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Une personne handicapé en compagnie d'une assistante sexuelle (Illustration)Le Comité national consultatif d'éthique (CCNE), a rendu a un avis défavorable à la question de l'assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap en France. Un avis auquel apporte le soutien l'association Femme pour agir et Femme pour le Dire, et lui totalement dénoncé par le l'association CH(s)OSE qui se bat pour un accès à la vie affective et sexuelle pour les personnes en situation de handicap. L'association qui dénonce un avis partial et réducteur ne proposant pas de solutions concrètes pour les personnes en situation de handicap n'ayant pas accès à leur corps. Dans un communiqué son Directeur, précise que cet avis est pour lui stigmatisant et ghettoïse les personnes en situation de handicap qui sont présentées comme « vulnérables » et « susceptibles d'un transfert affectif envers l'assistant sexuel ». Par ailleurs, l'utilisation du mot « patients » pour désigner les personnes en situation de handicap est une manière de leur ôter leur capacité de décision en faveur des professionnels du secteur médico-social.

L'association qui malgré cet avis demande toujours l'ouverture d'un débat public sur ce sujet qu'elle estime important et pour lequel elle continue de militer pour la création de services d'assistance sexuelle afin de répondre à la demande des personnes en situation de handicap et de leur famille ! Un service pour lequel la présidente de l'association FAFD, Mme Mady PIOT, estime et continue à affirmer que cela reste comparable a de la prostitution, dont elle rappelle quel est interdite en France.

Rendez-vous politique refusé !

Après avoir interpellé François Hollande le 8 février dernier par lettre ouverte afin de lui demander l'ouverture d'un débat sur ce sujet, vient de recevoir une réponse de la Présidence de la République. Le Chef de l'État indique qu'il a signalé cette demande à la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol TOURAINE.

L'association CH(s)OSE, qui s'est pourtant vu refusé un rendez-vous à ce sujet auprès des deux ministres concernées Mmes TOURAINE et CARLOTTI celle-ci ont refusé de recevoir l'association pour « contraintes d'emploi du temps ». Un refus que les responsables déplore ce manque de considération du Chef de l'État et du gouvernement pour les personnes privées d'une vie sexuelle en raison de leur handicap et continue de militer pour la création de services d'assistance sexuelle en France.

Sexualité ou Proxénétisme ?

L'Association CH(s)OSE déplore que le CCNE refuse d'envisager une exception à la loi réprimant le proxénétisme pour permettre la création de services d'assistance sexuelle afin de répondre à un besoin d'apprentissage et de découverte de l'intimité. Reste que le recours a tel service est-il lui est-il réellement obligatoire ?

Pour le CCNE la seule solution est de favoriser la rencontre. Reste que dans certaine situation, cette réponse ne suffit à apporter une solution suffisante pour la personne. Pourtant le droit à la sexualité reste un droit reconnu dans la convention international des personnes handicapées.

Pour l'association CH(s)OSE, le CCNE ne semble pas tenir compte de la réalité des situations de handicap en France et continue d'entretenir une forme d'hypocrisie en laissant la porte ouverte à des initiatives individuelles qui ne garantissent nullement d'échapper aux abus. En dédouanant l'État de sa responsabilité, les risques ne sont pas éradiqués, bien au contraire.

Et même si la formation des personnels soignants et éducatifs à la sexualité des personnes en situation de handicap est absolument nécessaire elle ne peut en aucun cas suffire pour découvrir son propre corps autrement qu'à travers le soin et les traitements.

Il est également regrettable de constater que, pas une seule, fois l'avis ne fait référence à la santé sexuelle, à la fois vecteur d'épanouissement personnel et de réduction des risques. La question de la santé sexuelle des personnes lourdement handicapées n'est absolument pas prise en compte. Or la sexualité est reconnue comme une dimension fondamentale de la personne humaine, elle fait partie intégrante de la santé et de la qualité de vie.

L'erreur sur lequel manifestement tout le monde sera d'accord sera celle du Comité national consultatif d'éthique en évoquant la sexualité des personnes en situation de handicap mental en affirmant que celle-ci n'aurait besoin manifestement que d'affection. Une affirmation que dénote une vision angélité de la situation ! Niant l'humanité que sont porteuse les personnes handicapé mental.

« Enfin, assimiler à tort l'assistance sexuelle à la prostitution, n'a rien d'un raisonnement éthique » selon l'association, « le film The Sessions, sorti récemment, permet de sortir des fantasmes autour de l'assistance sexuelle. Il montre les interactions entre les deux protagonistes, l'un en situation de handicap, l'autre assistante sexuelle », précise le communiqué. Un attachement qui se crée lorsque ces deux personnes se rencontrent n'est aucunement synonyme de vulnérabilité, comme le présente le CCNE, mais d'ouverture à l'autre.

Stéphane LAGOUTIERE

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