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Message d'alerte

Les prix des medicaments innovants ne doivent pas menacer l acces aux soinsQuelques jours après la mise a mort d’une campagne-choc de Médecins du monde pour dénoncer les pratiques des laboratoires pharmaceutiques, face à une tendance bien réelle d’explosion de certains médicaments. Une campagne dénoncée par le LEEM, et auquel les lobbies ont tente de faire pression pour que l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), déconseillant aux sociétés d’affichage de la relayer. Le collectif interassociatif sur la santé intervient à son tour rappelant que « l’innovation des médicaments ne doivent pas menacer l’accès aux soins... ».

Une décision surprenante alors que le Conseil de l’Union européenne a fait connaître le 17 mai ses recommandations aux États membres en matière d’accès aux médicaments.

Un collectif qui tire la sonnette d’alarme...
Si les associations du CISS, se montre plus prudente rappelant que il n’est pas question de jeter l’opprobre sur l’industrie du médicament, « mais plutôt de comprendre les ressorts, trop souvent opaques, de l’envolée des prix des traitements « innovants » qui semble ne plus connaître de limites ». Rappelant des milliers de personnes pour lequel la survie dépend de leurs médicaments. « Plus grave encore est la situation des malades pour qui aucun médicament n’existe » souligne telle dans un communiqué.

Une préoccupation légitime face aux marchés notamment des États-Unis ou la dépense pharmaceutique et parmi les plus fortes par habitant, en sachant que l’accès a l’égalité de traitement notamment innovant sont que très peu a la porté a la majorité de la population. Un contexte qui oblige le CISS à tirer « la sonnette d’alarme ». En précisant que « les prix des médicaments ne sapent pas les fondements de notre système de santé, garant de l’accès de chacun aux traitements les mieux adaptés. Les grands équilibres sont aujourd’hui menacés ».

Le CISS tenant a souligné que deux hypothèses sont absolument exclues pour la communauté des personnes malades. La première concernant la pression des prix des médicaments innovants sur les dépenses de santé prises en charge collectivement ne doit pas peser sur le reste à charge des personnes malades. La seconde et que cette pression des prix ne peut être un facteur de discrimination parmi les malades susceptibles d’y accéder.

Le collectif proposant pour cela deux solutions qui sont selon elles la solution la plus raisonnable. Celle d’une mise en place d’un système de transparence ainsi qu’une nouvelle fixation des prix des médicaments innovants, « non plus basé sur leur seule « valeur thérapeutique », mais incluant également le critère de coût (recherche, développement, production, commercialisation, suivi en vie réelle...) aujourd’hui non pris en compte ». En second celle d’améliorer la pertinence des soins, et en particulier de la prescription médicamenteuse pour libérer des financements nécessaires au développement et à l’accès à l’innovation thérapeutique. « Activons-nous ! En faisant pleinement confiance au dialogue entre les professionnels et les patients pour privilégier les meilleures stratégies de soins et la codécision », ajoute-t-elle.

Appel lancé par 110 cancérologues...« Racket des laboratoires pharmaceutiques »
Une alerte qu’avaient déjà lancée 110 cancérologues le 15 mars dernier, dénonçant le coût exorbitant des nouveaux traitements anticancer alors même que le coût de la recherche et notamment son développement diminue. Pour eux, cela remet en cause « l’équité d’accès des patients aux traitements innovants des cancers » et menace de nous conduire, comme cela est déjà le cas avec le traitement contre l’hépatite C le Sovaldi, vers un système de soin de rationnement rompant avec l’égalité d’accès pour tous.

Comme nous l’avons dit dans notre ouvrage et dans le cadre de notre opération Mains propres sur la santé, 56 médicaments sont déjà commercialisés à un prix public supérieur à 1650 euros la boîte. 70% de ces traitements concernent les traitements contre le cancer, avait-il précisé, dans un communiqué commun.

Des cancérologues prenant pour exemple une étude comparée du prix du médicament réalisé entre la France et l’Italie. Dans lequel ont constate que la France pourrait réaliser 18,6 M€ d’économies par an en alignant le coût du Glivec (antileucémique très utilisé de chez Novartis) sur celui de l’Italie. Idem pour le Zytiga (médicaments contre le cancer de la prostate commercialisé par Janssen-Cilag) qui présente un prix en pharmacie de 3612,58€ en France contre 3011,21 euros en Italie soit une économie potentielle de 16,7 M€ pour la caisse de la Sécurité sociale.

Des solutions qui sont bien présentes selon ce collectif et tente à rejoindre celle CISS, pour en finir avec l’explosion des prix du médicament en France. Ainsi ces derniers proposent de garantir l’indépendance de l’expertise et des systèmes de sécurité du médicament. Puis de revoir la composition des instances d’évaluation, de fixation du prix (CEPS) et de remboursement (Commission de la transparence de la HAS) des médicaments souffrant de trop de porosité avec l’industrie pharmaceutique.

Enfin précise le communiqué, il convient de revoir le suivi des médicaments et la pharmacovigilance (le danois Peter Gotzsche –responsable de l’Institut Cochrane- considère par exemple sur la base de métaanalyses s’appuyant sur la littérature médicale internationale que certains nouveaux médicaments anticancers nuiraient aux chances de survie de certains patients et entraîneraient des effets délétères en fin de vie).

Une campagne de propagande pour le Leem
Le Leem a lui de son côté tenu le 13 juin dernier, a dénoncé une « campagne de propagande mensongère de Médecins du Monde » sur la thématique du prix des médicaments. Affirmant que les Entreprises du Médicament « spéculent sur l’aggravation de certaines maladies comme le cancer du sein n’est pas seulement injurieux pour les industriels, il est également particulièrement choquant et irrespectueux pour les millions de personnes qui se battent quotidiennement contre la maladie ».

Soulignant que « l’arrivée d’innovations thérapeutiques majeures dans le domaine des maladies infectieuses ou en oncologie est avant tout une bonne nouvelle pour les patients. Ces innovations ouvrent des perspectives de guérison ou d’allongement de l’espérance de vie pour de très nombreux malades. Elles vont également constituer un défi majeur pour l’organisation de notre système de soins ».
S’agissant du prix des médicaments innovants, le Leem indique que « le prix de ces médicaments est fixé par le Comité économique des produits de santé à l’issue de négociations avec les industriels » ajoutant que pour l’industriel, ce prix doit prendre en compte « non seulement les coûts de recherche des nouveaux médicaments, mais également leur durée de mise au point ainsi que les risques qui s’attachent à leur développement ce prix n’est pas le reflet des investissements passés : il permet les investissements futurs pour découvrir de nouveaux traitements dans l’intérêt des patients». Le Leem invitant « les associations a ne pas se tromper de combat ».

Un débat au cœur des présidentiels...?
Si ce sujet reflète un véritable sujet de société, il n’en demeure pas moins que l’actualité sur le départ ou non de l’Europe du Royaume-Uni risque de prendre le pas sur de telle sujet si ce départ venait a se confirmé ! Reste que pour le CISS l’accès aux médicaments innovants n’est pas un thème sectoriel et encore moins le combat de la seule fraction de la société civile engagée dans des associations militantes. Il concerne l’ensemble de la population, et doit suscité des engagements forts, au plus haut niveau de l’État tant les implications économiques et sociales sont importantes. Le CISS annonce qu’il se mobilisera pour inciter les candidats à se positionner clairement sur ces enjeux qui ne doivent pas seulement être considérés au regard de leurs conséquences sur l’attractivité économique et financière de notre pays.

Stéphane LAGOUTIÉRE

Source communiquée

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