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Le depute Daniel FASQUELLE dans son bureau a l'Assemblée nationale le 26 janvier 2012Fortement mis à l'écart par des spécialistes, mais parents et association, le traitement de l'autisme se révèle de plus en plus contesté. Pourrait-elle être interdite ? C'est la proposition de loi que vient de déposer le député Daniel FASQUELLE (UMP). Un projet de loi qui propose la mise en place la généralisation des méthodes éducatives et comportementales comme celle d'Aba et la réaffectation des financements a celle-ci. Un projet loin de faire l'unanimité et provoquant un tollé parmi les psychiatres et l'extrême gauche ou par l'UNAPEI qui affirme son désaccord.

Après un demi-siècle d'évolution depuis les années 70 où l'autisme était encore considéré par les spécialistes comme un trouble affectif, le traitement était généralement confié aux psychanalystes. l'apparition des neurosciences a changé le regard d'une partie du corps médical sur la médicale. Plusieurs gènes sont maintenant mis en cause dans l'autisme tendant à prouver le caractère biologique de la maladie. Faut-il pour autant supprimer telle ou telle méthode? Si cela concerne des méthodes comme celle technique du « packing », fortement critiqué ça pratique le 9 février « Aujourd'hui en France, perdure des traitements qui ne sont pas respectueux de la dignité et des droits des personnes » par le Premier ministre. « Une pratique barbare, qui consiste à envelopper une personne autiste dans des draps humides et glacés en pensant que le choc thermique va lui rendre la perception de son moi-peau », dénonce elle aussi Danièle LANGLOYS, Présidente d'Autisme France.

Faut-il confondre psychiatrie et de tel comportant ? Non, mais si le temps de la toute-puissance psychanalytique a vécu, et si la plupart des médecins préconisent désormais une prise en charge éducative et pédagogique, ils rappellent aussi qu'aucun spécialiste n'est mieux placé qu'un pédopsychiatre pour prendre en considération les singularités dont souffrent les enfants autistes: difficultés à comprendre l'autre, à ressentir de l'empathie, à prendre conscience d'eux-mêmes et de leur corps. La secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale Marie-Anne Montchamp, d'ajouter « que l'on a besoin de la psychiatrie, de la neuropsychiatrie, et je n'exclus pas l'intérêt de la psychanalyse. Car quand un enfant autiste arrive dans une famille, tout explose ». Faut-il pour autant ranimer les conflits ? « Il est urgent de rétablir les équilibres, de privilégier une approche moins hospitalo centrée et plus axée sur le projet de vie et la citoyenneté », conclut Marie-Anne Montchamp.

Un avis partagé par la Haute Autorité de Santé

Ici un enfant autiste soigné dans le cadre de la méthode ABAIci un enfant autiste soigné dans le cadre de la méthode ABA (Archives2009)Intitulé « Autisme : quelles interventions proposer à l'enfant et l'adolescent ? » le rapport qui ne devait paraître que le 6 mars prochain. Celle-ci s'apprête à classer cette approche thérapeutique au rayon des « interventions globales non recommandées ou non consensuelle ». Un rapport dans lequel il serait notamment dit que « L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permet pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle ». Une véritable condamnation que ne comprennent pas les psychanalystes. La HAS qui a annoncé regretter « que les phrases citées se révèlent hors contexte ou inexactes au regard de la version actuelle du document ». Un rapport qui pourrait dans les prochaines semaines s'il se confirmait relancer une bataille que certains jugent inutile.

« ingérence totalitaire inadmissible dans le champ de la médecine »

Alors que les psychanalystes jugent « qu'ils sont les victimes d'une « Croisade », ces derniers ont reçu le soutien de l'opposition de gauche qui fortement conteste ce projet de loi. Le PCF estimant qu'il s'agissait là d'une, « campagne qui manie l'amalgame entre certaines outrances de certains psychanalystes et la psychanalyse en tant que corpus scientifique ». Une situation qui s'appuie également, « sur un désarroi réel de nombreuses familles qui ont le sentiment d'être abandonnées par la psychiatrie qui ne répond pas toujours à leurs besoins », ajoute-le, communique. Avant de conclure qu'il s'agit au final d'une « ingérence totalitaire inadmissible dans le champ de la médecine ». Le PCF qui a annoncé entendre poursuivre son action pour engager une rénovation de la psychiatrie, pour une psychiatrie humaniste centrée sur le soin relationnel qui n'abandonne pas les patients par faute des moyens.

Un avis partagé par Jean-Luc Gibelin, responsable du secteur santé au Front de gauche, se joint à eux. Il estime que « ce n'est pas à l'État de déterminer le style des choix thérapeutiques ». Tout comme, l'Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (UNAPEI), qui estime « qu'interdire une forme d'accompagnement ne sert à rien ».

Bataille financière ou politique ?

Pour le député UMP Daniel FASQUELLE, les professionnelles et hôpitaux psychiatriques essaient simplement de vouloir conserver une source importante de leurs revenus. Qui souhaite aller par ce projet loi à interdire jusqu'au remboursement, et même tout enseignement analytique sur l'autisme, pour reporter ces moyens sur « les méthodes qui marchent ».

Et de poursuivre que « Les techniques utilisées actuellement en France sont non seulement inefficaces, mais aucune étude n'a montré à ce jour que la psychanalyse servait à quelque chose, mais peut provoque un incroyable gâchis humain, que ce soit pour les enfants non traités ou pour leurs proches. Sans compter la perte financière : 60 % des hospitalisations de plus de trente jours dans les hôpitaux psychiatriques concernent des autistes, et l'on évalue à 200 000 euros par an le coût d'enfermement d'un autiste. » Et le député de souligner que, sur le dossier de la prise en charge des adultes à l'hôpital, la Cour européenne des droits de l'homme a même condamné la France, tout comme le Comité consultatif national d'éthique pour « Maltraitance ».

Une bataille est un texte de loi, qui se révèle aussi compliqué pour le gouvernement dont les 5000 places promises dans le plan autisme 2008-2012 n'ont pas tenu ses promesses. Une politique gouvernementale est un chef de l'État qui fortement promit, mais pour lequel les résultats au final sont loin d'avoir été réalisés. Une situation qui ne cesse de s'aggraver pour des parents ou la Belgique et toujours la seule solution...

Stéphane LAGOUTIÉRE

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