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Arrivée d'Emmanuel MACRON au palais de l'Elysée lors de la passation de pouvoir le 16 mai 2017Dans une enquête réalisée par Harris Interactive1) un ans après de l’élection d'Emmanuel MACRON en tant que Président de la République, pour la chaine parlementaire LCP. Ce sondage delivre un appercu sur la perception que les français on de cette première année de son quinquennat. Quelle perception ceux-ci ont-ils de la politique menée par Emmanuel Macron depuis le début de son mandat ? Sont-ils satisfaits de cette première année de mandat ? Quelle est leur confiance dans sa capacité à agir dans plusieurs domaines ? Un sentiment pour le moins contradictoire et surtout une baisse de la confiance qui se confirme, même si elle demeure encore légère !

A titre de comparaison Harris Interactive avait déjà réalisé une enquête similaire en novembre dernier, soit 6 mois après l'élection d'Emmanuel Macron, qui venait faire un premier bilan du début de mandat du nouveau Président de la République. De manière générale, on peut noter que le jugement global à l'égard du chef de l'État n'a pas fondamentalement évolué par rapport à novembre 2017, alors même qu'un certain nombre de réformes ont été entamées par le gouvernement au cours des 6 derniers mois. Reste que les mécontentements deviennent de plus en plus nombreux et que les mouvements sociaux et la mobilisation ne cessent de progresser comme la manifestation prévue le 5 mai prochain intitulé la « fête a Macron » auquel s’ajoute un prochain rassemblement prévu pour le 26 mai…

Un peu plus d’un Français sur trois…
Élus avec 24.5 % des voix au premier tour, soit près 20 % des inscrits, le Président Emmanuel MACRON ne réussit pas malgré les dire et les affirmations des grands médias, à réunir ou fédérer autour de lui une majorité des Français. Ils ne sont qu’un peu plus d’un Français sur trois (34%), soit – 1 % en comparaison de novembre 2017, qui exprime leurs satisfactions concernant la première année de ce quinquennat. Une baisse de satisfaction qui s’enregistre également dans ces rangs avec 72 %, contre 76 % lors de son élection. Si les électeurs de François Fillon se montrent partagés (51%), le constat est majoritairement négatif pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (seulement 19% de satisfaits), Benoît Hamon (22%) et Marine le Pen (21%).

Des choix loin d’un consensus…
Un sondage qui démontre également toute l’ambiguïté que porte le Français a l’égard d’Emmanuel MACRON, ou les clivages restent nombreux alors que certains évoquent en premier lieu l'expression de « président des riches ». Nombreux sont les reproches également sur son image qui demeure fortement négative « arrogante », « autoritaire », « menteuse ». À noter que cette image négative ressort également chez les électeurs d'Emmanuel MACRON, car si ces derniers se disent très largement satisfait saluant son « volontaire » pour engager ses réformes, ils sont également plus nombreux à évoquer un style « autoritaire » et une politique en faveur des « riches ».

Des réformes qui elle laisse sceptiques les Français notamment sur la réalité de leur conséquence sur la réduction de la dette publique ou encore de la relance économique et la baisse du chômage. S’ils sont 64% des Français que la taxe d’habitation une « bonne réforme », il n’est pas cependant certains qu’ils comprennent le risque de voir les services publics diminuer contrairement les communes, département et région qui vont voir leur revenu baissé. Le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les quartiers défavorisés (64%) et la réforme des institutions (62%) sont les 3 mesures adoptées depuis le début des quinquennats les plus appréciés des Français.

À l’inverse, la baisse des A.P.L. de 5€ par mois (29% de satisfaction), la réforme de l'ISF (28%) ou encore l'augmentation de la CSG et la baisse des charges (27%) sont les mesures les plus impopulaires. Des réformes soutenues non seulement par l'électorat d'Emmanuel Macron mais aussi par la droite républicaines. L’augmentation de l’A.A.H. ou du minimum vieillesse n’aura que partielles de trente-cinq euros largement insuffisants aux yeux des associations qui continuent surtout à demander la prise en compte du revenu du conjoint pour l’A.A.H.

Une politique en faveur des plus aisés…
Comme en novembre dernier, la politique d'Emmanuel MACRON est majoritairement considérée comme en faveur des plus aisés, d'où la permanence de la référence au « Président des riches », pour 64% des Français. Un chiffre qui atteint 80% ou plus chez les électeurs de Jean-Luc MÉLENCHON, Benoît HAMON et Marine Le PEN estime ainsi que la politique menée par le Président de la République est avant tout favorable aux catégories supérieures, contre 7% pensants qu'elle avantage les classes moyennes, 3% les catégories populaires et 21% qu'elle n'avantage aucune catégorie en particulier. Il est frappant de constater que, par rapport en novembre dernier, les électeurs d'Emmanuel Macron sont davantage convaincus que la politique du chef de l'État favorise les catégories supérieures (52% +10 points).

Une neutralité politique loin de la réalité…
Si Emmanuel MACRON continue à vouloir convaincre d’une politique de rassemblement se refusant au choix d’une politique de « gauche ou de droite », comme le pensent 46% des personnes interrogés, à part égale pour 64 % d’entre eux chez les électeurs d’Emmanuel MACRON et les électeurs de François FILLON. La tendance d’une politique de droite qui reste tout de même majoritaire avec 39% parmi les électeurs de Jean-Luc MÉLENCHON (70%) et Benoît HAMON (72%), contre 7% des Français estimant qu'il s'agit d'une politique de gauche, des résultats proches de novembre 2017.

Une confiance qui diminue…
De manière générale, plus d'un Français sur deux déclare faire confiance à Emmanuel MACRON en matière de politique internationale (52%), mais sa capacité à assurer la sécurité des Français est mise en doute(41%, -8 points par rapport en novembre dernier) et traverse tous les électorats. Par ailleurs, Emmanuel MACRON ne convainc qu'environ, une personne sur quatre de sa capacité à rassembler les Français (25%) retrouvant les chiffres du premier tour des présidentielles ils ne sont également que 27 % à lui faire confiance sur sa promesse de l’augmentation de leur pouvoir d’achat.

Le niveau de confiance sur ces derniers points se dégrade particulièrement auprès des électeurs d'Emmanuel Macron. Si 80% de ceux-ci lui font toujours confiance pour assurer la sécurité en France, cela représente une baisse de 7 points en comparaison à novembre dernier. La confiance dans sa capacité à accroître le pouvoir d'achat (61%) et à rassembler les Français (57%), bien que toujours majoritaires dans son électorat, montre également sur ces deux sujets une baisse de 10 points sur les 6 derniers mois.

Stéphane LAGOUTIERE

Sources : Harris Interactive / LCP

1) Enquête réalisée en ligne les 2 et 3 mai 2018. Échantillon de 1 702 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé.