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Emmanuel Macron le 29 mai 2017 quelques jours après son installation a l'Elysée recevant le président RusseUn après son élection le moins que l'on puisse dire, c’est que les Français restent prudents comme le démontre un sondage publié par Harris Interactive le 4 mai dernier. Des Français entre qui se situe scepticisme et espoir. Le handicap pourtant promis comme une priorité de son quinquennat, une promesse renouvelée dans ces termes lors du discours du Premier ministre Édouard PHILIPPE, lors du premier Comité interministériel du handicap, le 20 septembre 2017. Des associations et collectif associatifs, un an après ces promesses comme mensongère. Alors quand est-il exactement ?

Une hausse ? Ou devront dire une baisse ?
Promis au départ à faire passer l’allocation adulte handicapée, de 810 € à « au-delà de 900 € ». Une promesse qui sera peut-être la seule véritablement tenue. Avec un plan de revalorisation qui sera passé en novembre 2018 son montant à 860€ puis à 900€ dans le dernier trimestre 2019.

Des revenus à la hausse pour l’AAH, oui, mais en laissant de côté près de 250 000 bénéficiaires en situation maritale et pour lequel la prise en compte du revenu du conjoint n’en seront pas bénéficiaires. Mécaniquement, 20 000 d’entre elles verront donc le montant de leur A.A.H. inchangé. Et 80 000 ne bénéficieront que d’une revalorisation partielle. Puis deuxième déception ces revenus reste toujours inférieure au seuil de pauvreté européenne.

Autre déception de cette première année quinquennat, de la mise en œuvre de la fusion à compter de 2019, des deux allocations complémentaires à l’A.A.H. concernant plus de 65 000 personnes. Celle du complément de ressources d’un montant de 179.31 €.ou de la majoration pour la vie autonome 104,77 €. Un choix entrainant une perte de revenu de 74.54 € pour les premiers. Si le gouvernement et notamment la Secrétaire d’État Sophie CLUZEL a tenté de rassurer les associations, en affirmant que « les bénéficiaires du complément de ressources continueront à le percevoir », celles-ci montrent sceptiques et surtout jusqu’à quand ?.

Pour les personnes bénéficiant des pensions d’invalidité, elles n’ont augmenté que de 1 % en avril une progression qui aura totalement repris par la hausse de la C.G.S. auquel les pensionnés sont soumis et qui aura été de + 1.7 point. Où est donc la politique sociale, d'un président qui semble mettre plus une politique de droite et pour qui chaque jour, celle d'un "président des, riches" ne cesse de coller à son image et peut-être à celle de son mandat !

Éducation : plusieurs milliers privés d’école…
Si beaucoup d’interrogation demeure, cette rentrée aura connu ces ratés, comme celle de nombreux enfants dont le besoin d’assistance avait été reconnu par la MDPH, et se retrouvant sans auxiliaire de vie scolaire (AVS) début septembre 2017. Une situation dont le seul responsable reste le ministère de l’Éducation national tant que l’accompagnement de ces élèves ne repose plus sur des contrats précaires.

Une situation qui avait trouvé sa réponse par l’emploi 50 000 contrats précaires en emplois durables engagés sous le mandat de François Hollande. Le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé d’accélérer franchement le mouvement, avec 11 000 créations de postes au lieu des 6 400 programmés. Une accélération qui ne devrait pas cependant empêcher l’exclusion de plusieurs milliers d’enfants du système scolaire dont le chiffre serait de 30 000. Dernier point noir de ce ministère qui reste désormais le seul à bénéficier d’un statut dérogatoire lui permettant de ne pas employer de travailleurs handicapés.

Emploi : des premières mesures insuffisantes.
Si l’éducation est nécessaire pour l’accès a l’emploi, le manque de qualification qui a servi pendant de nombreuses années de prétexte aux entreprises pour ne pas respecter le quota de 6 % de travailleur handicapés. Un chômage qui n’a eu de cesse de connaitre des progressions fulgurantes avec + 27 % sur la durée du quinquennat de François HOLLANDE pour atteindre près de 23 %.

Parmi les quatre grandes réformes concernant directement les personnes si l’on compte le plan autisme, celle de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Pour la secrétaire d’État Sophie CLUZEL, il s’agit avant tout de promouvoir l’inclusion en milieu ordinaire et de permettre une simplification le dispositif actuelle et notamment réglementaire. Le quota de 6 %, dans tous les établissements d’au moins 20 salariés restant applicable. Si d’autres mesures sont attendues comme la promotion des contrats en alternance ou celui de la formation professionnelle. Reste la principale inquiétude tant pour l’AGEFIPH que pour le FIFPH dont les ressources ne cessent de diminuer et qui a terme risquent de mettre en danger leurs fonctionnements en danger !

Accessibilité : une trahison permanente…
Largement laissée de côté par les deux précédents présidents de la république, l’accessibilité aura même été repoussée aux calanques grecques soit, en 2024, alors que tous avaient dix ans pour se mettre à jour. Un véritable échec politique et institutionnelle. Emmanuel MACRON semble prendre, malgré ces promesses, cette direction voire en la réduisant. Pour preuve le dernier projet de loi sur l'évolution du logement, de l’aménagement et du numérique.

Une loi qui dans son article 18 instaure une règle de quota pour les logements passant 100 % a 10 % des logements accessibles. Les autres 90% devront simplement être évolutifs. Le gouvernement qui aura donc cédé au lobby de la construction et des architectes, et qu’un collectif inter-associatif juge inacceptable. Des dispositions du projet de loi « remettent en cause le principe d’accessibilité universelle (…) inscrit dans la loi », estime d’ailleurs le défenseur des droits.

L’autonomie remise en question…
Pour près de 300 000 de personnes en situation de handicap, l’accessibilité va de pair avec autonomie, une situation qu’est chargée de gérer la compensation du handicap (PCH), celle-ci facilitée par une aide technique, humaine. Une prestation souvent largement insuffisante, comme l’explique la présidente de l’association Handi Social Odile MAURIN. Une mesure qui semble être volontaire avoir mis de côté par le gouvernement et le président.

Comment comprendre la Secrétaire d’État Sophie Cluzel qui en faisant référence a l’offre médico-sociale précise qu’« Il faut arrêter de financer, par exemple, des murs qui coûtent très cher et financer des services d’accompagnement ». Estimant nécessaire pour cela de « permettre plus de services aux résidents » pour qu’ils puissent vivre dans une « société qui les aide à vivre au milieu des autres ». Une idée et un objectif généreux, mais pour lequel la nécessité oblige alors au gouvernement à donner à ces Français les moyens de vivre chez eux. Une situation qui n’est pas le cas pour l’instant…

Un des Français largement déçut…
Au final comme beaucoup y compris parmi les personnes en situation de handicap ou les familles d’enfants handicapés, celles-ci sont largement majoritaires à exprimer une large déception de cette première année. Parlant même de la mise en place non pas « d’une double peine mais une triple peine », d’autres affirmant se sentir trahis après leurs votes ou déçus. Un gouvernement qui n’hésite pour 57 % d’entre eux à aller parfois même contre les besoins des personnes handicapées. Qu’en serait-il si le président de la République a fait du handicap une priorité de son mandat ? Au final, un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la tête du pays, les attentes, il ne serait que 24,9 % selon notre consultation à lui faire confiance.

Stéphane LAGOUTIÉRE

 

 

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