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Une eleves_en_situation_de_handicap_en_fauteuil_dans_une_classeCe mardi 1er septembre 2015 plus de 12 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école. Parmi eux, les enfants handicapés ont eux aussi eu le droit à leur rentrée scolaire. Pourtant force est de constater qu'il y aura encore environ 20 000 enfants sans solution de scolarisation, alors que le ministère de l'Éducation nationale se targue de chiffre plutôt positif envers les enfants handicapés et de tendre vers un ne école dite "inclusive".

Alors certe des progrès ont vu le jour, mais on est encore bien loin de cette école inclusive pour tous. Une situation qu'avait déploré, Nils MUIZNIEKS, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, dans un rapport publié en février 2015, le fait de « cette absence de scolarisation » (p.44)sur 

Ce mardi 1er septembre 2015, il est 08H30 lorsque la sonnerie retentit dans la cour de récréation, synonyme de rentrée des classes. C'est le lot quotidien des 12 340 000 élèves qui ont repris le chemin de l'école. Et qu'en est-il pour les personnes handicapées ? Comment vivent-ils cette rentrée ? Pour eux, c'est souvent un moment d'angoisse car il faut tout réapprendre. Il va leur falloir quelques minutes voire quelques heures pour s'adapter à leur nouvel environnement. Bien évidemment, il ne faut pas les laisser sur le bord de la route car ils ont droit comme tous les autres à avoir accès à l'éducation.

Pourtant il faut rappeler ce chiffre qui fait froid dans le dos. Selon le rapport en février dernier du commissaire aux Droits de l'homme, Nils MUIZNIEKS, environ 20 000 enfants handicapés seraient sans solution de scolarisation en France. Reste à savoir si l'État français a pris à bras le corps ce dossier.

En tout cas, la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat VALLAUD-BELKACEM, de rappelle que depuis la loi Handicap du 11 février 2005, le nombre d'élèves scolarisés en situation de handicap a plus que doublé : plus de 260 000 enfants bénéficient aujourd'hui de parcours spécifiques alors qu'ils étaient seulement 117 834 en 2006. Au-delà de cette évolution quantitative, la ministre a décidé de poursuivre activement au cours de cette année scolaire l'amélioration qualitative des parcours individuels de ces élèves.

Un rappel a l'ordre...

Dans son rapport, Nils MUIZNIEKS avait explique que la Charte sociale européenne (2005) prévoit que « tout enfant en situation de handicap puisse bénéficier d'une scolarisation en milieu ordinaire et à un parcours scolaire continu et adapté ».

Le Commissaire aux Droits de l'homme avait rappelé, après sa visite en décembre 2014, que depuis 2006 ce texte « a permis d'augmenter d'un tiers le nombre d'enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire », avec 11% d'élèves en situation de handicap scolarisés en plus par an (soit 26 347 en 2014-2015).

« Ces résultats sont « encourageants, mais ils doivent être nuancés, car 20 000 enfants handicapés se trouveraient sans solution de scolarisation », peut-on lire dans le rapport. Mais au delà de ce « nombre significatif d'enfants demeurant exclus de la scolarisation », Nils Muižnieks s'inquiète d'une « qualité de la scolarisation en milieu ordinaire » laissant à désirer.

« 37 % des enfants handicapés scolarisés le seraient seulement à temps partiel et 65 % d'entre eux n'auraient pas accès aux activités périscolaires. Le manque de personnels d'accompagnement et d'encadrement en serait la raison principale », écrit le Commissaire. Il décrit une « formation insuffisante des enseignants au handicap », et un « trop faible nombre d'assistants de vie scolaire ».

Renforcer l'inclusion scolaire

Najat VALLAUD-BELKACEM a engagé la rénovation des circulaires relatives aux dispositifs collectifs de scolarisation en milieu ordinaire, classe pour l'inclusion scolaire (CLIS) et unité localisée pour l'inclusionUn enfant handicape avec une avs scolaire (ULIS) afin de renforcer l'inclusion scolaire en facilitant l'accueil des élèves en situation de handicap dans les autres classes de l'établissement pour certains enseignements, en fonction de leurs besoins.

La circulaire n°2015-129 prévoit qu'à partir de la rentrée, l'ensemble de ces dispositifs collectifs prendront le nom d'ULIS : ULIS école, ULIS collège, ULIS lycée, ce qui permettra une meilleure lisibilité pour les familles. Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages font désormais partie des troubles auxquels pourront répondre les ULIS.

