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Réunion du premier Comité de la Stratégie de la santé mentale CSSMP Après l’annonce d’un plan en janvier dernier au Congrès de l’Encéphale et des nombreuses craintes exprimées. La ministre de la Santé Agnès BUZYN a présenté lors du 1er Comité Stratégique de la Santé Mentale et de la psychiatrie (CSSMP), le 28 juin dernier à Paris au foyer de vie Camille CLAUDEL, au côté de Sophie CLUZEL, la secrétaire d’État en charge du handicap, sa feuille de route en 37 mesures, pour la psychiatrie avec trois axes principaux la prévention « dès le plus jeune âge » et « déstigmatiser la maladie psychique ».

37 actions et un comité…
C'est à l'occasion du 1er Comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie (CSSMP), le 28 juin 2018, qu'Agnès Buzyn, ministre de la Santé, accompagnée de Sophie Cluzel, secrétaire d'État au handicap, a rendu sa copie, résultat de travaux engagés depuis janvier. Des propositions présentées notamment avec la réunion loin de satisfaire les associations de patients ou l’Unafam dont la présidente avait écrit une lettre ouverte il y a quelques semaines a la ministre, mais aussi aux professionnelles et aux trois principaux syndicats dénonce la composition de ce comité.

Un comité dont Agnès BUZYN affirme pourtant que « les 29 membres représentatifs de diverses sensibilités et légitimités seront appelés à suivre les mesures engagées. Ils pourront s’appuyer sur les travaux engagés au sein de différentes commissions, comités et institutions ». Un comité dont elle a annoncé réunir celui-ci une fois par an. Trente-sept mesures qui visent selon elle « promouvoir une psychiatrie qui ne soit plus le parent pauvre de la médecine » mais également à « porter une vision positive de la santé mentale, déterminant essentiel de la santé ». Autour de trois grands axes, ce sont 37 actions qui vont être mises en œuvre dans les prochains mois.

Prévention de la maladie…
Une feuille de route pour laquelle Agnès BUZYN se fixe en premier celui de la prévention afin de permettre un repérer précocement la souffrance et les troubles psychiques et prévenir le suicide. Sachant Visite des Installation du foyer Camille Claudel. Nos objectifs changer le regard sur la santé mentale mieux prévenir les troubleprécise la ministre que « 80% des troubles se déclarant entre 15 et 20 ans ». L’objectif sera de préserver leur santé mentale et « d'augmenter leurs chances de rétablissement en cas de troubles ». C'est autour de cette population que le gouvernement veut agir en encourageant le développement des compétences psychosociales (gestion des émotions, du stress, des conflits...) dès le plus jeune âge, en lien avec l'Éducation nationale et en formant les étudiants aux premiers secours en santé mentale.

Le gouvernement qui annonce mettre pour cela mettre en place une expérimentation « Ecout'Emoi » dans trois régions, afin de permettre d'orienter les 11/25 ans vers des consultations de psychologues prises en charge par l'assurance-maladie, après une évaluation par les médecins généralistes. Parallèlement, un plan d'ensemble contre le risque suicidaire sera déployé sur tout le territoire, sous le pilotage des Agences régionales de santé, notamment le dispositif VigilanS qui propose de recontacter systématiquement les personnes ayant fait une tentative de suicide.

Un des axes de ce plan est, de former les étudiants aux premiers secours « pour permettre de mieux repérer les troubles à l'âge critique de jeunes adultes, écouter sans juger, rassurer, orienter une personne en difficulté ». Une idée développée en Australie dans les années 2000. La France affiche un des taux de suicide les plus élevés en Europe, derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique. Enfin, le gouvernement entend lutter contre la stigmatisation véhiculée aussi bien par les médias, les médecins que le grand public.

Garantir une offre en psychiatrique accessible…
Le deuxième concernant notamment selon la ministre de « garantir des parcours de soins coordonnés et soutenus par une offre en psychiatrie accessible, diversifiée et de qualité ». Le premier objectif étant pour cela revalorisé la psychiatrie notamment avec l’ouverture d’un stage en santé mentale pendant le second cycle des études de médecine mais aussi une meilleure allocation des ressources et une réflexion sur l’évolution du financement de la psychiatrie.

