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Entre 15 000 et 60 000 personnes, en France, sont séropositives au VIH et l’ignorent… Par ailleurs, pratiquement le tiers des nouveaux diagnostics sont effectués tardivement, longtemps après la contamination. Certains malades, même, sont pris en charge au stade de SIDA clinique, mariés, à 55 ans comme le déplorait le Pr François RAFFI (Nantes) lors du 5e congrès de l’IAS au Cap (Afrique du Sud), en juillet dernier. Comment expliquer cette ignorance ? Faut-il parler de déni ? Et surtout, comment y remédier ? Peut-être en associant différentes techniques de dépistage. Avec 79 tests de dépistage menés chaque année pour 1 000 habitants, la France figure au second rang des pays d’Europe de l’Ouest. Ce « bon résultat » pourtant, est insuffisant. En octobre 2009, la Haute Autorité de Santé proposait ainsi plusieurs pistes pour intensifier le dépistage de l’infection. Car un diagnostic précoce permet de traiter plus tôt, et aussi de limiter la contamination.

Nouvelles recommandations de l’OMS.

Depuis aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de démarrer le traitement antirétroviral plus précocement. Pour les adultes et adolescents, et plus spécifiquement pour les femmes enceintes séropositives. Pour ses dernières, le traitement pourrait commencer dès la 14e semaine, et se poursuivre jusqu’à la fin de la période d’allaitement. C’est la première fois que l’OMS recommande un traitement des mères séropositives et de leur enfant pendant l’allaitement.

Dépistage en population générale.

Le diagnostic tardif concerne le plus souvent des malades que l’on aurait cru peu exposés à la maladie. Ce sont généralement des hommes, âgés de 30 ans ou plus, vivants en couple et qui ont des enfants. Ils ont été contaminés à l’occasion d’un rapport le plus souvent hétérosexuel. Outre ses « citoyens modèles » ( ?), le diagnostic tardif affecte la population des femmes migrantes…« Le pilier du dispositif (de dépistage et de diagnostic) est constitué par les médecins généralistes » précise France LERT, directrice de recherche à l’INSERM. « Ces derniers sont en effet légitimes pour proposer le dépistage à leurs patients, hors de tout facteur de risque connu. » Un test d’efficacité de ce dépistage généralisé est actuellement mené à l’hôpital de Garches, en région parisienne : chaque personne arrivant aux urgences se voit systématiquement proposer un test.

Dépistage ciblé.

Celui-ci doit être spécifiquement proposé aux personnes les plus exposées, sous la forme d’un dépistage régulier et répété. D’ailleurs comme le souligne France Lert, « des campagnes d’information et de sensibilisation ciblent d’ores et déjà ces populations ». Dépistage individuel volontaire. Il doit rester accessible pour quiconque souhaite connaître son statut sérologique. Et cela, qu’il y ait eu ou non-exposition à une situation de risque.

Antirétroviraux.

« Le traitement de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est un immense succès » rappelle France Lert. La prophylaxie post-exposition donne également de très bons résultats. Enfin, « il existe des arguments forts pour penser que la mise en œuvre d’un traitement avant la prise de risque peut être efficace. Des études sont en cours aux États-Unis, et un projet se prépare en France auprès de la population homosexuelle masculine. »

Poursuivre les efforts engagés

À ce jour, les spécialistes estiment à 33,4 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH, le plus haut chiffre jamais atteint. Il faut y inclure 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans. Grâce aux antirétroviraux, en effet, les malades vivent plus longtemps. L’accès au traitement s’est également amélioré, passant de 7 % en 2003 à 42 % en 2008. Au Botswana où 80 % des malades bénéficient des trithérapies, les décès liés au SIDA ont chuté de plus de 50 % ces cinq dernières années.

Au final, cela signifie que depuis leur introduction en1996, les trithérapies ont sauvé près de 3 millions de vies. Dernier domaine où les progrès ont été tangibles, celui des actions visant à prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant : grâce aux traitements mis en œuvre en Afrique subsaharienne pour l’essentiel, 200 000 nouvelles infections ont été évitées depuis 2001. Malgré ces résultats encourageants, le VIH/SIDA demeure une priorité de santé publique au plein sens du terme. En 2008, 2 millions de personnes sont mortes de maladies liées à l’infection par le VIH.

 « Les personnes en situation de handicap sont les nôtres, protégeons-les contre le VIH/SIDA, la violence et la stigmatisation», tel avait été le thème central du discours de Dr Bosco Kanani le 13 décembre 2007, représentant de la section Santé au sein de Handicap international qui appuie Caritas Rwanda dans ses programmes de lutte contre le VIH/SIDA parmi les personnes vivant avec handicap. C’était dans le District de Nyanza, Secteur Mukingo, Province du Sud. Aujourd’hui en France, mais encore plus dans les pays d’Afrique qui reste la région la plus touchée dans le monde par le VIH la maladie ou les la lourdeur des traitants continue a créée de véritable situation de handicap. 

La Rédaction

Source : Interview de France Lert, INSERM, 25 novembre 2009 – Recommandations en santé publique de la HAS : dépistage de l’infection par le VIH en France, octobre 2009.

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