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2009.05.20 — Les personnes handicapées, une communauté importante au Cambodge attend beaucoup du projet de loi qui sera prochainement débattu à l’Assemblée nationale. Ils en espèrent une réelle amélioration de leur qualité de vie, les personnes touchées par un handicap physique notamment ont vu leurs nombres cessés d’augmenté dans un pays ou les mines antipersonnel continus à faire des ravages malgré la présence permanente de l’ONG Handicap internationale.

 

Les règles d’accès aux bâtiments pourraient bientôt être modifiées, permettant un meilleur accès des personnes handicapées aux édifices publics. S’il devait passer, le projet serait débattu à l’Assemblée nationale avant la fin de ce mois. Cette loi pourrait bousculer les secteurs de l’immobilier et de la construction du Royaume. Le projet de loi requiert en effet un accès facilité des personnes handicapées pour tous les bâtiments publics. Des mesures obligatoires pour tous les bâtiments ou espaces ouverts au grand public, qu’il s’agisse d’édifices déjà en service, ou ceux en projet. Selon Thong Vinal, le directeur du Conseil d’action pour les personnes handicapées, ces nouvelles règles devraient avoir de nombreuses répercussions positives. Le secteur privé devrait notamment bénéficier de mesures fiscales incitatives, et profiter de l’apport d’employés compétents et de qualité.

 

Pour Paul Cléments, en charge des opérations au sein de la banque ANZ Royal, sa société n’a fait que suivre les directives du groupe ANZ dans l’aménagement de ses locaux, « en les respectant, qu’il s’agisse de construire ou de rénover des sites, nous garantissons un accès aux clients invalides, mais aussi à nos futurs collaborateurs handicapés ». Et de donner un exemple « ANZ Royal est en train de terminer le chantier d’une nouvelle succursale à Tuol Kork prévue pour août prochain. À nos frais nous avons installé des ascenseurs pour permettre à nos clients et aussi à nos employés d’avoir accès à tous les étages ».

 

Une loi pour mieux intégrer les handicapés

Selon Ngin Saorath, responsable de l’association pour les personnes handicapées du Cambodge (CDPO, acronyme anglais), qui a aidé à la mise en place du projet de loi, il est essentiel d’obtenir la participation de personnes handicapées dans tous les secteurs, « nous ne devons pas laisser les personnes handicapées vivre à l’écart des autres ». Le projet de loi propose de définir les droits des personnes handicapées, notamment le droit de posséder un permis de conduire, ou encore la mise en place de places de parking réservé le tout via un ‘prakas’ du ministère en charge des travaux publics et du transport. Le projet de loi définit les espaces publics comme : « des espaces, bâtiments, édifices et moyens de transport appartenant à l’État, à des entités publiques ou privées, et ouvertes au grand public, tel que les ministères, les départements, les institutions, les routes, les complexes, les centres culturels, les centres sportifs, les centres de loisirs, les établissements d’éducation, les hôtels, les hôpitaux, les centres de soin, les restaurants, les transports publics, etc. »Pour Ngin Saorath, les personnes handicapées ont attendu longtemps, « en 1996 le CDPO et d’autres associations avons lancé ce projet de loi qui s’inspire des lois internationales. En 2001, le CDPO a transmis le projet de loi au ministère des Affaires sociales qui l’a modifié en concordance avec la législation cambodgienne. En 2005, notre proposition a été examinée par le comité d’observation économique, sociale et culturelle afin de garantir qu’elle entrait bien dans le cadre de tout un tas de mesures et contraintes ». Le projet de loi a été présenté à l’Assemblée nationale la semaine dernière, mais doit encore être discuté.

 

Aujourd’hui encore, près de 95 % des édifices du Cambodge qui ne disposent toujours pas d’accès aménagé les nouvelles installations du ministère des Affaires sociales, des vétérans, et de la réhabilitation de la jeunesse, inaugurée le 18 mars dernier, s’affichent désormais en modèle des nouveaux standards d’accès aux handicapés avec une rampe, un ascenseur, des toilettes adaptées pour les invalides. Cependant pour Ngin Saorath, les facilités d’accès aux bâtiments sont encore très peu nombreuses au Cambodge, « 95 % des édifices publics du pays ne disposent pas d’accès pour les handicapés ».

Travaillant pour une société de construction et un cabinet d’architecture, Hans Pyreak a participé au projet du café ‘Epic Arts’ à Kampot, un bâtiment accessible aux personnes invalides. Selon lui, il n’est pas difficile de réaliser un bâtiment entièrement accessible aux handicapés, les contraintes en étant désormais bien connues. « Cela ne coûte pas cher, il y a juste quelques coûts supplémentaires en terme de matériel », explique-t-il, « la conception peut aussi coûter un peu plus cher, mais pas trop ».

