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Message d'alerte

2011.03.24.Journee-Mondiale-de-la-Turberculose-2011Une maladie avec les dégâts que l'on connaît continu selon l'OMS à faire chaque année près de 1,7 million de morts à travers le monde et touchent plus 6,7 millions de nouveaux cas qui sont répertoriés en 2010. Le partenariat « Halte à la Tuberculose » attire notamment l'attention sur les formes multirésistantes de cette infection. Elles sont en effet, de plus en plus fréquentes. « Entre 2011 et 2015, il y aura plus de deux millions de nouveaux cas de tuberculose multirésistante », préviennent les responsables du partenariat. Ses derniers se fixent un objectif ambitieux pour cette période de quatre ans : « diagnostiquer et traiter un million de patients souffrant de cette forme de la tuberculose ».

Objectif ambitieux certes, mais surtout essentiel, « La tuberculose multirésistante est une menace pour tous les pays, car elle est à la fois difficile et coûteuse à traiter », renchérit le Pr Michel KAZATCHKINE, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. « Si nous ne faisons pas des efforts exceptionnels pour résoudre ce problème, notre capacité à financer et à obtenir régulièrement des progrès sera compromise ».

Des patients souffrant de tuberculose multirésistante qui commence aujourd'hui à ne plus répondre aux traitements antibiotiques de première intention. Ces formes de la maladie ont été responsables en 2008 de 440 000 cas, qui ont entraîné 150 000 décès. Et depuis quelques années, des cas d'ultrarésistantes ont été mis en évidence. Une situation dans ce cas, encore plus grave, car chez ces malades les bacilles tuberculeux résistent même aux antibiotiques de deuxième ligne. Pour autant, la lutte contre la tuberculose a enregistré de beaux progrès. Entre 2002 et 2010, les programmes du Fonds mondial ont permis de traiter 7,7 millions de patients, et de sauver 4,1 millions de malades.

Un combat qui doit être poursuivi y compris en France même si les chiffres confirment une baisse depuis 2009. « En France, l'incidence globale de l'épidémie peut être considérée comme faible : huit cas pour 100 000 habitants et près de 5 5 00 nouveaux cas par an avec (5 276 cas déclarés, en 2009, contre 5 758 cas en 2008 », précise le ministère de la Santé. Des chiffres rassurants selon la Secrétaire d'État, Nora BERRA qui a tenu à rappeler qu'aujourd'hui la maladie se concentre sur les populations fragiles : personnes sans domicile fixe, migrants, détenus et personnes âgées de plus de 75 ans. Cette dernière de préciser « la tuberculose ne frappe pas au hasard. Elle est corrélée au niveau socioéconomique des personnes. Les territoires les plus touchés sont la Guyane 23,9 cas pour 100 000, alors qu'en Ile-de-France 15,8 cas pour 100 000 habitants ».

« Je suis heureux de constater que la collaboration croissante entre les programmes de lutte contre le VIH et contre la tuberculose porte ses fruits. Depuis 2002, le nombre de patients tuberculeux ayant bénéficié du dépistage du VIH a été multiplié par quatre-vingts ». Souligne Michel SIDIBE, Directeur exécutif de l'ONUSIDA. « Toutefois, en cette journée mondiale de lutte contre la tuberculose, je suis inquiet. Nous assistons en effet à l'émergence d'une épidémie de tuberculose pharmacorésistance. L'estimation selon laquelle deux millions de personnes vivant avec le VIH pourraient mourir de la tuberculose d'ici 2015 si aucune action urgente n'est prise donne à réfléchir. (...) Avant de conclure en enjoignant « Les communautés affectées par la tuberculose et le VIH doivent continuer d'intensifier leurs actions conjointes pour déployer rapidement ces services et sauver des vies. Il ne faut pas oublier que le VIH et la tuberculose sont deux maladies distinctes qui peuvent mettre en danger une même vie. L'ONUSIDA est résolu à réduire de moitié d'ici 2015 le nombre des décès dus à la tuberculose chez les personnes vivantes avec le VIH. Je suis convaincu que nous pouvons atteindre cet objectif, et même le dépasser ».