Comme annoncé par la ministre lors de la conférence de presse sur la rentrée 2015, le décret n°2015-1051 du 25 août 2015 publié au Journal officiel du 26 août 2015, simplifie quant à lui la procédure de demandes d'aménagement des examens et concours de l'enseignement scolaire pour les candidats en situation de handicap pour permettre d'anticiper au mieux la mise en œuvre des aménagements souhaités, pour un plus grand confort des candidats.

Création de 30 unités d'enseignement autisme supplémentaires

La circulaire n°2015-127 qui précise en particulier les conditions dans lesquelles les candidats pourront avoir recours à une assistance humaine ou technique, notamment numérique, dans le respect du principe d'égalité entre tous les candidats. Les recteurs veilleront à la bonne information des familles sur ces évolutions.

Rappelons qu'à peine 500 dispositifs d'accompagnement et places sont créés chaque année, ce qui est ridicule au regard des besoins. Par ailleurs, le reste à charge des familles pour financer un accompagnant formé est en moyenne de 10 000 euros au minimum, selon Autistes Sans Frontières. Mi-juillet des familles ont obtenu des dommages et intérêts de l'État français. Le gouvernement n'avait pas fait appel de cette décision. Par conséquent, 30 unités d'enseignement autisme supplémentaires ont été créées et déploiement de moyens humains nouveaux (350 ETP d'AESH et 10 000 contrats supplémentaires sur des missions d'AVS). L'école inclusive est sans doute en marche mais quand verra-t-elle réellement le jour ?

Des associations toujours plus en colère

Force est de constater que les associations ne croient plus aux promesses faites par le président de la République, François HOLLANDE, au début de son quinquennat ou enocre lors de la Conférence nationale du hanicap en décembre 2014. Une colère qui reste tres forte notamment concernant le handicap mental, ou chez les associations d'autiste, mais qui se retrouve dans l'ensemble des différents handicap physique, auditif, visuel également. Pour preuve, le Comité d'Entente des associations représentatives des personnes en situation de handicap à rappeler les principes incontournables qui doivent permettre que le droit à la scolarisation s'exerce pour tous. Dans ce souci de réaffirmer que la scolarisation est un droit, et non une faveur, le Comité exercera toute la vigilance nécessaire à la concrétisation de ce droit dans la réalité et sur le terrain.

L'école un droit républicain ? 

En effet, comment expliquer rationnellement, ce cruel manque de places? Quelle est la raison logique qui pourrait justifier de ce manque de place? Est-ce parce que les externats nécessitent d'être construits avec des matériaux rares? Demandent-ils des personnels formés uniquement sur Mars ou Neptune? Cela ne peut-être une raison financière. On n'imagine pas, en 2015, en France, refuser la scolarisation d'enfants pour la simple raison que cela coûte cher... Peut-on imaginer que des enfants de CM2 ne puissent accéder au collège parce qu'il n'y a pas d'argent donc pas d'école ?

Oui, c'est un droit, les enfants handicapés peuvent aller à l'école et même être accompagnés par des auxiliaires de vie scolaire (AVS), hélas les complications sont toujours au rendez-vous: certaines familles, quelques jours avant à la rentrée, ne savent pas si elles auront droit à un accompagnateur ou si l'école acceptera d'accueillir leur enfant; aux difficultés quotidiennes s'ajoutent l'attente, l'incertitude comme camarades de chaque rentrée.

Ce sont nos enfants, certes un peu baveux, un peu étranges, parfois trop bruyants ou trop silencieux, parcelles d'une humanité qui peut transformer en or la boue de notre cœur et qui nous interpelle comme ces mots de Bernanos "que vous servirait de fabriquer la vie même, si vous avez perdu le sens de la vie ?" comme le rappel Cédric GICQUEL, Administrateur au Groupe Polyhandicap France

La Rédaction

Remise du diplome DILFLe diplôme initial de langue français (DILF) est enfin accessible aux personnes en situation de handicap. C'était l'un des objectifs de l'Assocition Vivre afin de contribuer à l'inclusion sociale et profesionnelle des personnes handicapées.

C'est pour cette raison que le Centre de réadaptation professionnelle Vivre d'Arcueil dans le Val-de-Marne, Certifié NF Services CRP, leur proposera une session mensuelle à partir de septembre 2015.

Depuis plus de 70 ans, l'Association Vivre oeuvre pour l'inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, ce qui apporte une contribution pour un parcours réussi. D'ici septembre 2015, une session mensuelle leur sera proposée.

À cette occasion, le Centre de réadaptation professionnelle Vivre d'Arcueil dans le Val-de-Marne, centre NF Services CRP, a choisi, au-delà de son catalogue de formations professionnelles, de proposer ce diplôme ouvrant la voie de l'engagement citoyen sur notre territoire.

Le DILF, un diplôme officiel de l'Éducation nationale

Rappelons que ce diplôme initial de langue française est placé sous l'égide du Centre International d'Etude Pédagogique (CIEP) qui en assure la gestion. C'est un diplôme officiel du ministère de l'Éducation nationale qui valorise un niveau de maîtrise du français.

Ce dernier peut-être délivré aux personnes de nationalité étrangère et aux Français non francophones, qui ne sont pas titulaires d'un diplôme de l'enseignement secondaire français, grands débutants ou nouveaux arrivants en France, qui souhaitent faire valider leurs connaissances en français pour des raisons personnelles, professionnelles ou d'études. Il peut aussi donner accès à une régularisation administrative. Désormais, il est ouvert aux personnes handicapées...

La Rédaction

Caroline Bouffard une enseignante de musique aveugle dans un college d'Ales« J'ai reçu des convocations pour trois demi-journées. J'ai tenté de plaider, d'expliquer que je serai inefficace. Mais ce fut un dialogue de sourds avec le principal adjoint », raconte Caroline BOUFFARD, professeure de musique, confirmant une information de Midi Libre. C'est l'histoire qu'a vécu cette enseignante non voyante convoquée par le collège Jean Moulin à Alès (Gard) pour surveiller des épreuves du brevet des collèges et qui aura reçu pour seule réponse que si je n'étais pas convoqué, « que c'était une question d'égalité et que je pouvais attaquer en justice pour discrimination. C'est stupide: je ne vais pas attaquer pour quelque chose que je ne peux pas faire », a-t-elle ajouté

Au final, sur l'une des journées, l'enseignante « a été contrainte de venir pendant deux heures au lieu de quatre » initialement prévues afin de surveiller « une épreuve de maths ». Une conception de l'égalité dont l'éducation nationale a véritablement une conception très discutable. « Je me suis assis et j'ai lu. J'aurais pu faire ça chez moi. La surveillance a été effectuée par mon assistante - une auxiliaire qui l'aide pour ses cours - et un autre professeur également convoqué le même jour », a indiqué Mme BOUFFARD.

Pour l'autre jour, d'autres enseignants ont été appelés. « Mais on m'a bien fait comprendre qu'ils effectuaient un service à ma place », a déploré l'enseignante qui, de surcroît, a été convoquée mercredi par la principale du collège pour un entretien. « J'y vais avec un délégué syndical », a-t-elle précisé.

Interrogé par Midi Libre, le rectorat avait lui estimé que cette convocation n'a rien d'exceptionnel. Il explique que Mme BOUFFARD travaille tous les jours avec une auxiliaire et que c'était donc la même chose pour la surveillance. De plus, ajoute le rectorat, il y a toujours deux professeurs qui sont présents dans une salle d'examen et dans ce cas ils étaient trois avec l'auxiliaire.

La Rédaction

Sources : AFP

Lucille une jeune varoise aveugle prive de bacEncore aujourd'hui l'inclusion scolaire des personnes handicapées est mise à mal. À travers cette jeune étudiante privée de passer son baccalauréat professionnel car le sujet de l'une de ses épreuvens n'était pas adaptée à son handicap. Face à une telle situation, la Fédération des aveugles de France se dévait de réagir afin que cette bévue ne se reproduise pas dansle futur. 

C’est une histoire qui devrait toucher l’opiion publique. Le 17 juin dernier, Lucille, une jeune étudiante non-voyante de 20 ans, qui se rendait dans son établissement de Six-Fours-les-Plages, n’a pas pu passer son épreuve de français de son baccalauréat professionnel car le sujet n’était pas disponible en braille. À travers cette histoire,  c'est le débat sur la prise en compte de la déficience visuelle dans le cadre de l’inclusion scolaire qui est relancé.

