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Accidents de la route, chutes, accidents domestiques...les traumatismes crâniens surviennent sans prévenir. C'est dans cet objectif que les deux secrétaires d'État, Nora BERRA et Marie-Anne MONTCHAMP, sont allées visiter les malades à l'hôpital Raymond Poincaré à Garches le 8 février. Nora Berra en charge de la santé auprès a Visite sur le thème du traumatisme crânien à l'Hôpital Raymond PoincaréVisite sur le thème du traumatisme crânien à l'Hôpital Raymond Poincaréprésenté le programme d'action en faveur des traumatisés crâniens et blessés médullaires. Elles ont également annoncé, entre autres, le développement d'un site internet spécifique sur le syndrome du bébé secoué.

Chaque année en France, 155 000 personnes seraient prises en charge pour un traumatisme crânien, parmi eux 8500 seront traumatisés graves avec séquelles invalidantes dont 1 800 deviendront dépendants, enfin, plusieurs dizaines de patients ne se réveillent pas de leur coma. Une cause qui malgré le peu de donnée épidémiologique serait, semble-t-il la première cause de mortalité après 45 ans.

Les trois axes d'un programme d'action : Prévention, prise en charge et réinsertion

Lors de cette visite, les deux secrétaires d'État ont à leur arriver, ont été accueillies par Mireille FAUGERE, directrice générale de l'AP-HP et Jean-Michel PEAN, directeur du groupe hospitalier. Après la présentation du pôle « Handicap-Rééducation » et de l'activité du service, les secrétaires d'État ont visité la salle de rééducation et rencontré les patients du pôle. Elles ont ensuite eu un temps d'échanges avec les équipes pluridisciplinaires (équipes soignantes, professionnelles de l'accompagnement médico-social et socioprofessionnel) et ont salué leur action déterminante pour les victimes de traumatismes crâniens.

Le programme d'action présenté par Nora BERRA s'appuie sur le diagnostic et les propositions de la mission conduite par le docteur PRADAT-DIEHL, à la demande du Premier ministre, ce dernier comptant trois axes principaux. Le premier concerne la prévention et la connaissance du traumatisme crânien en France. Le deuxième vise à améliorer la qualité de la prise en charge actuelle en s'intéressant à sa pertinence, à sa continuité, à la sécurité des soins, de la prise en charge et de l'accompagnement. Enfin le troisième placé sous la responsabilité de Marie-Anne MONTCHAMP s'attache à sécuriser et accompagner le retour et le maintien dans son milieu de vie. Un programme qui selon le gouvernement a pour objectif pour les victimes de traumatismes crâniens et des blessés médullaires d'assurer une prise en charge de qualité, coordonnée et continue entre les secteurs sanitaires, social et médico-sociaux, constituant un enjeu majeur de santé publique.

Dans son intervention, Nora BERRA, à précisée que face au manque de connaissances de ces traumatismes, celle-ci a demandé à la Direction générale de la santé de produire un document de synthèse concernant l'état des connaissances épidémiologiques sur les traumatismes crâniens et les blessures médullaires en France en s'attachant notamment à travailler sur l'incidence et la prévalence de ces pathologies. Ainsi que la conduite d'une sur le devenir des traumatisées crâniennes victimes d'accidents de la route, aussi bien sur le plan médical, social que psychologique. Ce travail bénéficiera d'un budget de 30 000 €.  Marie-Anne MONTCHAMP qui a elle confirmé la création que 40 groupes d'entraide mutuelle allaient être créés cette année. Ces Gem ont pour mission de permettre aux personnes traumatisées crâniennes ou cérébro-lésées de s'entraider entre pairs, avec l'aide d'animateurs qui organisent des activités. Pour « assurer la qualité de la prise en charge », les unités de soins de longue durée (USLD) seront ouvertes aux personnes de moins de 60 ans, un centre ressource national sur le traumatisme crânien va être mis en place, etc. Enfin, pour « améliorer les connaissances, prévenir et protéger », des études vont être lancées et des outils de communication mis en place.

