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Quelques dessins pour symboliser l evolution de la loi de 2005 douze ans apres sa creationLe 11 février 2005, la loi sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, l'occasion de fête le douzième anniversaire. Une absence totale dans la presse y comprit parfois même spécialisé, pire encore chez les politiques qui en pleine élection présidentielle et quelques mois des législatives non pas véritablement intéressé une fois de plus de se saisir la prise en main d’un sujet de société. Une loi qui aura certes été le moteur de quelques avancées, mais aussi de beaucoup de promesses non tenu...

Peter DICK un celibataire de 36 ans atteint d un handicapPeter DICK est un célibataire de 36 ans, atteint d’un handicap. Il vit dans la pauvreté depuis de longues années à Banban, une région rurale de l’île de Santo, au Vanuatu. Il fait partie des 195 000 personnes, pour beaucoup handicapées, dont les moyens de subsistance ont été affectés par le cyclone Pam, un cyclone tropical dévastateur de catégorie 5 qui a frappé cette nation du Pacifique Sud en 2015.

Un jeune pakistanaisComme beaucoup d'enfant, Ali Shah a perdu son genou gauche et la moitié de sa main droite l'an passé devant son école dans le nord-ouest du Pakistan, quand il a marché sur un engin explosif improvisé, arme de prédilection des talibans. A 13 ans, il réapprend à vivre grâce à une prothèse, tout comme des centaines d'autres civils blessés chaque année par des actes terroristes au Pakistan, pays où les handicapés sont habituellement méprisés et condamnés à rester chez eux.

Vue aerienne de l association Caroline Binder de ColmarCalé au fond de son fauteuil roulant, le petit Nathan n'est pas très réceptif à ce qui se passe autour de lui, jusqu'au moment où la médiatrice lui fait caresser le dos de la chienne Hizzy avec son pied nu... Alors tout change. Comme d'autres enfants polyhandicapés pris en charge par l'association Caroline Binder de Colmar, Nathan à participe ce vendredi à une séance de médiation animale, une technique qui connaît une forte expansion en France depuis quelques années.

Un chirigien dentiste soignant une personne handicape mentalPour lequel d'entre nous ce rendez-vous n'a pas été un sentiment d'inquiétude ou une épreuve ? Dans la salle d'attente de la dentiste, Niel, autiste, fait les cent pas. Si ce grand gaillard de 16 ans aux gestes désordonnés accepte désormais d'être soigné, il le doit à sa rencontre avec le Dr Aude MONNIER, membre d'un réseau formé à la délicate prise en charge de handicapées.

Un réseau souvent mal connu

Allongé sur le fauteuil du Dr MONNIER, la tête en arrière, l'adolescent ouvre calmement la bouche pour laisser passer la fraise sur ses dents blanches légèrement entartrées, une main sur le manche de l'appareil, l'autre dans celle de sa mère.

Pour en arriver là, il a fallu du temps et toute la psychologie d'Aude MONNIER, membre du réseau Rhapsodif, une association créée en 2008 qui rassemble une soixantaine de chirurgiens-dentistes d'Ile-de-France spécialisés dans la prise en charge d'handicapés.

Le réseau, qui bénéficie d'un financement de l'Agence régionale de santé (ARS), est pourtant mal connu. C'est donc souvent avec un "grand soulagement" que les familles, comme les parents de Niel, le découvrent.

« Il y a d'énormes difficultés à trouver un médecin qui accepte de soigner ces patients », souffrant de troubles du comportement et de difficultés de communication notamment, car c'est « très compliqué pour les professionnels en termes de gestion du temps », confirme Thierry NOUVEL, directeur général de l'Unapei qui regroupe les associations de personne handicapés mentaux et leurs familles.

La difficulté de se faire soigner

Comme en témoigne, la mère d'Aaron, un jeune garçon de 11 ans atteint aussi d'autisme, « Mon fils avait beaucoup de caries, souffrait, mais je ne savais pas où aller alors j'ai laissé traîné la situation. Puis j'ai pris rendez-vous chez un dentiste, mais, à mon grand désespoir, il a refusé de le soigner, car il avait peur ».

Il était « hors de question » pour sa mère d'arriver à la « solution extrême » de l'anesthésie générale pour soigner une simple carie, comme le lui a suggéré l'établissement où séjourne son fils.

« C'est malheureusement encore souvent le cas, même pour un détartrage. Ca va plus vite, on s'embête moins en les emmenant en groupe à l'hôpital... », raconte, dépitée, le Dr MONNIER qui consacre deux demi-journées par semaine à ces patients qui nécessitent une approche individualisée.

« Il faut comprendre le fonctionnement de chacun d'entre eux et ne pas avoir d'a priori. Je peux obtenir beaucoup d'eux y compris de ceux très réticents lors du premier contact », souligne la jeune dentiste qui s'est formée elle-même à la prise en charge du handicap.

