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Message d'alerte

Schizophrénie, troubles bipolaires ou de la personnalité... les entreprises se sentent souvent démunies face à ces maladies que les salariés eux-mêmes évoquent difficilement.Le handicap psychique, dont souffrent environ 600.000 personnes en France, y est encore tabou,  Vivre chez soi malgré la maladie mentale est le souhait de beaucoup. Le Service d'Accompagnement Médico-Social de personnes Adultes Handicapées (SAMSAH) de l'œuvre FALRET, premier service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés psychiques dans Paris, ce dernier apporte l'assistance nécessaire pour réussir à « bien vivre » seul sans s'enfoncer dans l'isolement. Ce nouveau service unique a Paris a ouvert ses porte en novembre 2010 a été inauguré en présence d'élus de la ville de Paris et des élus régionaux et du directeur de l'ARS d'île de France qui ont tous soutenu ce projet. 

Ce service innovant s'adresse à quarante adultes vivant chez eux ou sortant de l'hôpital pour qui la vie au domicile requiert un accompagnement. L'année 2011 a marqué la continuité de « l'ouverture » et du « développement » dans ce service comme l'indique son rapport d'activité. 2012 est l'année de son fonctionnement et de son inauguration. Un projet qui vise également la continuité des soins et la (ré)intégration ou le maintien de la personne dans son espace de vie, plus généralement dans la Cité et qui trouve son financement est assuré par le Conseil Général de Paris (DASES) et par l'Assurance Maladie (ARS).

Une solution qui par la pluridisciplinarité de son équipe et les connaissances cliniques dans le champ de la santé mentale de certains de ses membres, demeure une réelle alternative à l'institution. Ce service assiste la personne dans les actes essentiels de la vie quotidienne ; il travaille à favoriser la restauration des liens familiaux, sociaux et l'accès à l'ensemble des services offerts par la collectivité. Avec des visites au domicile régulières, il permet une vigilance quotidienne et anticipe ainsi les risques de dégradation de santé, courants chez la personne handicapée psychique quand elle n'est plus en milieu hospitalier.

Des préjugés encore trop nombreux

Des malades qui continue à subir de nombreux préjugé et pourtant cela reste difficile à comprendre, car 47 % des Français associent les maladies mentales à des dénominations négatives : débile, attardé, aliéné, dément...Une situation incompréhensible quand ont sait que 1 Français sur 5 est atteint d'une maladie psychiatrique contre 1 % par exemple pour le cancer (1) et que la psychiatrie arrive 2e rang des causes mondiales de handicap (2), un niveau similaire en France puisque les maladies psychiatriques constituent le 2e motif d'arrêt de travail et la 1re cause d'invalidité (3). Une situation que les politiques ne prennent pas non plus totalement en compte sachant qu'en matière de recherche le déficit d'investissement reste trop important. Seulement 2 % du budget de la recherche biomédicale publique et privée contre 20 % pour le cancer (4).

Une présence régulière pour conserver l'indépendance.

Après une longue hospitalisation, Madame P. a bénéficié de ce service pour retourner vivre chez elle. L'équipe soignante a fait appel au SAMSAH pour préparer le retour à domicile et éviter qu'elle ne reproduise son expérience passée ; elle s'était mise en danger, vivant recluse chez elle sans s'alimenter.

Pendant deux mois, il a fallu à Madame P. réapprendre progressivement les actes de la vie quotidienne tout en réaménageant son habitation. Maintenant qu'elle a réintégré son appartement, le SAMSAH continue à l'accompagner dans la réappropriation de son « chez soi » ; il veille à ce qu'elle ne rompe pas avec le suivi médical extérieur et les services indispensables à son maintien à domicile, comme l'aide ménagère ou le portage de repas. Il travaille aussi à faire naître chez elle l'envie et le courage de participer à ses ateliers collectifs pour tisser des liens avec d'autres personnes accompagnées, elles aussi isolées.

Handicap psychique, souffrance psychique?

Le handicap psychique vient reconnaître les incapacités résultantes d'une pathologie mentale avérée, c'est-à-dire diagnostiquée et confirmée. Ces maladies au long cours avec leurs différentes phases (crise, stabilisation et parfois rémission) génèrent des insuffisances et un désavantage que l'on peut définir comme le handicap psychique. Ce handicap ne doit pas être confondu avec le handicap mental, conséquence d'une déficience innée (déficience intellectuelle, maladie génétique, trisomie 21, etc.)

La loi du 11 février 2005 définit le handicap dans son article 2, comme « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie par une personne dans son environnement en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques (...) ».

La prise en compte de la dimension psychique dans cette définition très large du handicap englobe ainsi toutes les personnes souffrant de troubles psychiques avec des répercussions dans les activités quotidiennes (scolarité, formation, activités professionnelles et/ ou activités sociales et citoyennes compromises) et des conséquences sociales (isolement, stigmatisation, risque de marginalisation) accentuées par un diagnostic souvent tardif et une difficulté à comprendre les manifestations de cette souffrance (handicap non visible).

Dès lors, « La recherche d'un état de santé mentale ne se réduit pas à une approche psychiatrique, mais suppose, aussi une approche médico-sociale » explique, Édouard BERTAUD, psychologue à l'œuvre FALRET.

Stéphane LAGOUTIÉRE 

(1) Eur Neuropsychopharmacol 2005 (2) OMS, 2002 : World Health Report (3) Caisse Nationale d’Assurance Maladie, 2004  (5) Instituts de Recherche d’Étude et de Documentation en Économie de la Santé 2003 Etude FondaMental, IRDES,URC Eco Ile de France 2009

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