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Maxence enfant autisteEn 2008, Maxence, alors dans sa poussette, manifestait pour ses droits à l'éducation devant le Ministère de la Santé, à l'occasion de la sortie du 2e plan Autisme. En 2014, il était de nouveau là, à la Marche de l'Espérance dans les rues de Paris, pour revendiquer ses droits à la scolarisation. Aujourd'hui, Maxence est en Belgique. Il est en grande souffrance, car ça se passe mal à l'internat dans lequel il passe ses nuits : il a maigri, dort très peu, s'automutile ...Un état qui ne cesse de se dégrader.

L'exil en Belgique, une solution par défaut

Souvent mise en avant, mais fortement critiqué cette situation trouve sa cause par le désengagement de l'État qui provoque la situation inacceptable que vie aujourd'hui cette famille et Maxence.

En avril 2011, à défaut d'obtenir une place dans une structure adaptée aux besoins de leur fils autiste en France, les parents de Maxence reçoivent un avis favorable de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) pour une orientation vers une structure de type IME en Belgique.

C'est ainsi que Maxence se retrouve dans l'école spécialisée « Les Co'Kain », en Belgique. Pris en charge dans un établissement pratiquant la méthode TEACCH, Maxence semble enfin progresser. Malgré le déchirement de l'éloignement, ses parents commencent à « respirer » et entrevoient la possibilité d'un avenir meilleur pour leur fils.

D'épuisement en épuisement

Alors qu'un apaisement se profile enfin, un autre enfer commence. Loin des siens, Maxence est hébergé à l'internat « Les Tournesols » dont les frais sont à la charge des parents du fait que cet établissement n'est pas conventionné par la France. Autrement dit, il ne rentre pas dans le cadre des « usines à Français ».

Cet internat qui accueille Maxence pendant la semaine est fermé le week-end. Ses parents doivent donc se résoudre à partir en Belgique récupérer leur fils tous les vendredis pour le ramener le lundi. À raison de 1 000 km par semaine, soit 2 pleins d'essence, c'est un véritable gouffre financier qui se met en place, sans compter l'inéluctable épuisement physique et psychologique.

En raison du handicap de leur enfant, les parents de Maxence demandent à la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) du Val de Marne à ce que Maxence puisse bénéficier d'un transport adapté entre son domicile et la structure en Belgique pour effectuer les trajets aller-retour le week-end. Cette demande est accompagnée d'une prescription médicale établie par le psychiatre référent de leur fils préconisant un transport assis professionnalisé (taxi conventionné ou Véhicule Sanitaire Léger).

En août 2011, la CPAM du Val de Marne informe la famille qu'elle ne peut donner une suite favorable à leur demande. Et pourtant, les frais de transport de l'un des enfants scolarisés dans la même structure que Maxence sont bien pris en charge par la CPAM des Yvelines !

Les parents de Maxence ne baissent pas les bras et décident de lancer des poursuites à l'encontre de la CPAM du Val du Marne ... Nouveau refus lié au fait que la structure d'hébergement de Maxence n'est pas considérée comme appartenant au secteur médico-social.

Un calvaire qui a trop duré !!!

En juin 2013, découragés, épuisés et dans une situation financière difficiles, les parents optent à contrecœur pour un hébergement à l'internat de l'Espéranderie en Belgique qui, lui, est conventionné par la sécurité sociale française et assure les transports France-Belgique une fois par mois. Cet établissement qualifié « d'usine à Français » prend en charge 600 enfants et adultes sans solution (l'internat des Tournesols accueillait 48 enfants) et facture la prise en charge 4 800 € par mois ... Sans oublier que cet internat est loin de l'école de Maxence.

Les parents lancent un appel de détresse, car leur fils est au plus mal : seulement 2 éducateurs dans l'unité pour 12 à 16 enfants autistes, des trajets d'1 h matin et soir vers son école « Les Co'kain », et cela du lundi au vendredi, des retours le week-end dans des bus surchargés de plus de 40 enfants... Maxence a maigri, dort très peu, se cogne, s'automutile, crie, a le visage tuméfié, les oreilles abîmées, met ses excréments sur les murs... son état de santé se dégrade. Maxence est en grande souffrance.

Ses parents se voient obligés de le retirer de l'Espéranderie. Maxence retourne à l'internat « Les Tournesols », les aller-retour hebdomadaires des parents entre la France et la Belgique reprennent, et la CPAM du Val de Marne refuse encore et toujours de financer les transports de Maxence.

Vaincre l'autisme appel a l'arrêt des « usines à Français »

En janvier 2014, l'émission Zone interdite, dans son reportage « Enfants handicapés : révélations sur les centres qui les maltraitent », met à jour ce que les associations dénoncent depuis plus d'une décennie : ces fameuses «usines à Français » installées en Belgique, financées par l'État français. Faute de « place en France», les familles envoient leurs enfants et partent même s'installer en Belgique. Mais loin d'être la terre promise pour les enfants autistes, la Belgique fait son business du drame de l'autisme en France ... et l'État français délocalise la solidarité nationale. Quand en France, il faut 8 à 10 ans pour obtenir les autorisations de financement, cela se fait en quelques mois en Belgique, par ces mêmes instances françaises !

Entre 3 500 et 5 000 personnes handicapées françaises, parmi lesquelles des personnes autistes sont prises en charge en Belgique dans les 26 établissements conventionnés, aux frais des conseils généraux et de l'assurance maladie française. Pour rappel, la France vient à nouveau d'être condamnée pour discrimination à l'égard de ses enfants autistes par le Conseil de l'Europe, suite à la réclamation collective portée par VAINCRE L'AUTISME et l'association allemande AEH (Action Européenne des Handicapés).

Puisque la France est incapable de donner à Maxence une place décente en France, près de sa famille et dans une structure adaptée, elle a le devoir, par respect pour la dignité de cet enfant, de financer son hébergement dans un lieu adapté et d'assurer son transport le week-end. Comme tout enfant de 11 ans, Maxence a besoin de sa famille ... VAINCRE L'AUTISME agit en ce sens et appelle à la mobilisation pour sauver Maxence.

Stéphane LAGOUTIERE

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