Pour l’instant cet enjeu de taille n’a pas été posé en tant que tel, conduisant à d’inacceptables bévues traumatisantes comme l’attestent l’exemple de Lucille. « Face à un enjeu aussi complexe que celui-ci, nous sommes encore dans une situation regrettable de de bricolage », a rappelé le président de la Fédération des aveugles de France, Vincent MICHEL, dans un communiqué.

Près de 11 000 jeunes aveugles seraient scolarisés chaque année

Avant d’ajouter « qu’une réflexion de fond autour de la prise en compte de la déficience visuelle dans le cadre de l’inclusion sociale mériterait la plus grande attention des pouvoirs publics concernés pour permettre enfin aux jeunes aveugles et malvoyants d’avoir un égal accès au savoir, à la formation, avec les mêmes chances de réussite que tout un chacun ».

Rappelons qu’aujourd’hui, près de 11 000 jeunes aveugles seraient scolarisés chaque année. Pour répondre à leurs besoins spécifiques et développer un accompagnement personnalisé, la Fédération a mis au point des « référentiels qualité » permettant d’anticiper l’enjeu de leur inclusion scolaire. Une inclusion scolaire, qui pour l’heure, laisse encore à désirer… 

La Rédaction

 

 

 

Prestation de compensation du handicap a la suite d'un handicapLes victimes d'un accident peuvent-elles cumuler les indemnisations versées par l'assureur du responsable et la prestation compensatrice du handicap (PCH) versée par les conseils généraux ? Cette question nourrit un intense débat juridique et politique depuis quelques mois. Mais elle a aussi des aspects pratiques importants pour les victimes qui peuvent hésiter à déposer un dossier de demande auprès du conseil général alors qu'ils sont dans l'attente d'une indemnisation. À la suite des nombreuses demandes de ses interlocuteurs dans les centres de rééducation, le cabinet Jehanne Collard et associés fait le point pour France Handicap Info, sur l'état actuel du débat.

Un grand principe du droit français veut qu'on ne puisse pas être indemnisé deux fois du même préjudice. Les victimes d'accident le savent bien : les indemnités journalières qu'elles perçoivent de la sécurité sociale, les rentes d'invalidité ou d'accident du travail qui leur succèdent, sont déduites de leur indemnisation finale par l'assureur du responsable.

C'est le mécanisme dit du recours du tiers payeur. L'organisme de sécurité sociale (tiers payeur) se fait rembourser ses prestations par l'assureur du responsable de l'accident (recours subrogatoire) et celui-ci les déduit des sommes qu'il verse à la victime. La victime et son avocat ont d'ailleurs l'obligation de signaler à l'assureur les prestations perçues et doivent mettre en cause (c'est-à-dire associer à la procédure) les tiers payeurs dans toute demande d'indemnisation devant un tribunal.

Mais ce mécanisme relativement simple ne s'applique pas à toutes les prestations reçues par une victime. Le recours du tiers payeur est strictement encadré par la loi. L'article 29 de la Loi du 5 juillet 1985 définit de manière limitative les prestations qui doivent être remboursées par le responsable de l'accident, ainsi que les organismes qui ont le droit d'exercer un recours subrogatoire.

On y trouve par exemple, outre les organismes de sécurité sociale, les employeurs publics ou privés qui maintiennent un salaire ou verse une pension. Mais les conseils généraux qui versent la PCH ne font pas partie de cette liste limitative.

La situation se complique encore quand on sait que certaines sommes perçues par la victime d'un accident peuvent être déduites de l'indemnisation même si elles n'en figurent pas dans la fameuse liste de la Loi du 5 juillet 1985. Ainsi si le propre assureur de la victime a versé une provision avant que l'assureur du responsable n'intervienne, celle-ci sera déduite de l'indemnisation finale.

En revanche, l'Allocation adulte handicapée, par exemple, ne peut pas être déduite de l'indemnisation par l'assureur du responsable de l'accident. Pour s'y retrouver, il faut savoir que la jurisprudence des tribunaux distingue entre les prestations qui ont un caractère indemnitaire et celles qui ont un caractère forfaitaire. Les premières viennent compenser un préjudice et sont déterminées en fonction de l'importance de celui-ci. Les secondes obéissent à des barèmes fixes élaborés sans aucune relation avec le dommage subi par la victime. Les premières doivent être déduites de l'indemnisation de la victime. Les secondes, non.

