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Philippe Boyer, Président de la Fédération nationale des Sourds de France et Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication ©Thibault Chapotot/MCCA l' occasion du tricentenaire de la naissance de l'Abbé de l'Épée, Aurélie FILIPPETTI, ministre de la Culture et de la Communication, célèbre la langue des signes française et distingue Emmanuelle LABORIT, directrice de l'International Visual Théâtre Langue de France à part entière.

Une langue désormais reconnue aux côtés des quelque 75 langues régionales ou non territoriales qui contribuent à la pluralité linguistique de la France, la langue des signes française est à la fois un vecteur d'accès à la culture et un moyen d'expression artistique.

La ministre qui a tenu par cette réception, aux côtés du président de la Fédération nationale des sourds de France, Philippe BOYER, à saluer également le travail des nombreux acteurs impliqués dans la participation des sourds et malentendants à la vie culturelle.

Au premier rang d'entre eux se place Emmanuelle LABORIT qui, à la tête de l'International Visual Théâtre, qui anime une structure unique, à la fois lieu de création artistique et école de langue des signes. Un engagement que la ministre a tenu à saluer l'exemplarité et l'efficacité de son action en lui remettant les insignes d'officier dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Trois siècles de combat et d'ignorance

Une année 2012 placée qui est l'occasion de souligne non seulement le tricentenaire de la naissance du créateur de la langue des signes, l'Abbé de l'Épée (1712-1789). Mais aussi l'ignorance et la discrimination que des enfants, des femmes et des hommes ont due combattent pendant plus de trois siècles. Face souvent a des préjugées dont certains demeures encore très forts...

Un sentiment d'exclusion...

Philippe Boyer, Président de la Fédération nationale des Sourds de France et Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication ©Thibault Chapotot/MCCUn homme, l'Abbé de l'Épée qui loin de considérer la surdité comme une anomalie transformant celui-ci en une forme d'identité. C'est après la rencontre de deux jumelles communiquant par signe dès lors, élaborer une méthode rationnelle d'enseignement qui s'appuie largement sur la pratique spontanée des sourds. La langue des signes devient objet et outil d'enseignement. Dès lors, son initiative a un énorme retentissement et ceux partout en Europe avec tel point que 1777, l'empereur d'Autriche, Joseph II, souhaite créée une école similaire a Vienne et envoi l'abée l'abbé Stork pour y être former.

Sachant que malgré tout depuis 1771, querelle et controverses s'élèvent entrent les partisans de la méthode orale et de la méthode gestuelle de l'abbé de l'Épée. Situation qui demeure encore vivace aujourd'hui notamment via les pros et contre dépistage natal, l'appareillage auditif qui sont pour les partisans de la parole des arguments supplémentaires.

Une question qu'il convient de poser et celle du sentiment d'exclusion qui réside de la part et d'autres des deux parties. Certains entendant émettent parfois le fait des difficultés de communications qui sont aussi présentes dans les amitiés entre Sourds et entendants. En général, les Sourds diront que leurs relations d'amitié avec les entendants sont différentes d'avec d'autres Sourds.

Comme pour le milieu familial ou le travail, c'est le degré d'acceptation de la surdité et la compréhension de l'identité sourde qui influencent la relation. Connaître la Langue des Signes n'est pas suffisant, il faut être capable de connaître les Sourds, leurs valeurs et leurs comportements. Ils s'ennuient et se fatiguent souvent vite dans le milieu des entendants.

Une communauté qui ne peut pas demandé l'inclusion dans la société si elle n'est pas prête a faire un pas vers l'autre et de considérer les sourds comme sa seule famille.

Si les mentalités évoluent...

Une évolution lancée par l'abée qui néanmoins se poursuivra à petits pas pour lequel deux élèves sourds Massieu et Clerc de l'abbé Sicard, successeur de l'Abbé deviennent eux-mêmes professeurs de sourds. Très rapidement entre le 19e siècle verra son enseignement se diffuser dans toute l'Europe. Et le départ

Thomas GALLAUDET, pasteur américain, Laurent Clerc aux États-Unis et fonde la première école de sourds américaine à Hartford. Le milieu du 19e sera l'apogée riche de l'histoire des sourds français : il y a des artistes, écrivains, poètes sourds. La L.S.F. fait l'objet de recherches surtout par des entendants.

Une longue évolution... qui se poursuit !

Statue à Versailles, place Saint-Louis de Charles-Michel de L'Épée, dit l'abbé de L'Épée à Versailles le 25 novembre 1712 et mort à Paris le 23 décembre 1789, et fait partie des entendant qui s'est battu et a réussi à imposer à l'opinion le fait que les sourds sont des personnes comme les autres.Si jusqu'en 1850, dans les écoles, l'enseignement se fait en L.S.F. Après 1850, certaines écoles adoptent la méthode orale qui est déjà répandue en Europe (Allemagne, Italie...). Seule l'université GALLAUDET fera exception avec son inauguration en 1864. Le congrès de Milan en 1880 sera un tournant décisif avec l'adoption de la méthode orale pure et l'exclusion des signes de l'enseignement.

Un vote qui fait qu'aujourd'hui référence même s'il n'est plus exclu, sa pratique reste très difficile dans l'enseignement public. Certains sourds convaincus parfois que s'ils arrivaient à bien parler, ils finiraient par devenir entendant. Il faudra atteindre le début du 20e pour voir revenir une forte mobilisation chez les sourds et l'organisation de nombreuses manifestations entre 1900 et 1912 pour sensibiliser a LSF.

Des sourds qui seront déportés dans les camps d'extermination nazis tout comme les déficients mentaux et les personnes handicapées en générale condamner a porter le symbole du triangle bleu à défaut de l'étoile jaune pour les juifs. Une déportation que bon d'officielle ont totalement oubliée aujourd'hui.

Il faudra attendre après les années 50, ou la majorité des sourds en France étaient massivement et gravement sous éduqués le déroulement du congrès de la Fédération mondiale des Sourds à Paris pour atteindre une prise de conscience également politique en 1971 ou les premières discussions sur la loi du 30 juin 1975 font leur apparition tout comme cette même année le premier journal télévisé traduit en LSF et la suppression par le ministère de la Santé l'interdiction de la langue des signes.

Une date à partir de laquelle bon nombre d'associations vont alors se créer, instituant ainsi de nouvelles directions comme avec la création de l'Académie de la langue des signes française, ou celle en 1980 de l'Association nationale française d'interprètes pour déficients auditifs. Des enfants qui devront attendre un premier congrès à Toulouse en 1982, la loi votée par l'Assemblée nationale en 1991, acceptant à nouveau de l'utilisation de la LSF pour l'éducation des enfants sourds.

Reste que le vote de la loi de 2005 et la signature de la ratification de la convention internationale de personnes handicapées font que la France reste encore beaucoup. Car si comme le précise la loi « La Langue des Signes Française est reconnue comme une langue à part entière. Tout élève doit pouvoir recevoir un enseignement de la LSF. Elle peut être choisie comme épreuve optionnelle aux examens et concours, y compris ceux de la formation professionnelle ». Ceci reste un principe et non une réalité...

Stéphane LAGOUTIÉRE

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