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Un dessin de l'APF avec un homme en fauteuil face a lui un homme qui dit Il veut bosser et une femme répondant NonÀ J-7 moins du lancement de la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées qui a lieu du 11 au 19 novembre l’APF espère au-delà de l’objectif de « réduire l’écart » annoncé lors du CIH du 20 septembre, la fixation d’un objectif chiffré et la « mise en œuvre d’un plan global » dans le cadre d’une concertation avec les associations et les organismes en charge de l’emploi. Une politique de l’emploi qui aura vu le chômage des personnes en situation de handicap progresser de + 65 % au cours du mandat précédent.

Un nouveau président, une nouvelle politique, avec la réforme du Code du travail, mais aussi plan d’investissement compétences, concertation sur l’apprentissage, réforme de l'assurance-chômage, nouvelle convention Pole Emploi Le président de l’APF invitant le président et le gouvernant pour 2017-2022 a « changer de Cap ! »…

Un chômage toujours au plus haut…
Créée par la loi de 1987 à l’issue d’une large concertation avec les partenaires sociaux et les associations,et renforcée par la loi du 11 février 2005. Celle-ci montre comme pour l’accessibilité le retard qui ne cesse de s’accumuler. Pire depuis quelques années le gouvernement successif n’ont eu de cesse affaiblir par des décisions de ponctions et d’exonérations les deux organismes AGEFIPH ou encore FIHPH, allant mettre jusqu’en danger ces deux établissements.

L’’association qui dresse ainsi quatre constats. Le première étant celui d’un chômage, qui comme le confirme bon nombre d’associations dans le handicap qu’ils soient moteurs, mentaux, visuels, auditifs, mais aussi dits invisibles, des personnes handicapées atteint péniblement les 3.3 % dans le privé, contre 5.17 % dans le secteur public, mais intègre des modalités de décomptes différents. Un chiffre auquel ils convient d’ajouter de nombreuses personnes qui ont parfois totalement renoncé à la recherche d’emploi. Plus grave selon lui « 8 % des entreprises n’ont jamais fait l’expérience d’embaucher une personne en situation de handicap », a souligné Alain ROCHON, président de l'APF, invitant « les bons élèves » à mettre en place des retours d’expériences qui pourraient inspirer les autres.

Le Second concernant, lui le nombre de personnes en situation de handicap en emploi (dans le privé et le public) est aujourd'hui de 938 000 (source enquête emploi 2015 INSEE). Il a été multiplié par deux depuis 2005.

Le troisième concernant, celui d’un taux de chômage qui atteint 19 % selon l’association, mais serait aujourd’hui plus proche de 23 % soit plus du double de celui de l’ensemble de la population dite valide.

Enfin dernier constat, celle relative à la durée qui demeure plus longue puisque celui-ci atteint 801 jours en moyenne soit + 34 % que chez les valides, qui est de 597 jours.

« Un objectif de résultat »…
L’APF qui continue a s’interroger sur les réponses qui seront apportées, rappel les promesses engagées par le premier ministre lors du CIH le 20 septembre dernier. Édouard Philippe annonçant vouloir «Réduire l’écart entre le taux de chômage des personnes handicapées et celui des personnes valides », l’association fixant « une baisse de 50 % ». Mais cela est-il réellement possible ?

Si cela peut sembler envisageable, elle exigera un processus de réforme à la fois dans le droit commun avec une réforme du code du travail partiellement effectué par des ordonnances, d’autres sont encore en discussion comme celle de l'assurance chômage, concertation sur l'apprentissage.

Mais aussi souligne l’APF en matière de droits spécifiques comme celle d’une nouvelle convention nationale pluriannuelle multipartite pour l’emploi des travailleurs handicapés, fusion de Cap emploi et SAMETH, nouveaux programmes d’intervention Agefiph ou FIPHFP, réflexion sur le modèle de financement des fonds privés et publics pour l’emploi des personnes handicapées. Des mesures pour l’association se montrent favorables, mais qui devront faire l’objet d’une concertation qui elle ne semble pas être prévus au programme du gouvernement.

Une discrimination trop présente…
L’association qui note également l’aspect discriminatoire au travail, dont le handicap, après celle liée a l’origine selon le défenseur des droits reste la deuxième cause. Une discrimination, dont font principalement l’objet des personnes déficiente intellectuelle juste avant celle avec un handicap auditif qui connaisse un taux de chômage de 33 %. Par ailleurs, l’état de santé est un facteur d’exclusion de l’emploi temporaire ou durable. Ainsi chez les personnes qui font l’objet d’une première reconnaissance du RQTH, 64 % déclarent avoir perdu leur travail pour une raison autre que la fin d’un contrat à durée déterminée contre 49 % pour l’ensemble des personnes au chômage. 29 % des personnes inscrites au chômage déclarent avoir perdu leur travail à la suite d’une rupture de contrat pour maladie ou invalidité (contre seulement 6 % en moyenne).

Fexibilité est chômage : l’appréhension persiste…
Les annonces et les promesses de changement du gouvernement comme celle liée à la « flexibilisation du marché du travail » restent pour l’association un véritable sujet d’inquiétude. Cette dernière redoutant notamment que les nouvelles ordonnances du Code du travail présentées en septembre 2017 n'aient des « conséquences directes pour l’emploi des personnes en situation de handicap et de leurs proches déjà particulièrement exposées et vulnérables sur le marché du travail ». À l’exception du télétravail, aucune ne comportant aucune garantie supplémentaire pour ce public spécifique.

