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2011.12.05.Cinquieme congré mondiale scientifique contre le VIHAu lendemain de la journée mondiale contre le SIDA, les chercheurs sont plus que jamais déterminés à explorer toute piste conduisant à la guérison de l'infection par le VIH. Deux cents d'entre eux se réuniront du six au neuf décembre à Philipsburg (Sin Maarten), pour un séminaire de travail destiné à définir de nouvelles stratégies thérapeutiques contre ce virus. Le slogan retenu pour cette nouvelle journée mondiale du 1er décembre contre le SIDA est clair : « Parvenir à zéro : zéro nouveau cas d'infection, zéro décès dû au VIH, zéro discrimination ».

Ce sont « des objectifs plus qu'ambitieux au regard de la situation actuelle, même à l'horizon annoncé de 2015 », note le Dr Alain Lafeuillade, chef du service de Maladies infectieuses au Centre Hospitalier de Toulon et organisateur de cette manifestation. Actuellement, 34 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde et 7000 nouveaux cas d'infection surviennent chaque jour. En France, l'épidémie poursuit sa course avec, en particulier, une aggravation dans la population homosexuelle où les comportements avec prise de risque ont repris.

Pourtant, « il serait théoriquement possible d'arrêter la pandémie si tous les patients infectés dans le monde recevaient un traitement antirétroviral" déclare le Dr Alain Lafeuillade. Il a en effet été récemment démontré que le fait d'avoir une charge virale plasmatique indétectable sous traitement diminuait de plus de 96 % le risque de transmettre le virus par voie sexuelle à un partenaire non infecté.

Une réalité est plus complexe...

D'abord, dans les pays occidentaux où l'accès aux traitements est garanti par l'assurance-maladie, de nombreuses personnes ne sont diagnostiquées que tardivement, car elles n'ont jamais fait de test de dépistage. On estime ce nombre de séropositifs qui l'ignorent, et de ce fait ne sont pas traités, à 50 000 en France. Selon le Dr Lafeuillade « il faut banaliser la réalisation des tests de dépistage, les sortir du ghetto où ils ont été mis et les considérer comme une démarche diagnostique comme une autre ». Dans ce sens, les TROD (tests rapides d'orientation diagnostiques) qui peuvent être pratiqués hors du milieu médical sont un progrès certain.

Ensuite, dans les pays en voie de développement, moins de la moitié des patients nécessite médicalement, un traitement antirétroviral y a accès, notamment à cause du coût. De plus, comme souvent dans ces pays l'infrastructure nécessaire au suivi des malades traités est déficiente, nombre d'entre eux continue à prendre des traitements devenus inefficaces, sans le savoir, et sont donc contaminant.

Même si l'on parvenait à traiter avec succès tous les séropositifs de la planète et à arrêter ainsi la transmission du VIH, il resterait 34 millions de personnes infectées de façon chronique astreintes à prendre quotidiennement et à vie des antirétroviraux puisque ceux-ci bloquent la multiplication du virus, mais ne guérissent pas la maladie. Les VIH persiste dans des « réservoirs » permettant à l'infection de flamber à nouveau chaque fois que les antirétroviraux sont interrompus.

« Les antirétroviraux ne sont donc pas la solution à long terme à cette pandémie et c'est pourquoi de plus en plus de chercheurs travaillent maintenant sur la mise au point de traitements réellement curatifs" déclare le Dr Lafeuillade. En 2003, avec le Pr Mario Stevenson (Université de Miami, USA) il a constitué un groupe de scientifiques motivés pour progresser sur ce sujet. Huit années plus tard, le groupe est au stade d'écrire des protocoles de recherche visant à éradiquer le VIH.

Le but des chercheurs est avant tout d'obtenir un « contrôle » de la réplication du VIH sans avoir besoin de prendre en permanence des antirétroviraux (guérison fonctionnelle). « De nouvelles stratégies sont devenues indispensables déclare le Dr Lafeuillade, car on se heurte aux limites à long terme des traitements antirétroviraux ». Ces limites incluent des problèmes de toxicité, d'observance, de résistance et de coût économique.

Le groupe qui réunit maintenant plus de 200 chercheurs internationaux se réunira du six au neuf décembre prochain à Philipsburg (Sin Maarten) pour quatre journées intenses de travail. De nombreux chercheurs viennent de l'Institut américain de la santé (NIH) qui a créé en 2010 des lignes budgétaires spécifiques pour la recherche de traitements curatifs du VIH. A noter la présence a cette rencontre de la Pr Françoise Barre-Sinoussi (Paris), prix Nobel de médecine en 2008 pour la découverte du VIH et responsable au sein de la Société Internationale contre le SIDA (IAS) de l'initiative « Towards an HIV Cure ».

« Les 10 premiers jours de décembre vont donc être décisifs et constituer un tournant vers d'autres manières de traiter l'infection par le VIH" comme le précise le Dr Lafeuillade. Selon le chercheur, les antirétroviraux resteront des éléments importants de ces futures stratégies, qui feront aussi appel à des médicaments modifiant le comportement des cellules et à la thérapie génique. »C'est une dynamique scientifique formidable qui s'est mise en place autour du thème de l'éradication et c'est notre devoir d'y parvenir, » rajoute-t-il.

Le « Workshop international sur l'éradication du VIH et de ses réservoirs » est soutenu par le NIH et l'ANRS (Agence nationale française de recherche sur le SIDA). Il réunira du six au onze décembre prochain plus de 210 chercheurs internationaux impliqués dans la recherche d'un traitement curatif du VIH/SIDA.

                                  

 

 

 

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