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Rachel Lambert audience CEDH a StrasbourgAlors que la Belgique voir une affaire d'euthanasie faire la une des médias, les dix-sept juges de la Cour européenne de Justice ont écouté aujourd'hui pendant deux heures les protagonistes de ce feuilleton judiciaire à rebondissements. Celui de Vincent LAMBERT, tétraplégique en état végétatif chronique, actuellement hospitalisé dans un service de soins palliatifs à Reims et dont le Conseil d'Etat a autorisé, en juin, l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielle qui le maintiennent en vie. Le CEDH saisi par ses parents et un demi-frère suspendant cette décision.

Dans cette affaire concernant la vie d'un homme, l'instance suprême de la CEDH, la grande chambre, a été chargée directement d'examiner la recevabilité et la conformité de la décision française avec les textes européens. Une bataille judiciaire connue de tous les Français et qui se range néanmoins dans la grande majorité du côté de son’épouse Rachel, appuyée par les médecins et six des huit frères et soeurs de son mari, souhaite le "laisser partir". Un état dans lequel se trouve le patient suite à grave accident de la route en 2008, Vincent LAMBERT souffre de lésions cérébrales irréversibles et son état n'a cessé de se dégrader.

Éprouvée, Rachel LAMBERT, 33 ans, n'a pas souhaité s'épancher mercredi, mais son conseil Me Laurent PETTITI, a lu devant la Cour des extraits de son livre : "Laisser partir Vincent est ma dernière preuve d'amour", y écrivait-elle.

Une thèse soutenue également par François ALABRUNE, directeur des affaires juridiques du ministère français des Affaires étrangères, représentant de la France. Évoquant devant les juges que les dernières expertises médicales ont établis "une dégradation de l'état de conscience de M. Lambert", concluant que c'est à raison que le Conseil d'État a considéré qu'une poursuite des traitements relèverait de "l'obstination déraisonnable", a-t-il fait valoir, jugeant que la législation française qui régit la fin de vie avait été respectée.

Des parents totalement face à déni

Une théorie que les parents du tétraplégique récusent estimant que tout lien entre leur prise de position et leur foi catholique, mais ils dénoncent une "euthanasie déguisée". Leur fils n'avait pas rédigé de directives anticipées, soulignent-ils. "J'espère que la CEDH va pouvoir arrêter cette folie, Vincent n'est pas en fin de vie, il est handicapé", a souligné Viviane Lambert à l'A.F.P 

Leur fils « ne reçoit aucun traitement médicamenteux, il n'est relié à aucune machine", a argué leur avocat, Me Jean PAILLOT, devant la Cour. « Sa situation de santé est stable, elle pourrait même s'améliorer », a-t-il affirmé. Selon lui, cesser d'alimenter et d'hydrater Vincent LAMBERT constituerait une violation du « droit à la vie » et un traitement « inhumain ou dégradant ». Avant de rappeler que "Au-delà de la situation de Vincent Lambert, c'est la situation d'environ 1.700 personnes en France, qui se trouvent dans le même état de santé (...), qui se joue aujourd'hui ».

Des parents qui selon leurs avocats sont décidés s’ils n'obtenaient pas gain de cause devant la CEDH, « envisageraient d'autres pistes de poursuites en France ».

L'euthanasie dont il faut rappeler n'est officiellement légale en Europe que dans trois pays (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg), mais d'autres autorisent ou tolèrent une forme d'aide à la mort, notamment la Suisse, qui a légalisé le suicide assisté. 

Un choix de fin de vie soutenu par François HOLLANDE

Le Chef de l’État qui a rappelé a l’occasion de ses vœux au Français, ce droit des Français à choisir de mourir dans la dignité. Affirmant dans son allocution du 31 décembre notre devoir d’ « être capables de nous réunir sur des sujets de société les plus difficiles, j’allais dire les plus intimes : je pense à la fin de vie et au droit de mourir dans la dignité. Je souhaite qu’en 2015, le Parlement puisse adopter une loi consensuelle qui contribue à l’apaisement des souffrances et prenne en compte la volonté des malades ».

L’affaire Vincent Lambert" a contribué à relancer en France le débat sensible sur la fin de vie. Une discussion sans vote doit avoir lieu sur ce thème le 21 janvier à l'Assemblée nationale, la chambre basse du parlement. Une proposition de loi pourrait suivre à une date non encore précisée.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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