec ces enfants que par l’intermédiaire des réseaux sociaux depuis Londres ou il vit actuellement. Une femme n’ayant que pour seule ressources les allocations de l’État.

Un expert qui évoque lui le « possible burn-out » …
L’accusée qui pendant sa garde vue aura été expertisé selon le parquet par un expert qui aura diagnostiqué une forme de burn-out. Une situation du à la fois selon ce dernier par l’isolement professionnel de l’accusée et de son isolement familial. Une forme de dépression que « connaisse beaucoup de parents ayant la charge d’enfants handicap mentaux, trisomique ou autiste ». Un sentiment qu’exprime Julie « Je ne me sentais pas le droit de lâcher, alors j’ai tenu le coup en attendant que ça passe. Pendant des années, j’ai eu peur de craquer. Jusqu’au jour où je n’ai pas pu me retenir d’exploser ! J’avais l’impression qu’on m’avalait toute crue, que mes enfants se servaient de moi comme d’un punching-ball. Même un bisou était devenu agressif. Si je n’étais pas partie ce weekend-là, je ne sais pas ce qui aurait pu se passer… ».

« Personne ne doit abandonner ses enfants » …
Interrogée par la présidente sur les conséquences de son geste la mère de famille répondra qu’elle « pensais que la famille de mon ex-mari, ses frères, s'occuperaient de mes enfants ». Précisant qu’originaire des États-Unis se voyage était pour elle un moyen « se ressourcer ». L’accusée qui aura déclaré avoir « honte de vivre des allocations de l’État », ajoutant « ne pas être faite pour être mère au foyer » tout en affirmant « regretter son geste » en promettant « de ne pas recommencer ».

Le Procureur n’aura que pour seul parole que « Personne ne doit abandonner ses enfants » soulignant « c'est ce qu'il y a de pire pour un enfant, un abandon brutal et sans explication » tout en reconnaissant comme l’aura précisé l’expert la situation dramatique dans lequel se trouvait l’accusé. Le procureur qui n’aura cependant pas à chercher ont peut le regretter à comprendre les raisons de cette situation et peut être la faute de la société et de celle de l’État.

Des explications, à la barre, de cette mère en détresse, qui auront finalement ému la Cour sans pour autant lui valoir l'indulgence, la condamnant à deux mois de prison de sursis pour abandon de mineurs de moins de 15 ans et obligation de soins psychologiques. Ces deux enfants âgés respectivement de 6 et 8 ans et notamment sa fille autiste ont eux confié aux services sociaux pour une période enfants dont le juge des enfants décidera de les remettre à leur mère ou a leur père en fonction de l’évolution du dossier.

La Rédaction