 

Trop souvent exclus !

Les statistiques sur les personnes handicapées au Cambodge varient beaucoup et les estimations vont de seulement 2,2 % (enquête socio-économique de 1997) à 15 % (ADB, 1999). La poliomyélite et les accidents liés aux mines antipersonnelles sont les principales causes de handicap. Le nombre de personnes atteintes d’un trouble de l’audition est également élevé (300 000). Les personnes handicapées forment l’un des groupes les plus vulnérables dans la société cambodgienne : ils constituent généralement la population la plus pauvre parmi les pauvres ; leur accès aux ressources, aux services sociaux de base, à l’éducation, à la formation professionnelle, à l’emploi et aux opportunités de génération de revenu est très limité, ce qui renforce encore leur pauvreté. En outre, ils sont souvent considérés comme un groupe de personnes sans espoir, solitaires et isolés et ne reçoivent pas suffisamment d’affection de leurs familles, de leurs connaissances et de leurs amis.

 

A noter pour ceux qui le souhaite un livre paru en 2007 qui vous servira sans nul doute à illustrer la vie des Cambodgiens et remettre en perspective le contexte d’alors, » Ladavann, une orchidée sauvage » écrite par une Cambodgienne qui raconte la vie d’avant les Khmers rouges, son handicap sous la dictature, où le médical n’était pas la préoccupation des dirigeants, puis son arrivée en France en tant que réfugiée. Un parcours de vie bien raconté, avec des annotations historiques qui replacent le témoignage dans son contexte politique. Un récit vivant, empreint de poésie et d’humour, ce qui entre nous est assez rare dans ce domaine. Un bouquin qui sort de l’ordinaire…

 

Editeur : Cheminements – France COLLECTION : Ma part de vérité /PARUTION : Octobre 2007, 292 p., cahier photos. ISBN : 9 782844 785985


HONGRIE — ÉTAT DES LIEUX

2009.05.19 — Alors que l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations font partie des valeurs de base de l’Union européenne et sont au coeur du champ d’action de la Direction générale « Emploi, affaires sociales et égalité des chances » de la Commission européenne, qu’en est-il dans les nouveaux États membres ? Prenons le cas de la Hongrie et regardons de plus près que veut dire d’être handicapé à Budapest.

Contexte juridique

La loi la plus importante dans ce domaine est la loi de 1998 sur l’égalité des chances qui prévoit la suppression des obstacles environnementaux et l’élaboration d’un environnement qui permettent aux personnes handicapées, qu’ils souffrent d’un handicap physique, sensoriel, mental, cognitif ou psychique, l’accès à l’ensemble des droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens et leur garantit le plein exercice de leur citoyenneté. Selon la loi, le délai de suppression des obstacles dans les établissements publics fut 2005. Ce qui veut dire que les établissements déjà existants doivent être réaménagés de telle façon qu’ils soient conformes aux principes définis par la loi et que les projets de nouvelles constructions doivent respecter ces principes, faute de quoi le permis de construction devrait être refusé. Pourtant, selon toute apparence, l’objectif de 2005 n’a pas été respecté.

 

De multiples associations hongroises défendant les droits des handicapés et parmi eux la plus importante, la Ligue nationale des Associations des Handicapés (MEOSZ), pointent du doigt les manquements lors de la procédure d’octroi des permis de construire qui a autorisé la délivrance des permis pour des établissements non conformes aux règles définies. De même, selon le MEOSZ, les changements nécessaires n’ont été effectués que dans un tiers des établissements publics. Par conséquent et afin de « faire bouger les choses », le MEOSZ a décidé de poursuivre en justice les établissements réticents. En réponse, le gouvernement a modifié la loi à plusieurs reprises, pour la rendre plus efficace et a poussé la date limite de son application dans un premier temps d’ici 2010, puis d’ici 2013. Est-ce que le fait d’avoir repoussé les dates garantira une meilleure application de la loi ? Les voix sceptiques sont nombreuses.

 

Obstacles dans la vie quotidienne

On vient de parler de l’accessibilité réduite des personnes handicapées de certains établissements publics qui peut transformer en un véritable parcours du combattant l’activité la plus simple. Étant donné que l’adaptation des transports en commun aux besoins des personnes handicapées – d’ailleurs prévu par la loi de 1998 sur l’égalité des chances – a également subi un important retard et que la majorité des moyens de transport ne convient pas aux handicapés, les difficultés commencent déjà par les moyens de déplacement. À part les nouveaux trams qui circulent sur les boulevards les plus fréquentés de Budapest et quelques bus à plancher bas et palettes qui circulent souvent à des horaires limités, le transport des personnes handicapées n’est pas facile dans la capitale hongroise. Dans le métro, il n’y que quelques stations qui sont équipées d’un ascenseur permettant aux handicapés de circuler dans le réseau. Pour que ces personnes puissent aller d’un point A vers un point B, en raison des correspondances parfois inexistantes entre certaines lignes conformes aux voyageurs handicapés et des horaires de bus pas toujours respectés, il faut planifier tout et prévoir beaucoup plus de temps que pour un citoyen valide.