Au-delà de ces mesures l’objectif étant de mieux structurer le parcours de santé mentale afin de favoriser le repérage des troubles le plus tôt possible, via les Projets territoriaux de santé mentale (PTSM). Il devrait permettre, affirme la ministre, à tous les acteurs concernés de se rassembler dans des réseaux territoriaux de partenariats, pour structurer une offre de proximité, sanitaire et sociale, assurant une continuité du suivi tout au long du parcours. Enfin, le recours à la télémédecine sera également encouragé pour les populations fragiles et dans les zones sous denses.

Condition de vie et inclusion sociale…
Le troisième axe concernant lui l’amélioration conditions de vie et d’inclusion sociale est la citoyenneté des personnes en situation de handicap psychique. Une partie de ce plan qui vise lui selon les deux ministres à mettre en œuvre différents dispositifs. Une loi critiquée le 4 juillet dernier par la Commission française des droits l’homme concernant sa façon d’aborder le handicap. Enfin, un appui annonce la ministre sera renforcé aux groupes de pairs qui permettent de mieux recueillir leur parole et de partager et valoriser leur expérience.

2.4 Millions de Français concernée…
Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), 1 Européen sur 4 est touché par des troubles psychiques au cours de sa vie. En France il serait ainsi 2,4 millions d'après les chiffres du ministère vivant avec une pathologie psychiatrique. Alors que l’espérance de vie du handicap mental tant a progressé ces dernières années en rejoignant celui des valides, la ministre dénonce une surmortalité dans cette population. Agnès BUZYN qui annonce avoir inscrit dans sa feuille de route « une plus grande surveillance de ces malades d'un point de vue clinique et insiste pour que chacun ait son médecin traitant » annonçant dans le « Quotidien du médecin » la création entre 2018 et 2019 des dix centres de prise en charge du psychotraumatisme pour les femmes et les enfants.

Des chiffres qui font froid dans le dos. Ainsi, la France dont le taux de suicide est l’un des plus élevés d’Europe et auront enregistré 8 948 en 2015, en France Métropolitaine soit 25 par jour contre 9 pour les accidents de la route. Auquel il faut ajouter environ 200 000 passages aux urgences pour tentative de suicide par an. Et les jeunes sont nombreux, on estime que 15 % des 10-20 ans (1,5 million) ont besoin de suivi ou de soin. Enfin 7,5 % des Français âgés de 15 à̀ 85 ans auront souffert au moins d’une dépression au cours des 12 derniers mois.

Un cout estimé a plusieurs milliard…
Des troubles mentaux maladies psychiatriques ou consommations de psychotropes représentent à ce jour l’un des premiers postes de dépenses du régime général de l’assurance-maladie par pathologie dont le cout est estimé à 19.3Mds€ avant les cancers et les maladies cardio-vasculaires. Un cout auquel il faut ajouter l'aspect économique et social même s’il convient de prendre les chiffres avec prudence, ceux-ci seraient évalués à̀ 109Mds€ par an, dont 65Mds€ pour la perte de qualité de vie, 24,4Mds€ pour la perte de productivité́ liée au handicap et aux suicides et 13,4Mds€ dans le secteur médical, 6,6Mds€ pour le secteur médico-social.

Un système hospitalier laissé à l’abandon…
Malgré ces annonces qui peuvent sembler de bon augure, faut-il encore quelle soient réellement mise en œuvre, le système hospitalier, mais aussi ces professionnelles restent et demeure les parents pauvres de la médecine moderne, la psychiatrie. « On n'en peut plus », avait déploré en janvier dernier, Jean-Pierre SALVARELLI, membre du bureau national du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et chef de pôle au CH du Vinatier, près de Lyon. Il est l'un des signataires de l'appel des psychiatres et des médecins pour dénoncer une dégradation de la prise en charge des patients et la « tyrannie des économies comptables », en février 2017. Une situation tellement dégradée que le dégel de 44 M€ en début d’année n’aura permis que de panser les plaies.

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