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L'institut national des jeunes aveugles à Paris, façade vers le boulevard des Invalides © Ralf.TREINEN 2012Une nouvelle fois deux ans après la mobilisation de septembre 2016 contre le projet de transfert du financement des cinq Instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles (INJ) aux Agences régionales de santé. L’intersyndicale et l’association des Parents et Amis des instituts nationaux (INJA et INJS), réitère leur opposition formelle à ce même projet que propose le rapport de l’IGAS/IGEN/IGAENR. Syndicat et association dénoncent l’absence d’une réelle concertation fondée sur un bilan beaucoup plus complet. Une opposition formulée dans une lettre ouverte adressée a la ministre des solidarités et de la santé, Agnès BUZYN, à la secrétaire d’État, Sophie CLUZEL et au ministre de l'Éducation nationale.

Une opposition toujours ferme…
En septembre 2016, il y a tout juste deux ans, un projet de transfert de l’ensemble du financement des cinq Instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles (INJ) aux Agences régionales de santé avaient suscité un mouvement national sans précédent. Par leur mobilisation, l’ensemble des personnels, l’intersyndicale et l’association de parents APA-INJ avaient contraint le ministère de la santé à renoncer à ce projet et à conserver la responsabilité de ces structures.

Marisol TOURAINE alors ministre de la Santé avait alors promis l’organisation d’une réelle concertation sur l’éducation et l’enseignement spécialisés pour les jeunes sourds et les jeunes aveugles. Afin de la préparer, une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS/IGEN/IGAENR) avait été diligentée dans les INJ. Un rapport qui vient deux ans après d’être rendu public et dont les préconisations formulées, loin de prendre en compte ce qu’avaient exprimé les personnels et les usagers reprennent mot pour mot les analyses et directives du ministère, en 2016.

Une mise sous tutelle de l’ARS contesté…
Un choix totalement inapproprié selon les syndicats et l’association INJA et INJS, qui estiment dans une lettre ouverte que la régionalisation de la gestion de ces établissements aura à terme « pour objectif de banaliser les instituts, et de leur faire perdre la spécificité d’établissements pionniers dans le suivi, l’expérimentation et la recherche que nous souhaitons renforcer comme pôles de références et d’excellence ».

L’intersyndicale qui avait déjà, en 2016, qui avait formulé la revendication du maintien du caractère national avec toutes ses prérogatives des Instituts nationaux des jeunes sourds et de jeunes aveugles sous la tutelle directe du ministère des solidarités et de la santé, ou son évolution vers une double tutelle ministérielle affaires sociales/éducation nationale.

Une « méconnaissance totale des besoins »…
Un rapport et des préconisations jugées réductrices mettant à jour une « méconnaissance totale des besoins particuliers de ces élèves ». En effet, aujourd'hui, les jeunes sourds et les jeunes aveugles sont scolarisés pour certainsMobilisation des personnels des instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles en septembre 2016 dans des INJ spécialisés et pour d’autres en milieu « ordinaire ». Or, pour beaucoup d’entre eux, les collèges ou lycée « ordinaires » n’ont rien d’évident. Faut-il rappeler que sur les 20 000 enfants sourds scolarisés en milieu ordinaire, dont seuls 4 à 5 % le sont en langue des signes.

Des instituts indispensables, qui permettent à de nombreux jeunes sourds et jeunes aveugles de pouvoir bénéficié de dispositifs variés qui y sont mis en place. Organisant, pour chacun d’entre eux, une inclusion adaptée à leur projet, leur profil, leurs compétences. Ils y suivent une partie de leurs cours, y reviennent pour un temps lorsque l'inclusion ne répond plus à leurs besoins, viennent y chercher de l’aide ou un accompagnement... « en s’obstinant à vouloir placer les INJ sous la tutelle des ARS, ce nouveau rapport fourni des arguments au ministère pour ne plus assumer la responsabilité » insiste le communiqué.

Pour une réelle concertation…
C’est en fait tout le dispositif de l’enseignement spécialisé qui pourrait être menacé par le désengagement de cette administration dont, pourtant l’éducation à l’une des anciennes obligations régaliennes de l’État. Peut-être dans un souci d’une politique d’économie des dépenses publiques. Sauf que l’État nous dit vouloir un projet « ensemble pour l'école inclusive » présenter le 16 juillet dernier.

Un désengagement qui « devrait se faire sans état des lieux sérieux et chiffré, sans bilan promis lors de la mobilisation de 2016 ? Sans garantie pour les personnels ? De qui se moque-t-on ? » s’interroge l’intersyndicale. Les personnels, leur intersyndicale, l’association de parents APA-INJ réitèrent leur opposition formelle à ce projet et leurs exigences d’une réelle concertation fondée sur un bilan beaucoup plus complet et précis de l’offre actuelle dans son ensemble et qui tienne compte notamment des Instituts départementaux publics. Ils demandent que, dans le cadre d’un dialogue social digne de ce nom, un protocole d’accord soit élaboré, comme cela a été précisé dans la lettre ouverte aux ministres.

Les syndicats et l’association de parents INJA et INJS, qui conclut en affirmant qu’« Ils se donneront tous les moyens pour que tous les jeunes sourds et malentendants et les jeunes aveugles et malvoyants, puissent, comme tous les élèves, accéder à une éducation et à un enseignement de qualité.

Stéphane LAGOUTÉRE

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