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Christine FREY Élue dans le 3ème arrondissement de Paris au micro avec a sa gauche Gauthier Caron Thibault, conseiller de Paris et maire adjoint du 3ème et en arrière plan a droite Philippe Fabre-Falret, président de l'Oeuvre Falret, lors de l’inaugurationPlacé dans le IIIe arrondissement il s'agit d'une première pour ces vingt adultes homme et femme, atteint de maladie mentale qui sont accueillis dans ce nouveau foyer de vie « la résidence Marie Laurencin » depuis décembre 2010 placé en plein de cœur de la capitale. Un centre de vie qui après dix-huit mois de fonctionnement a été officiellement inauguré le 27 mai dernier par Pierre AIDENBAUM, Maire du IIIe arrondissement et Véronique DUBARRY adjointe au maire de paris en charge du handicap, ainsi qu'en présence des élus locaux Laure LECHATELLIER et Jean-Yves MANO. L'occasion aussi pour la résidence d'organiser une après-midi porte ouverte. L'occasion aussi de revenir sur handicap mental et handicap physique souvent confondu a tord...

Fruit de la volonté commune de l'association œuvre Falret et de l'hôpital Esquirol, ce projet aura nécessité plusieurs mois de travail rigoureux pour convaincre la Ville de Paris, le Conseil Régional d'Île-de-France, et la mairie du IIIe arrondissement et à Paris Habitat OPH, de l'utilité d'un tel pari sur l'avenir. Ainsi, ce foyer de vie, a vu le jour au sein d'un immeuble ancien entièrement réhabilité et aménagé pour l'accueil d'adultes à l'autonomie réduite par leurs troubles psychotiques et ne pouvant pas travailler. Un projet permettant aussi et surtout à des résidents depuis longtemps tenus éloignés des centres-villes d'y revenir. Un éloignement qui trop souvent sépare ces derniers davantage encore les enfants de leurs parents adultes vieillissants.

Une nouvelle étape de vie...

Ainsi, la résidence Marie-LAURENCIN leur offre un lieu où vivre au cœur de la cité, au plus près de leur famille, mais aussi de la société. Pour ces hommes et femmes, où ont résidé des dizaines d'années dans leur famille, dans des lieux d'hébergement non adaptés ou en milieu hospitalier, cet établissement est une étape nouvelle de leur chemin de vie. Plus qu'un hébergement, le foyer assure un accompagnement à la vie quotidienne pour permettre à chacun l'acquisition d'une autonomie dans différents domaines (courses, démarches administratives...... afin de favoriser son insertion sociale tandis que le suivi médical est assuré à l'extérieur par les deux Centres médico-psychologique en charge des Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements.

Des préjugée encore beaucoup trop fréquent

Un éloignement des villes souvent causé par la peur et par l'actualité qui a mis en avant des situations parfois dramatiques, mais qui reste somme toute exceptionnelle. Ainsi comme le confirme une enquête Ipso réalisée, en 2009, * révélant que 47% des interrogées associent encore les maladies mentales à des dénominations négatives : débile, attardé, aliéné, dément... Des Français dont le taux d'« acceptation sociale » est plus élevé dans d'autres pathologies comme l'autisme ou 80 % seraient prêt à travailler ou que leur enfant soit dans la même classe. Un résultat du notamment à politique d'informations importantes ces dernières années. Pour preuve la méconnaissance reste importante, ainsi 65 % considèrent qu'un schizophrène représente un danger pour les autres alors ils ne sont scientifiquement que 0,2% à être dans ce cas. La principale difficulté étant pour les Français de parler ou de reconnaître leurs problèmes psychiques ainsi ils sont seulement 5% a déclaré être ou avoir été atteints d'une maladie mentale, mais ils sont, en revanche, 62%, à considérer qu'ils pourraient un jour être atteints d'une maladie mentale. Enfin, le déficit d'information reste important pour preuve 2/3 des Français s'estiment insuffisamment informés, et ce quel que soit le canal.