La PCH doit-elle déduite de l'indemnisation de la victime ?

La Prestation compensatrice du handicap est-elle indemnitaire ou forfaitaire ? Les partisans de l'une ou l'autre des définitions s'affrontent depuis février 2005, date à laquelle la loi instaurant la PCH a été votée. Les uns soulignent par exemple que la PCH répond directement aux besoins en aides humines de la personne : elle est donc clairement indemnitaire. Les autres rétorquent que le montant de la PCH est déterminé par des taux fixes, ce qui fait d'elle une prestation forfaitaire.

La jurisprudence de la Cour de cassation semble achever de semer la plus totale confusion. Un arrêt du 5 juillet 2006 affirme que la prestation compensant le handicap est « une prestation d'assistance dépourvue de caractère indemnitaire ». La Cour reprend les termes exacts de son arrêt interdisant la déduction de l'Allocation adulte handicapé.

Mais par un arrêt du 16 mars 2013, la Cour de cassation opère un renversement total et décide que la PCH « servie en exécution d'une obligation nationale de solidarité, qui est accordée sans condition de ressources et dont le montant est fixé en fonction des besoins individualisés de l'allocataire, constitue une prestation indemnitaire ». Cet arrêt est confirmé le 13 février 2014. Et la plus haute juridiction administrative, le Conseil d'État, emboîte le pas par un arrêt du 23 septembre 2013.

La messe semble dite. Même si les conseils généraux ne disposent pas du recours subrogatoire, la PCH doit être déduite des indemnisations versées à la victime au titre de l'accident. On ne peut pas cumuler l'argent versé par l'assureur au titre des dépenses d'aide humaine à la suite d'un accident et la prestation versée par le conseil général en compensation des mêmes dépenses.

« Un revirement de la jurisprudence qui pose néanmoins deux graves problèmes »

Le premier pour les conseils généraux sont lésés au profit de l'assureur du responsable de l'accident. En effet, la déduction de la PCH allège la charge de l'assureur tandis que le département ne peut récupérer l'argent versé auprès de l'assureur. La collectivité publique paye à la place du responsable, ce qui est totalement injustifiable.

Le second pour celui de la victime risque d'être lésé par l'allongement de la durée d'indemnisation. L'assureur demande en effet au juge de surseoir à statuer tant que la victime n'a pas fait sa demande de PCH et tant que le conseil général n'a pas décidé du montant. Et pendant qu'on instruit la demande, la personne gravement handicapée ne peut disposer de l'aide humaine nécessaire à son état.

En réponse à ce dernier problème, il faut noter que la Cour d'appel de Paris fait de la résistance en faveur des victimes. Dans un arrêt du 2 février 2015, elle a refusé de reporter sa décision d'indemnisation en attente de la PCH comme le demandait l'assureur.

Le débat sur l'injustice faite aux conseils généraux prend, lui, un tour politique. Des parlementaires, l'association des départements de France ont interpellé le gouvernement pour qu'on modifie la loi et que la PCH puisse être ajoutée à la liste des tiers payeurs de la loi du 5 juillet 1985 et que les conseils généraux puissent se faire rembourser auprès des assureurs des responsables. Le gouvernement n'a pas fermé la porte et a annoncé que des études étaient en cours.

Nouveau revirement de la jurisprudence

En attendant cette nécessaire clarification, un nouveau revirement de jurisprudence vient de jeter un peu plus le trouble. Dans un arrêt du 19 mars 2015, la première chambre de la Cour de cassation a décidé que la PCH « ne donnant pas lieu à recours subrogatoire contre la personne tenue à réparation, elle n'a pas à être imputée sur l'indemnisation ». Comment comprendre cette soudaine marche arrière ?

Certains commentateurs soulignent que cette nouvelle position émane de la seule première chambre de la Cour alors que les ceux de 2013 et 2014 étaient, tous deux, rendus par la deuxième chambre. Seule une assemblée plénière de la Cour de cassation pourrait résoudre une contradiction qui risque de perturber tous les tribunaux.