Un nouveau diagnostic prochainement disponible

Chiffre de l'évolution de la Tuberculose dans le monde en 2011Chiffre de l'évolution de la Tuberculose dans le monde en 2009Le nouveau test validé par l'OMS fait lui appel aux technologies modernes d'amplification de l'ADN. Totalement automatisé, il donne des résultats en moins de deux heures, avec des performances bien supérieures à celles de l'examen direct des crachats, selon une étude publiée début septembre dans le prestigieux New England Journal of Medicine. De plus, il permet d'identifier les résistances à la rifampicine, l'un des antituberculeux de référence. La machine, peu encombrante, peut être utilisée de façon itinérante, et par un personnel formé en une journée.

Pour faciliter l'accessibilité à cet outil, la Fondation pour des outils diagnostics nouveaux et novateurs (Find), qui a participé à sa mise au point, a négocié une diminution de 75% des prix avec le fabricant. « Le coût par test sera de l'ordre de 17 dollars pour 2011, mais il pourrait passer sous la barre des 10 dollars d'ici deux ou trois ans », espère le Dr Giorgio Roscigno, directeur général de Find.

Le prix de la machine – qui pourra servir à d'autres diagnostics – est lui de l'ordre de 17.000 dollars. Le test devrait déjà être disponible dans 150 sites dès l'an prochain, selon le directeur de Find. « On ne voulait pas y croire avant d'avoir vu les résultats, c'est un bon premier pas, assure de son côté le Dr Catherine Hewison, spécialiste de la tuberculose à Médecins sans frontières. Nous allons évaluer ce test sur le terrain.» Pour autant, selon cette spécialiste, ce n'est pas encore l'examen idéal. « Les examens de crachats peuvent être négatifs, notamment chez les enfants et dans les formes extrapulmonaires. Ce qui pourrait vraiment changer les choses, c'est un test dans le sang ou les urines », estime-t-elle. Dans le monde, plusieurs équipes s'y sont attelées.

La Rédaction


La Journée mondiale de la santé mentale qui a eu lieu le 10 octobre a pour objectif de sensibiliser l’opinion publique aux problèmes de santé mentale. Cette journée permet de parler plus ouvertement de la maladie mentale et vise à obtenir des investissements en faveur des services et de la prévention. Selon l’OMS 154 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, de troubles mentaux, neurologiques ou comportementaux. Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, a plaidé, dans le présent message, pour « des services de santé mentale au sein des structures de soins primaires, afin de lutter contre les préjugés et les hospitalisations inutiles »..

La santé mentale fait l’objet d’un large éventail d’activités qui relèvent directement ou indirectement du « bien-être », tel qu’il figure dans la définition de la santé établie par l’OMS comme étant « un état de complet bien-être physique, mental et social, et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». La santé mentale englobe la promotion du bien-être, la prévention des troubles mentaux, le traitement et la réadaptation des personnes atteintes de ces troubles.

Dans certains territoires où des conflits armés sévissent depuis des années comme la Palestine, les soignants sont confrontés à la fois à d’énormes besoins en santé mentale et à des patients craignant une forte stigmatisation sociale, comme le souligne Médecins du Monde. En Palestine, « dans le domaine de la santé mentale, nous manquons de professionnels formés et de structures »,. Pour Noorani Khalfan, qui coordonne les programmes en santé mentale de MDM à Naplouse et à Jénine (Cisjordanie). « Nous avons un seul psychiatre pour chacun de nos deux centres spécialisés et comme les besoins sont énormes ici, chacun voit en moyenne 40 à 50 patients par jour, ce qui représente une charge de travail très importante », poursuit-elle.

Malgré tout cinq obstacles fondamentaux peuvent développer les services de santé mentale. Il y a d’énormes inégalités dans la répartition des personnels qualifiés dans le monde. Les pénuries de psychiatres, d'infirmiers spécialisés, de psychologues et de travailleurs sociaux, font partie des principaux obstacles s'opposant aux traitements et aux soins de santé mentale dans les pays à faibles revenus et à revenu intermédiaire. Dans les pays à faibles revenus, on compte 0,05 psychiatre et 0,16 infirmier spécialisé pour cent mille habitants, alors qu'il y en a deux cents fois plus dans les pays à revenu élevé.