« Refus d'ouvrir la bouche »

La première consultation peut consister à faire toucher les ustensiles aux patients impressionnés pour progressivement leur faire ouvrir la bouche, puis passer une brosse à dents jusqu'aux instruments les plus grinçants.

« Ce sont des éponges à émotion, il ne faut donc pas avoir peur", souligne la dentiste qui, pendant les soins, ne cesse d'encourager d'une voix posée ses patients.

Fanny, la mère de Niel, se souvient des premiers rendez-vous. « Au début c'était très, très, difficile de l'allonger, alors il était soigné sur une chaise. On lui faisait respirer du gaz hilarant, mais maintenant il n'en a plus besoin », se réjouit-elle.

A l'hôpital, son fils refusait catégoriquement « d'ouvrir la bouche », se rappelle cette mère qui, depuis qu'elle a rencontré le Dr Monnier, prend rendez-vous tous les six mois pour des visites de contrôle.

La Prévention un instrument essentiel...

« La prévention est primordiale. Cela permet d'éviter des soins plus lourds pour ces patients habitués au grignotage », insiste la dentiste.

Problèmes de digestion, infections d'autres organes, difficultés à mastiquer conduisant à alimentation moins diversifiée. « Un mauvais entretien des dents peut avoir de lourdes répercussions sur la santé », rappelle Thierry NOUVEL.

Une évaluation nationale menée en 2006 auprès d'enfants et adolescents polyhandicapés accueillis en institut a montré que 96 % d'entre eux avaient un état de santé bucco-dentaire susceptible d'altérer leur santé. 44,3 % n'avaient pas consulté de dentiste l'année précédant l'enquête.

« L'accès au diagnostic est compliqué pour ces patients qui, pour certains, ne disent pas qu'ils ont mal. La surveillance est donc très importante », conclut, M. Thierry NOUVEL.

Par Estelle EMONET /Avec l'AFP

Logo Journee_Mondiale_des_Droits_de_l_hommeInstitué en 1950 par le vote d'une résolution au Nation-Unis, la journée des droits de l'homme célébré le 10 décembre afin de promouvoir auprès de tous les peuples la Déclaration universelle à atteindre par tous et par toutes les nations. Une journée ou le Collectif pour une France accessible à voulu rappeler que « l'accessibilité est une condition de la liberté, de la citoyenneté et de la participation sociale ! ».

Onze entreprise_signe_une_charte_avec_l_OIT_sur_l_emploi_des_personnes_handicapeesL'emploi des personnes en situation de handicap reste encore un véritable défi dans la majorité des pays occidentaux. Onze grandes entreprises internationales sont devenues les premiers signataires de la nouvelle «Charte du Réseau mondial de l'OIT Entreprise & handicap » lors d'une cérémonie qui s'est déroulée au siège à Genève le 29 octobre dernier. Un pas vers une prise de conscience ? Une population de personnes handicapées en âge de travailler qui seraient selon les chiffres entre 785 à 975 millions de plus 15 ans d'âge. 

Une dizaine de grands principes...

Si ce document n'engage que celui qui le signe, il reste néanmoins un signal fort pour de nombreux pays d'Asie ou encore l'Inde et l'Afrique. La Charte exprimant une détermination à promouvoir et inclure les personnes handicapées dans leurs opérations à l'échelle mondiale.

Un document fruit de plusieurs mois de travail et qui couvre toute une série de domaines. De la protection du personnel porteur de handicaps contre toute forme de discrimination jusqu'à rendre progressivement accessibles les locaux de l'entreprise et la communication interne aux employés avec un handicap.

Comme le souligne le Directeur général de l'OIT Guy RYDER, « Employer des personnes handicapées n'est pas seulement une cause moralement juste, c'est aussi bénéfique pour les entreprises. L'absence d'égalité des chances en matière d'emploi pour les personnes handicapées se traduit souvent par des vies de pauvreté et d'exclusion sociale »

Concluant que le respect de cette charte dont « le secteur privé fera preuve d'un véritable leadership en permettant aux personnes handicapées d'accéder à un travail productif et de vivre dignement »

Onze grandes entreprises internationales signataires

Les premiers signataires qui sont toutes de grandes sociétés internationales, auront pour cette charte un objectif supplémentaire celui d'être un moteur de cette nouvelle pensé de l'OIT en diffusant au niveau mondial celle d'un message d'inclusion pour les personnes en situation de handicap et être bénéfique pour les entreprises.

S'exprimant au nom des signataires, la présidente du comité de direction du Réseau, Wendy ORR de la Standard Bank, a déclaré : « Nous sommes fiers de figurer parmi les premières entreprises à signer la Charte des entreprises sur le handicap. C'est une nouvelle avancée pour montrer notre engagement en faveur de l'inclusion des personnes handicapées sur le marché du travail. Nous pensons, et nous en avons fait l'expérience, qu'une main-d'œuvre inclusive et diverse offre des perspectives aux employeurs, aux employés et à la société tout entière ». Exprimant le souhait de voir toutes les grandes entreprises d'autres grandes sociétés à nous rejoindre pour signer la Charte dans les prochains mois.