 

Ensuite, une fois arrivée par exemple dans un établissement de l’administration publique, nos compatriotes doivent confronter d’autres obstacles : inaccessibilité du bâtiment avec un fauteuil roulant, manque d’ascenseur, absence de toilettes adaptées aux besoins des personnes handicapées, portes d’entrée trop petites pour les franchir avec un fauteuil roulant, etc. Idem pour la plupart des cinémas, théâtres, salles d’exposition, centres commerciaux, banques, restaurants, bars, boutiques, hôtels, etc. Des problèmes peuvent également se poser lors de scolarisation d’un enfant handicapé, puisque très peu sont les écoles qui sont convenablement aménagées pour accueillir ces enfants. La même difficulté est présente lors de l’insertion dans la vie professionnelle d’une personne handicapée, qui souvent ne peut pas accepter l’emploi offert, soit en raison des difficultés de transport, soit à cause de l’environnement de travail non conforme à ses besoins. Les chances de se retrouver dans une situation humiliante sont nombreuses. En Hongrie, on se souvient toujours de l’histoire d’un homme aveugle en 2008, qui s’est vu interdit d’entrer dans une grande surface avec son chien guide d’aveugle sous prétexte de respect des principes d’hygiène, alors que les chiens guide d’aveugle sont dispensés de ces règles.

 

Il est à noter tout de même que de nombreuses réductions sont disponibles pour ceux qui disposent d’une carte attestant leur situation d’handicapé, dans les musées ou sur le réseau des transports en commun (l’abonnement pour un mois sur l’ensemble du réseau de Budapest est par exemple gratuit). Reste à savoir quel est l’intérêt de ces réductions si les personnes concernées ne peuvent pas pleinement exploiter les services offerts.

 

Se déplacer en voiture

De nombreuses personnes handicapées optent pour avoir une voiture au lieu de devoir faire face aux transports. Mais là aussi ils sont confrontés à un nouveau problème, notamment le nombre insuffisant de places de parking et leurs occupations par certains citoyens « bienveillants » qui n’ont pas regretté leur temps et leur argent à se procurer une « fausse » carte de stationnement pour personnes handicapées afin de profiter de ces places bien situées. Pour lutter contre ce type d’abus, la mairie de Budapest a décidé de durcir la loi concernant l’émission de ces cartes et à partir de janvier 2010 d’introduire l’utilisation de deux différents types de carte, l’une pour les personnes handicapées disposant d’un permis de conduire et leur propre voiture, et l’autre pour des personnes qui transportent une personne handicapée. La première carte permettra une durée de stationnement illimité, l’autre permettra le stationnement gratuit pendant une heure. Pour ceux qui occupent des places réservées aux personnes handicapées, l’amende imposable sera désormais du montant du tarif horaire du stationnement multiplié par 300.

 

L’hôtel de l’espoir

Malgré les nombreux mauvais exemples, on trouve parfois de belles preuves de solidarité et de tolérance. Il existe un hôtel 4 étoiles à Budapest, du côté de Buda, dont 95 % des employés sont des personnes avec des capacités de travail changées suite à une maladie ou un accident. De nombreux articles parus dans la presse hongroise parlent avec éloge de cet hôtel exemplaire qui permet à ses employés de retrouver leur dignité au sein d’une société parfois très dure et intolérante avec les personnes que l’on considère comme « différentes » par rapport aux autres.

 

Pourtant la législation actuelle oblige les entreprises du secteur privé de plus de 20 employés, que 5 % de leur personnel soit des personnes avec des capacités de travail réduites, sinon ils doivent payer une « contribution aux réhabilitations ». Néanmoins, la somme pas suffisamment élevée de celle-ci incite les patrons à opter pour le paiement de cette taxe. Les personnes handicapées hongroises doivent encore attendre pour se voir « garantir le plein exercice de leur citoyenneté ». Des développements positifs existent, mais les procédures sont très lentes et souvent coûteuses. Cependant, les formes d’exclusion sont diverses et malheureusement elles ne concernent pas uniquement les personnes handicapées, mais les personnes âgées, les jeunes mamans avec une poussette ou les personnes souffrant de certaines maladies. Ce ne sont pas que les indicateurs économiques qui doivent être respectés au sein de l’Union européenne, mais l’Europe doit aussi veiller au respect des droits fondamentaux – comme celui de la dignité humaine – de chaque citoyen dans chacun des États membres. Tant que ce ne sera pas achevé, l’oeuvre n’est pas accomplie.