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, « Les troubles mentaux contribuent davantage au poids de la maladie et au handicap dans les pays en développement que toute autre catégorie de maladie non transmissible. Et pourtant seule une petite minorité de gens ayant des troubles mentaux dans ces pays a accès au service de santé mentale. Le besoin est énorme et les soins sont inappropriés », a-t-il dit dans un message. « Les gouvernements et les organismes de santé publique, la société civile, les agences multilatérales et les donateurs, doivent s'unir pour rendre cela possible », a-t-il ajouté, soulignant que des traitements efficaces existaient pour toute une série de troubles mentaux. Ban Ki-Moon, appelant les donateurs, a apporté leur soutien au traitement des troubles mentaux dans les pays en développement et chez les plus pauvres.

Toujours selon le Ban Ki-Moon, en raison de ressources humaines et financières limitées, les centres de santé au niveau communautaire doivent être impliqués dans les soins pour les troubles mentaux. En outre, fournir des services efficaces dans ces centres aiderait à réduire le stigmate associé aux troubles mentaux et pourrait empêcher une hospitalisation inutile et la violation des droits de l’homme des personnes ayant des troubles mentaux.

« Une telle stratégie fait sens d’un point de vue économique (…) Les troubles mentaux affectent la capacité des enfants à apprendre et la capacité des adultes à fonctionner dans leurs familles, au travail et dans la société en général. C’est aussi une stratégie en faveur des pauvres. La recherche montre que les troubles mentaux sont concentrés principalement dans les groupes à faibles revenus. La pauvreté et les stress associés, qui comprennent le chômage, la violence, l’exclusion sociale et l’insécurité permanente, sont étroitement liés au déclenchement de troubles mentaux », conclut-il !

La Santé mentale avec Notre Médecin !

F.H.I — Qu’est-ce que la santé mentale ?

Dr Christine Harris :La réponse en elle-même et très vaste, ont cependant dire en résumé que la santé mentale n’est pas simplement l’absence de troubles mentaux. Elle se définit comme un état de bien-être dans lequel chaque personne réalise son potentiel fait face aux difficultés normales de la vie, travaille avec succès de manière productive et peut apporter sa contribution à la communauté.

Dans la plupart des pays et, en particulier, dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, les services de santé mentale manquent cruellement de ressources, humaines comme financières. La plupart des ressources disponibles sont actuellement dépensées pour les traitements et les soins spécialisés des malades mentaux et beaucoup moins pour développer un système de santé mentale intégré. Au lieu de soigner ces troubles dans de grands hôpitaux psychiatriques, les pays devraient intégrer la santé mentale dans les soins de santé primaire, assurer ces soins dans des hôpitaux généralistes et développer des services de santé mentale dans un cadre communautaire.

Il y a encore moins de fonds disponibles pour la promotion de la santé mentale, terme générique recouvrant les diverses stratégies visant à développer les soins de santé mentale. Parmi les stratégies auxquelles on fait appel, on relèvera l’encouragement à développer les ressources et compétences individuelles et l’amélioration du milieu socio-économique.

La promotion de la santé mentale suppose une action plurisectorielle, impliquant un certain nombre d’organismes publics et des organisations non gouvernementales ou communautaires. L’accent doit être mis sur la promotion de la santé mentale tout au long de la vie et la prévention des troubles mentaux à l’âge adulte et pendant la vieillesse

F.H.I — Quels sont les premiers signes des troubles mentaux?

Dr Christine Harris :Un trouble mental ou comportemental se caractérise par une perturbation de la réflexion, de l’humeur ou du comportement qui ne rentre plus dans le cadre des normes ou des croyances culturelles. Dans la plupart des cas, les symptômes s’accompagnent d’une détresse et interfèrent avec les fonctions personnelles. Les troubles mentaux entraînent des symptômes dont s’aperçoivent ceux qui en souffrent ou leurs proches. Parmi eux on observe notamment :

·des symptômes physiques (céphalées, troubles du sommeil par ex.)

·des symptômes émotionnels (tristesse, peur, angoisse par ex.)

·des symptômes cognitifs (difficulté à raisonner normalement, croyances anormales, troubles de la mémoire par ex.)

·des symptômes comportementaux (comportement agressif, incapacité à exécuter les activités de la vie courante, usage abusif de substances, par ex.)

·des troubles de la perception (perception visuelle ou auditive de choses que les autres ne voient ou n’entendent pas par ex.).

La Rédaction