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2013.09.13.albert jacquard-chez-lui-dans-son-appartementÀ l'annonce de la mort du scientifique et homme de conviction, les hommes n'ont cessé de se succéder depuis deux jours. Le généticien et militant de gauche Albert Jacquard décédé mercredi soir à son domicile parisien (6e arrondissement) à l'âge de 87 ans, a annoncé ce jeudi son fils, emporté par une forme de leucémie, a-t-il précisé.

Né le 23 décembre 1925, issu d'une famille de la bonne société lyonnaise, Albert Jacquard est reçu à Polytechnique vingt ans plus tard. Il travaillera alors pour la Seita à la mise en place d'un des premiers systèmes informatiques. Après un bref passage au ministère de la Santé publique, avant de rejoindre l'Institut national d'études démographiques (Ined) en 1962.

Un homme curieux de la vie et de ses mystères décide de partir étudier la génétique des populations dans la prestigieuse université américaine de Stanford, puis revient à l'Ined et passe deux doctorats en génétique et biologie humaine dans la foulée tout en assumant la responsabilité d'expert a l'OMS.Homme de conviction et profondément antiraciste il n'aura de cesse de démonter les thèses prétendument scientifiques de celle-ci, témoignant en 1987 au procès du nazi Klaus Barbie pour crimes contre l'humanité.

Au service des plus pauvres

Après le succès de ses livres comme Éloge de la différence en 1978 y compris après une dérive que parfois certains lui reprochent vers la philosophie, la vulgarisation scientifique ou l'humanisme antilibéral il ira exprimé ses conviction jusqu'à présenté sa canditure aux législatives à Paris en 1986 sur une liste soutenue par divers mouvements de la gauche alternative, puis en 1999 sur la liste écologiste conduite par Daniel Cohn-Bendit (en 84e position).

Un homme qui à partir des années 1990 mettra parole médiatique au service des mal-logées et les sans-papiers. Occupation d'un immeuble, rue du Dragon en 1994, de l'église Saint-Bernard en 1996... Son visage de vieux faune grec devient vite aussi familier que celui de l'Abbé Pierre, Mgr Gaillot ou Emmanuelle Béart, ses compagnons de lutte. L'âge aidant, le président d'honneur du DAL s'était fait plus discret tout en continuant à soutenir les démunis et à pousser des coups de gueule, comme dans sa chronique quotidienne sur France Culture de 2001 à 2010.

Albert JACQUART qui de plus en plus atteint par sa maladie avait été vu l'une des dernières fois en mai dernier, à Cannes pour le «festival de silence», organisé en marge des cérémonies de la Croisette. «Ces moments nous rappellent la grande vertu du silence. Cela permet d'abord de prendre de la distance sur le côté artificiel d'un festival de cinéma. La réalité humaine se regarde mieux depuis l'île de Saint-Honorat que depuis la Croisette», avait lancé Albert Jacquard, à l'issue d'un déjeuner silencieux avec les moines de l'abbaye de Lérins.

L'annonce de la mort du généticien et militant de gauche Albert Jacquard mercredi soir à l'âge de 87 ans a suscité une vive émotion, les hommages et pensées se multipliant sur la Toile. Beaucoup ont ainsi salué son humanité, à l'instar du coprésident du parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, ou l'homme politique et écrivain Jean-Luc Romero.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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