Une autre lecture semble possible. Les arrêts de 2013 et de 2014 concernaient des affaires où intervenait l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) ou le Fonds de Garantie. Des assureurs pas comme les autres puisqu'ils interviennent au nom de la solidarité nationale quand l'accident ne relève pas d'une erreur médicale (ONIAM) ou quand le responsable est inconnu ou non assuré (Fonds de garantie). La Cour de cassation a sans doute considéré que ces organismes n'indemnisent que de manière subsidiaire (quand une indemnisation par un assureur n'est pas possible) et qu'il est donc logique de déduire les sommes versées aux titres de la PCH par un autre organisme public.

À l'inverse, l'arrêt récent du 19 mars 2015 concerne l'indemnisation due par un chirurgien reconnu responsable d'une erreur médicale et par son assureur. Dans ce cas, la juridiction suprême garde sa position traditionnelle : pas de recours subrogatoire, donc pas de déduction de la PCH. L'arrêt du 19 mars 2015 semble confirmer que la Cour de cassation raisonne selon le principe du « deux poids, deux mesures ». Quand un organisme de solidarité nationale est en cause (ONIAM, Fonds de Garantie), on doit déduire la PCH du montant de l'indemnisation de la victime. Quand il y a un responsable du dommage et un assureur, la déduction est interdite.

En attendant que le gouvernement donne éventuellement un droit de recours subrogatoire aux conseils généraux pour la PCH. Auquel cas, la déduction de la prestation compensatoire du handicap s'imposera dans tous les dossiers d'indemnisation des victimes d'accidents.

Par Maître Jehanne COLLARD

Cap sur_l_ecole_numeriqueDébuté le 20 janvier et fini le 9 mars, la ministre vient de présenter avec sa satisfaction habituelle, le bilan de ce qu'elle a appelé une « concertation nationale sur le numérique pour l'éducation ». Les collectivités territoriales dénoncent un vague de plan de communication et n'ayant pour but de valider une décision déjà prise et prévue pour la rentrée de 2016. Les PEP, restant prudent sur l'application, même si elle reconnaît l'intérêt d'un tel projet, regrettant que le handicap soit réduit à une page.

Un chef de l'État qui soutient le projet, il avait, d'ailleurs souligné cet aspect pour les élèves handicapés lors de la conférence nationale du handicap en décembre 2014. Affirmant que « ». En visite aux Mureaux (Yvelines), dans une école et un collège en pointe sur le numérique, affirmant la volonté de « mettre ces outils partout », au lendemain du projet très contesté de la réforme des collèges critiqués par la droite et certaine associations, en prônant « l'intérêt général » contre « les intérêts particuliers » qu'il a défendu devant le CESE.

François HOLLANDE qui en fin de journée a annoncé l'investissement d'un milliard d'euros sur trois ans consacré à ce plan pour le numérique à l'école, précisant que « la mise en œuvre de ce plan commençait dès aujourd'hui (et que...) Le tiers proviendra du programme d'investissement d'avenir et, le reste, 650 M€ seront à la charge de l'État pour la formation du personnel, pour le développement des ressources pédagogiques et pour le financement des ordinateurs ou des tablettes ».

Le chef de l'État qui a également promis « un accès simplifié à une offre complète de contenus », souhaitant aussi que « le numérique soit utilisé dans toutes les disciplines. Soulignant « Qu'il faut que chaque collégien puisse avoir lui-même les outils numériques à sa disposition partout sur le territoire ».

Un projet qui serait selon le résultat de cette concertation pour 90 % des élèves, enseignants et familles estime que l'école doit préparer à « avoir un usage autonome, conscient et responsable des outils et des réseaux numériques », ainsi qu'à « écrire, lire, communiquer, se cultiver avec les outils d'aujourd'hui ». Ces outils doivent pouvoir être accessibles à tous ! Comme le précise également contributeur pour lequel "une société numérique. Ancrer l'école dans cette dynamique, c'est inviter les élèves à participer à une culture et à une économie, fondée sur l'échange des savoirs, la coopération, la création".

Une organisation fortement contestée

Reste le pourquoi d'une telle concertation déjà en ordre de marche pour la rentrée 2016, et qui auraient dû être effectués bien auparavant, et surtout pas en pleine période d'élection départementale et pour une Statistique concertation Ecole numeriqueutilité somme tout très relative, les départements ayant déjà reçu le cahier des charges précis pour l'équipement en tablette de tous les collégiens ? S'interroge Florence SYLVESTRE, responsable de l'environnement numérique des collèges au conseil départemental des Hauts-de-Seine.