L'avant et l'après...

Tel sont le terme que reprennent souvent les victimes ou les familles ou comme Richard 47 ans qui vit a Lyon, « Je n'ai plus la même vie qu'avant mon accident », avant d'ajouter « nausées, maux de tête, vertiges, impuissance, perte d'équilibre, défaillance de la mémoire... ont parfois et même souvent rendu ma vie infernale ». Atteintes physiques qu'elle soit de nature : paraplégiques, hémiplégiques, trouble de la vue, mais surtout neuropsychologiques. Affectant alors la mémoire, l'attention, la capacité a communiqué et modifient le comportement et la personnalité du blessé et son quotidien. Mais la rééducation peut parfois améliorer beaucoup les choses.

Des familles souvent seules, comme l'explique Claire de Toulon, « Mon père, un an après un traumatisme crânien et rachidien, est dépressif, il a des troubles de la mémoire récente, il fait toujours des confusions et me confond parfois avec ma tante, mais le plus dur, c'est qu'il a complètement changé. Il interprète mal les choses, il a des tendances à l'agressivité, il est jaloux et persécute ma mère qui s'occupe de lui, il parle sans arrêt avec un débit rapide et ne se rend pas compte qu'il peut fatiguer ou vexer les gens ».

L'espoir de la rééducation

Plusieurs études menées à l'hôpital Raymond Poincaré ont montré qu'après un traumatisme crânien, une rééducation appropriée, basée sur les troubles propres à chaque patient, permet d'améliorer leurs performances cognitives. Deux situations sont a distingué, les traumatismes crâniens graves, qui après que les grandes fonctions vitales sont stabilisées, le patient sera placé dans des services de rééducation neurologique compétents avec une équipe de rééducation pluridisciplinaire : ergothérapeutes, kinésithérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues. L'objectif ? Traiter les conséquences triples d'un traumatisme crânien : physiques, intellectuelles et psychologiques. Ensuite, dans une seconde étape, la nécessité du suivi en consultation afin de surveiller l'évolution et d'un bon suivi en libéral en kinésithérapie, psychologie, psychiatrie, orthophonie pour la rééducation cognitive... selon les besoins de la personne. A noter qu'il existe également des Unités d'évaluation, de réentraînement et d'orientation sociale et professionnelle pour blessés crâniens (UEROS) où les compétences professionnelles sont évaluées au cours de stages de 3 mois et demi à 4 mois »

Dans le second cas, notamment concernant le traumatisé crânien léger, depuis deux ans environ, la problématique de ces derniers est de plus en plus abordée et de mieux en mieux prise en compte. « Nous savons que certains patients ont à peu près les mêmes difficultés que les patients graves : c'est ce que l'on appelle le syndrome post-commotionnel (...) Ce n'est pas parce qu'ils récupèrent vite qu'ils n'auront pas de séquelles psychiques ou neuropsychologiques » reconnaît le Docteur Christine HARRIS. Qui insiste donc sur la nécessité d'un suivi pluridisciplinaire, voire d'un stage en UEROS. « Des plaquettes d'information éditées sur ce thème par l'association France traumatisme crânien afin que les victimes soient prévenues des séquelles possibles.

l'UNAFTC s'interroge sur le financement du plan

Pour Émeric GUILLERMOU, président de l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés, « Nous considérons ce programme d'actions comme une étape dans la démarche de reconnaissance de la spécificité des besoins des personnes traumatisées crâniennes, lancé par François Fillon, début 2010 », mais de regretter que les « budgets contraints qui y sont alloués en limitent la portée. » Le maillage du territoire en Samsah et Ueros par les ARS se fera ainsi dans « le cadre des enveloppes de crédit qui leur ont été déléguées », précise le programme. Une mission pourtant à laquelle l'UNAFTC a été associée.

La Rédaction

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