La Rédaction

 

INITIATIVE — ACCESSIBILITÉ


2009.05.17 — Créée en janvier 2009 cette toute jeune association ARCAP est le fruit d’un engagement en partie du a la profession de son président Julien Gabriel-Charreyre âgé de 26 ans et éducateur spécialisé accompagnant les adultes en situation de handicap sur le champ de la pathologie mentale au sein d’un foyer occupationnel du Var. L’autre raison plus personnelle vient elle de sa mère victime il y a dix-huit mois d’un accident vasculaire cérébral ayant entraîné une incapacité définitive. Il s'en rendra compte alors très rapidement sans ménagement à l’implacable réalité exprimée par le corps médical.

 

La société trop généreuse dans la distribution des cases où elle aime enfermer les siens n’a rien prévu: trop cher pour l’hôpital public, trop jeune pour la maison de retraite, trop « abîmée » pour un centre de convalescence classique. Il lui fallut donc trouver un établissement adapté pour la modique somme de 2100 € par mois. S’ajoutant à cela le regard de la société et les innombrables difficultés d’accessibilité rencontrées lors de chacune de nos sorties en extérieure, celles ci s’apparentant d’avantages à un parcours du combattant qu’à une promenade de santé.

 

Un esprit combatif

Julien Gabriel-Charreyre faisant le l’amer constat que le cas de sa mère n’étant pas isolé et étant de naturel combatif a décidé de prendre le problème à bras la corps et de l’affronter de face. L’idée d’une association s’imposa d’elle-même. Avec l’aide d’une poignée de fidèles amis nous créâmes l’ARCAP qui aujourd’hui de l’avis général et une franche réussite, regroupant plusieurs centaines de sympathisants, adhérant et amis. Présent essentiellement dans le sud de la France (Marseille, Brignoles et St Maximin), au vu du succès rencontré de nouvelles antennes verront le jour courant septembre 2009 à Paris, Boulogne Billancourt et Toulon.

 

Déterminé dans sa démarche, le jeune engagé n’en demeure pas moins diplomate. Afin de positionner son association en véritable groupe de pression indépendant de toute sensibilité politique. Il envisage même la constitution d’un parti politique. Au côté du Comité départemental des personnes handicapées (CDH), notamment. Mais pas avant l’échéance des régionales. La seule façon, pour lui, de faire aboutir son combat. Julien Gabriel-Charreyre affirmant qu’il n’hésitera pas en cas de non-respect des normes des bureaux de votes pour les élections européennes « à ester en justice pour obtenir l’application de ce droit fondamental qu’est celui de voter. Et pourquoi pas des recours en annulation…».

 

Objectif : Accessibilité des Villes, Information et dénonciation

Ainsi l’association ARCAP a décidé d’entreprendre différentes actions très concrètes sur le terrain, tel depuis le 1er mai et ce jusqu’au premier novembre sa campagne nationale intitulée « politique d’inaccessibilité » visant ainsi à mettre en lumière des inégalités flagrantes subies par une minorité souvent silencieuse. La sensibilisation pour que handicap rime avec normalité. Il s’agira ainsi de recenser les très nombreux lieux encore inaccessibles, une fois ce rapport publié il sera envoyé aux institutions concernées (mairies, conseils généraux et régionaux, état et Union européenne).

 

Pour son président « nous le droit pour tous à l’autonomie et une nécessité, notre société ne pourra prétendre respecter la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen que si elle affiche comme une priorité e droit à la diversité et à la pleine jouissance des droits pour les personnes en situation d’handicap ». Plusieurs critères entrent en ligne de compte. Le type d’établissement (restaurants, commerces, parcs publics, cinémas, établissements publics, banques…), les gages d’accessibilités aux personnes à mobilité réduite, la circulation urbaine, les commentaires subjectifs… À terme, il s’agit là de recenser points forts et points noirs.

 

Association qui invitent donc tous ceux intéressés à participer à ce projet, à les rejoindre afin non pas se plaindre, mais d’obligerles mairies et toutes les collectivités locales et les administrations à respecter leurs obligations telles que la loi sur le principe de l’égalité des chances. Il s’agit donc avant tout de mettre les villes devant leurs responsabilités prétextant souvent un manque de moyens ou encore ne cessant de remettre ces obligations à plus tard.

La Rédaction

Renseignement : arcap.over-blog.com / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / Siège social : 5 rue Sadi Carnot 83170 Brignoles