Des collectivités territoriales seraient-elles résignées à financer équipements, ressources et infrastructures comme les lois de la refondation de l'école leur imposent ?, les annonces du chef de l'État qui n'auront pas vraiment convaincu la très grande majorité des présidents des départements ou les communes majoritairement à droite et qui n'ont cessé de crier et de dénoncer la baisse des dotations.

L'autre reproche vient, de l'absence à cette consultation, voir quasi anecdotique notamment sur les deux outils mis en place le premier le site internet n'a recueilli l'avis que 04 % de représentants de collectivités territoriales sur les 50 000 participants. Quant à l'autre système s'agissant de la plate-forme technique, utilisée cette fois sous un mode "forum citoyen", le bilan est encore plus étique : sur les 600 contributeurs ayant produit 1100 contributions, l'on identifie seulement celle mise en ligne par l'Association des maires ruraux de France.

Le numérique et le handicap réduit au minium

Alors que plus de 25% des écoles françaises construites après 2008 n'est toujours ou ne réponde pas aux normes d'accessibilité, fruit de la pression et des lobbys de l'immobilier. Le résumé concernant les questions relatives à cet accès aux numériques pour les élèves en situation de handicap auront été réduit a moins d'une demi-page sur 23. Une conception étonnante de la prise en compte promise par le chef de l'État a la conférence nationale du handicap. Alors qu'près 30 000 enfants sont en absence de scolarisation à cause de leur handicap et ceux malgré des promesses, des décisions de justice du Conseil d'État ou de la HALDE.

Pourtant, l'utilisation des outils et services numériques permet de différencier et d'adapter les supports et les situations d'apprentissage aux situations particulières de certains élèves, notamment ceux qui sont en situation de handicap ou comme les enfants autistes.

Un outil qui peut s'avérer d'une grande efficacité facilite leur scolarisation en classe ordinaire, leur permettent de participer, comme les autres, aux activités de la classe et d'accéder à des ressources pédagogiques adaptées à leurs besoins spécifiques. Enfin, dans le cas d'élèves hospitalisés, ou bénéficiant d'un emploi du temps aménagé, ou encore en situation d'éloignement géographique, le numérique permet d'assurer la continuité et le lien social nécessaires avec leur classe de référence.

Un débat qui aura vu quelques idées innovantes apparaître comme celle de systématiser, en l'encadrant, l'usage en classe et aux examens, des équipements personnels mobiles (et de leurs logiciels) des élèves à besoins éducatifs particuliers. Ou encore, permettre aux élèves d'être "représentés" en classe quand ils sont éloignés, par des moyens robotisés, de façon à conserver le lien social. À condition que celle-ci reste une exception et ne soit généralisé a tous qui pourrait "gêner ou perturber" la vie d'une classe. Une proposition de faire bénéficier tous les élèves en situation de handicap d'outils et de ressources adaptés qui a elle était plébiscitée à plus de 95 % dans le questionnaire.

Ou comme le précise cet enseignant intervenu dans forum, « j'utilise aussi les ordinateurs en complément pour différencier. Ils me sont utiles en 1er pour les élèves relevants de troubles DYS. Quel bonheur de pouvoir facilement leur proposer des textes agrandis, en couleur, des contrôles qu'ils peuvent compléter si besoin par traitement de texte... ». Une utilisation qui si elle généralisé a précisé Philippe BRON avoir l'intention de se rapprocher du cabinet la secrétaire d'État en charge du numérique, Axelle LEMAIRE, « pour inclure l'accessibilité à la charte d'engagement des nouvelles écoles du numérique », a-t-il précisé.

« Dépasser certaines difficultés rencontrées »

De son côté la Fédération générale des PEP par la voix de Sébastien GATINEAU, Chef de projet du Domaine social et médico-social de la FGPEP, considère que le développement et la diffusion d'outils numériques, dans la mesure où ils seront adaptés aux possibilités des élèves et leur utilisation correctement accompagnée (formation...), et "permettront de dépasser certaines difficultés rencontrées".

Une pertinence de l'utilisation de ces outils "tels que la visioconférence dans le cadre du service d'aide pédagogique à domicile (SAPAD) pour les enfants malades est aujourd'hui unanimement reconnue au sein de notre réseau, en ce qu'elle permet le maintien d'un lien fort entre l'école et l'élève".