La Charte sera diffusée auprès des fédérations nationales d'employeurs et des réseaux nationaux entreprises & handicaps afin de promouvoir l'inclusion des personnes handicapées au sein de leurs membres, y compris les petites et moyennes entreprises (PME).

Un chemin encore très long pour un accès mondial au travail

Si la prise de conscience des États et du monde économique aura commencé avec l'OIT dés 1925, il aura fallu attendre 1955 et plus précisément 1983 pour que soit voté une recommandation pour encourager davantage l'action du gouvernement sur la question de la promotion de l'emploi et de l'égalité pour les personnes handicapées dans la formation des compétences et de l'emploi. De même, les principes d'égalité de traitement et l'égalité des chances sont devenus les principes sous-jacents dans le Code de pratique de l'OIT pour la gestion du handicap sur le lieu de travail (2002),

La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées adoptée en décembre 2006 comprend les droits et les protections spécifiques, y compris celles liées à la formation des compétences et de l'emploi. Il appelle la fourniture d'un logement raisonnable afin que les personnes handicapées puissent participer pleinement à la sphère complète de la vie sociale et économique, y compris le travail.

Reste qu'aujourd'hui la diversité des pratiques économique et celle de la mondialisation n'ont pas amélioré la situation des salariés dans certains pays du monde comme l'Asie, l'Inde ou les pays en voie de développement comme en Afrique. Les salariés handicapés sont souvent les dernières préoccupations des gouvernements dans ces pays du monde. L'aspect économique, la rentabilité, et la main d'œuvre a bas coût restent les principaux arguments pour promouvoir leurs produire et envahir les marchés mondiaux.

Réseau mondial de l'OIT Entreprise & handicap

Créé en 2010, le Réseau fait office de médiateur et répond aux sollicitations de ses membres pour élaborer des outils, partager les connaissances et faciliter les réunions et les discussions entre entreprises sur les questions de handicap. Il conjugue les intérêts des mandants employeurs de l'OIT et ceux des entreprises multinationales.

Son comité de direction est composé de représentants de huit entreprises multinationales, d'une organisation mondiale de personnes handicapées et de deux organisations d'employeurs. Le Réseau a créé un outil d'auto-évaluation qui permet aux sociétés d'évaluer leurs performances dans un certain nombre de domaines concernant le handicap. Auquel il faut ajouter l'importance essentielle des personnes handicapées elles-mêmes, grâce à un partenariat avec l'Alliance internationale des personnes handicapées, un réseau d'organisations de personnes avec un handicap au niveau régional et mondial.

Deux grandes approches en Europe...

En Europe il existe aujourd'hui deux grands courantsi mis en place dont celui d'une législation anti-discriminatoire. Selon cette philosophie, les personnes handicapées sont aussi compétentes et productivesUn homme travaillant dans un atelier de Menuiserie dans un ESAT que les autres, capables de concourir à l'emploi sur une base d'égalité. La discrimination est considérée comme l'explication de base de l'exclusion et du bas niveau d'insertion des personnes handicapées sur le marché du travail.

La ligne idéologique du Nord de l'Europe (Suède, Finlande, Danemark) privilégie non pas les obligations légales d'emploi, mais les politiques inspirées par des principes généraux d'égalité, de normalisation, d'intégration, qui constituent des objectifs politiques à atteindre.

D'une façon générale, la priorité est donnée dans les politiques à l'intégration des travailleurs handicapés dans le milieu ordinaire de travail. Mais les pays mettent en place des systèmes d'emploi protégé à l'exemple de la France, comme une alternative pour ceux des travailleurs ne pouvant pas accéder au marché ouvert se sont multipliés ces dernières années.

L'évolution des politiques nationales est passée de la prise en charge par l'État (elles sont nées pour protéger les invalides de guerre) à une approche orientée vers l'autonomie, comprenant tous les civils handicapés. Les stratégies actuelles comportent un changement dans la prise en compte du handicap vers la réadaptation au travail. L'intégration des personnes handicapées est aujourd'hui une question d'économie du pays plus que de bien-être. Les prestations d'invalidité représentant un coût social pour le budget de l'État.

Un pari loin d'être gagné en France, avec plus de 23 % de taux de chômage. Il y a certes les bons élèves souvent des grands groupes pour lequel l'obligation et devenue une nécessité économique, mais aussi plus facile. Reste que certains en France ont véritablement ouvert la voie commse le groupe Casino avec 10.7 % ou encore le Groupe Carrefour ou L'Oréal, ou bien la Société Générale même si cette dernière n'est pas signataire de la Charte. Reste aujourd'hui que les mauvais élèves existent y compris au sein de l'Etat avec l'Education nationale, exempté également du montant de sa contribution, mais plus de 60 % des entreprises n'ont toujours pas atteint le taux de 6 % requis par la loi.

Stéphane LAGOUTIÉRE