Un handicap psychique mal pris en compte

Avec une personne sur cinq atteints de maladie psychiatrique contre 1 % pour le cancer on oublie souvent que celle-ci se classe parmi les deuxièmes causes mondiales de handicap. La France n'échappe pas à cette règle les Français étant d'ailleurs connus comme les plus gros consommateurs d'anti-répresseurs. Les maladies psychiatriques constituent aussi le 2e motif d'arrêt de travail et la première cause d'invalidité et représentent un dixième des dépenses de santé et la première en dépense hospitalière. Comme le confirme le livre du Pr Michel DEBOUT « le suicide un tabou français », 12 000 suicides sont répertoriés chaque année en France et plus 58 000 en Europe.

La difficulté comme ne cesse, de le dire l'UNAFAM* provient à la fois de la réduction des moyens voire de l'abandon du système hospitalier psychiatrique en France. Un système qui de plus ne correspondant souvent plus a l'atteinte des patients et répondant souvent dans l'urgence. Le retard des diagnostics et l'absence diagnostic des pathologies associées n'ont fait qu'aggrave la situation à laquelle s'ajoute un déficit chronique depuis plusieurs années dans le secteur de la recherche ou seulement 2% du budget de la recherche biomédicale publique et privée y consacrer alors que 20% sont destinée au cancer.

Handicap mental ou handicap psychique quelle différence ?

Comme à chaque fois un petit rappel s'impose face souvent à la méconnaissance d'un public qui a trop souvent encore tendance à confondre les deux qui pourtant doivent être différencié. Même s'il vrai que le travail se révèle difficile et complexe. En effet on entend dans les termes de maladie mentale, handicap psychique ou souffrance physiques celle résultante d'une pathologie mentale avérée, c'est-à-dire diagnostiquée et confirmée. Malgré les efforts apportés par la loi handicap de 2005, il n'existe pas de définition scientifique du handicap psychique qui soit unanimement reconnue et admise. La loi de 2005 précisant comme « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie par une personne dans son environnement en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques (...) ».

Le handicap mental étant lui contrairement une déficience innée et comme le dit l'UNAPEI dans sa définition explique selon elle que l'expression « handicap mental » qualifie à la fois une déficience intellectuelle (approche scientifique) et les conséquences qu'elle entraîne au quotidien (approche sociale et sociétale). Le handicap mental se traduit par des difficultés plus ou moins importantes de réflexion, de conceptualisation, de communication, de décision, etc. Ces difficultés doivent être compensées par un accompagnement humain, permanent et évolutif, adapté à l'état et à la situation de la personne. C'est à la solidarité collective qu'il appartient de reconnaître et de garantir cette compensation. Pour lequel la différence avec le handicap psychique c'est que la personne en situation de handicap mental éprouve des difficultés plus ou moins importantes de réflexion, de conceptualisation, de communication et de décision. Elle ne peut pas être soignée, mais son handicap peut être compensé par un environnement aménagé et un accompagnement humain, adaptés à son état et à sa situation.

Pour l'UNAFAM, le handicap psychique est, quant à lui, la conséquence d'une maladie mentale. Pour lequel la personne malade mentale est un individu « qui souffre de troubles d'origines diverses qui entachent son mode de comportement d'une façon momentanée ou durable et inégalement grave ». Le handicap psychique n'affecte pas directement les capacités intellectuelles, mais plutôt leur mise en œuvre. Il est toujours associé à des soins et ses manifestations sont variables dans le temps.

Ou comme l'affirme Édouard Bertaud, psychologue à l'ŒUVRE FALRET que la prise en compte de la dimension psychique dans cette définition très large du handicap de l'article 2 de la loi de 2005 englobe ainsi toutes les personnes souffrant de troubles psychiques avec des répercussions dans les activités quotidiennes (scolarité, formation, activités professionnelles et/ ou activités sociales et citoyennes compromises) et des conséquences sociales (isolement, stigmatisation, risque de marginalisation) accentuées par un diagnostic souvent tardif et une difficulté à comprendre les manifestations de cette souffrance (handicap non visible). Dès lors, « La recherche d'un état de santé mentale ne se réduit pas à une approche psychiatrique, mais suppose aussi une approche médico-sociale » conclue Édouard Bertaud,

Stéphane LAGOUTIÉRE

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