Un sentiment également présent concernant réforme de l'assurance chômage actuellement en préparation. Estimant que les « conditions de l'indemnisation et de leur contrôle » préoccupent également, l'association qui rappel que « Les personnes handicapées, ont trois fois moins de chances d’être en emploi que les personnes non handicapées ayant les mêmes caractéristiques, et deux fois plus de risques d’être au chômage ». Ainsi celui des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteint près de 35 % contre 26 % chez l’ensemble de la population. Une situation qui se retrouve chez les séniors de + 50 ans avec 48 % contre 25 % chez les valides.

Un sujet ou elle assure quelle sera se montrer « vigilante » tant dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle offre de service proposée par les Cap Emploi qui fusionneront à partir du 1er janvier 2018. Mais aussi face à toute dégradation des conditions dans lesquelles les personnes en situation de handicap seront indemnisées et accompagnées face à un chômage subi massivement.

L’APF qui rappel au gouvernement que cette baisse du chômage ne peut se faire qu’avec l’amélioration des conditions d’accompagnement des demandeurs d’emploi en situation de handicap, et celle de « l’articulation du triptyque emploi/formation/accompagnement est indispensable ». Reste la question, de la réduction ou la transformation, du quota des 6 % pour lequel le président de république s’est dit « favorable » et pour lequel les associations se montrent relativement opposées.

Les inquiétudes sont nombreuses…
Parmi les autres sujets d’inquiétudes exprimés par l’APF dans ce dossier de presse, celle annoncée durant l’été, de la diminution des contrats aidés (-120 000 en 2017 et -100 000 en 2018), constitue tout comme la baisse des aides aux entreprises adaptées prévues par la loi de finances de 2018. Mais aussi la suppression de la prime d'activité pour les pensionnés d'invalidité en emploi, « un véritable coup de massue » pour l’emploi et le pouvoir d’achat des plus précaires et en particulier des personnes en situation de handicap. Une mission sur la question de l’insertion des plus éloignés de l’emploi a été confiée récemment par le gouvernement à Jean-Marc BORELLO, l’APF qui annonce « qu’elle sera particulièrement attentive a ces recommandations ».

Sans oublier les aidants qui doivent être pris en compte dans l'ensemble des chantiers inscrits à l'agenda social, via des mesures de formation, de répit, de soutien moral ou d'accès ou de maintien dans l'emploi… Avec de vrais droits ! Mais celle de l’urgence face au risque financier que travers actuellement les fonds d’aides a l’emploi qu’ils s’agissent de l’AGEFIPH qui a fêté ces 30 ans, mais aussi le FIPHFP qui n’ont eu de cesse d’être ponctionné par les différents gouvernements ces dix dernières années.

Un espoir tout de même ?
Si l’APF comme dix autres associations avait lancé une pétition pour dire « Non au recul des droits et à l’aggravation de la précarité ! ». Les associations dénoncent ces économies réalisées sur le dos des personnes en situation de handicap et demandent au gouvernement la suppression de ces mesures qui mettent en grande difficulté des centaines de milliers de personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante

Des espoirs sont tout de même possibles selon l’APF, dans le cadre de certaines réformes actuellement en cours qu’ils s’agissent de la formation professionnelle, avec un plan d’investissement d’un montant de 15 Mds€. Un plan d’investissement compétences par le gouvernement représente « une occasion exceptionnelle de faire massivement changer la donne ». Un espoir pour l’apprentissage, dont le nombre de jeunes restes limités en dépit d’actions engagées depuis des dizaines d’années soit 1% en 2016 représentant 2407 contrats, il doit pour l’association avoir pour « ambition d’investir le champ du handicap ». L’APF salue l’ambition gouvernementale, mais attend « des engagements concrets pour que ce dispositif soit développé dans le secteur public et dans le privé à hauteur des enjeux ».

Alain ROCHON, président de l'APF, qui déplore tout de même, au-delà des « bonnes résolutions », il reproche au président et a son gouvernement sa gestion « brutales et non concertées » alors qu'un rapport de l'Igas sur l'emploi des personnes handicapées datant de 2016 avait permis « d'impulser une dynamique positive ». Reprochant au gouvernement, dans sa volonté avide de réformer, « En allant si vite, le remède est parfois pire que le mal », n’affirmant haut et fort « Rien pour nous sans nous ». Reste à savoir si il sera entendu ?

APFinity, accompagnement vers l’emploi…
Lancé en 2015 par l’APF du Gard créait APFinity pour permettre aux personnes en situation de handicap et aux seniors d’avancer sur leurs problématiques d’emploi, accompagnant aujourd’hui une quarantaine de personnes, mais aussi les entreprises de la région. En essayant de faire coïncider les attentes et besoins de chacun. Ainsi professionnels et personnes concernées définissent un projet professionnel adapté, accompagnent la recherche d’emploi (rédaction de leur CV et lettre de motivation, préparation aux entretiens d’embauche) et mobilisent des entreprises du territoire susceptibles d’accueillir et/ou de recruter ces travailleurs en situation de handicap très éloignés de l’emploi. Depuis le 1er octobre 2016, plus de 30 personnes ont été accompagnées et 13 ont trouvé un emploi. Cette action s’organise dans le cadre d’une coopération avec le service public de l’emploi. Un projet à découvrir en vidéo : le témoignage de Damien (video-ci-dessous)

Stéphane LAGOUTIÉRE

Sources : APF / Igas

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