Et d'affirmer que convaincue du bien-fondé de l'outil numérique, "la FGPEP soutient par ailleurs divers projets, dont le développement par son association des Alpes-Maritimes (les PEP 06) d'un outil numérique, BOMEHC, d'ores et déjà labélisé et utilisé par l'Académie de Nice. Ce cahier mathématique élaboré à partir des besoins des élèves en situation de handicap divers (handicap moteur, dyspraxie...), permets aux élèves, qu'ils soient handicapés ou non, de rendre des copies 'propres' en facilitant la pose d'opérations multiples, le tracé des formes géométriques..."

Un essai grand nature dans 77 départements à partir de septembre 2015

Un sentiment que dit ne pas comprendre, Catherine BECCHETTI-BIZOT, directrice du numérique pour l'éducation au ministère de l'Éducation nationale. Les collectivités ont pourtant été associées au processus, "nous avons conçu le questionnaire en amont avec les principales associations d'élus que nous rencontrons une fois par mois. Nous développons une gouvernance partagée avec les collectivités qui font partie du service public du numérique éducatif au même titre que l'État", précise-t-elle.

Avant la généralisation des tablettes dans les collèges, la prochaine étape annoncée sera celle de la "préfiguration" du plan lancé dès la rentrée 2015 dans 209 collèges, dont 109 relevant de l'éducation prioritaire et de 337 écoles qui y sont rattachées.

Soixante départements ont ainsi répondu à l'appel du ministère et dix-sept autres ont annoncé leur intention de rejoindre le dispositif. Cette étape permettra de définir le mode opératoire et les conditions de réussite d'un déploiement à grande échelle. "Nous avons toujours relié le plan numérique à l'entrée en vigueur des nouveaux programmes du collège en 2016, ajoute Catherine BECCHETTI-BIZOT.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Ecole ESJ PRO  Formation journalisteDans un milieu et un secteur où le handicap reste fortement très peu présent, y compris dans des journaux dits spécialisés où les rédactions ne comptent pas ou quasiment pas de travailleurs handicapés. La formation en alternance ou celle développée dans le cadre d'une reconversion sont dès l'une des solutions dans un secteur en plein développement. Vous souhaitez vous former au métier de journaliste multimédia ?

L'ESJ PRO vous propose formation en reconversion ouverte aux personnes handicapées dont la prochaine session se tiendra du 21 septembre 2015 au 25 mars 2016. Une possibilité qui n'a pas une première pour cette école qui accueilli ou formé par exemple deux journalistes pour l'entreprise Web Sourd ou une jeune fille qui a sa demande suit un stage en audiovisuelle.

Une formation alterne théorie, mise en pratique individuelle et collective, et immersion dans des rédactions. À l'issue de cette formation, vous serez capable d'exercer le métier de journaliste en presse écrite, avec une spécialisation multimédia. Vous disposerez des fondamentaux qui vous permettront d'avoir une démarche journalistique affirmée et polyvalente : maîtrise de l'écriture, gestion de la mise en page pour le print et sur internet, aisance avec les outils web (photos, vidéos, réseaux sociaux) et les nouveaux formats comme le journalisme de données (Data journalisme), visant à renouveler le journalisme par l'exploitation et la mise à la disposition du public de données statistiques.

Ou encore la mise en récit (story-telling), une méthode utilisée en communication fondée sur une structure narrative du discours qui s'apparente à celle des contes, des récits. Son emploi notamment en communication politique est controversé du fait des usages parfois discutables auxquels se livrent les Conseillers en communication désignés sous le terme de spin doctors.

Une formation dont le financement : peut être financée pour tout ou partie par des organismes financeurs (OPCA, Pôle Emploi, Cap Emploi Agefiph) et/ou par un financement individuel. Pour en savoir plus, contactez par mail la responsable Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Un programme que vous pouvez également consulter ici même.

Une initiative auquel l'association Handi-Presse Info vous invite également a déposé une demande d'emploi sur son tout nouveau service d'emploi. Pour ceux intéressé par une telle formation dans les métiers de la presse audiovisuelle, écrite et radiophonique vous pouvez également consulter l'annuaire des écoles de journalisme.

La Rédaction