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Session d’ouverture de l’assemblée générale de l’MOS, à Genève, le 14 mai.À partir de demain, de hauts responsables de gouvernement représentant les 53 États membres de la Région européenne de l'OMS se réuniront à Oslo en Norvège, les 17 et 18 avril 2013. Une réunion au sommet afin d'examiner l'impact de la crise économique sur la santé et les systèmes de santé dans la Région. L'autre objectif des participants sera de discuter de diverses mesures, pouvant être pris, et de se faire part mutuellement des enseignements acquis afin de convenir des meilleurs moyens pour les pays, de se préparer pour l'avenir.

Une réunion qui devrait servir à actualiser les bases factuelles présentées lors de la réunion ministérielle d'Oslo intitulée « La santé en période de crise économique mondiale : le point de la situation dans la Région européenne de l'OMS », qui s'est tenue voici exactement quatre ans. Des ministres de la Santé, des représentants d'organisations multilatérales et des experts techniques passeront en revue les bases factuelles les plus récentes, en s'inspirant de l'étude « Santé, systèmes de santé et crise économique en Europe : impact et répercussions sur les politiques » menée par l'Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé avec l'OMS/Europe. Les résultats montrent que les dépenses de santé publique ont diminué dans de nombreux pays depuis 2008.

« En temps de crise, il est encore plus important de protéger le financement des systèmes de santé, étant donné que les besoins sanitaires peuvent augmenter rapidement ; la garantie d'accès aux services de santé est un élément central du filet de sécurité sociale au sens plus large », a déclaré Mme Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe lors d'un discours de présentation. En précisant que l'OMS demandait à tous les gouvernements du continent européen dans le cas d'une politique budgétaire de rigueur « faites-le avec sagesse, et non de manière généralisée, et de protéger les personnes vulnérables pour garantir une couverture universelle des soins de santé. C'est l'essence même de la politique européenne de l'OMS, Santé 2020. Les bases factuelles montrent que des réductions budgétaires inadaptées dans le secteur de la santé peuvent aggraver la situation. En même temps, le secteur de la santé devrait tout mettre en œuvre pour limiter les dépenses inutiles, et veiller à ce que les ressources disponibles soient concentrées sur les services dont la valeur est attestée » à telle conclut !

Un avis soutenu par M. Jonas Gahr Støre, ministre norvégien de la Santé et des Services de soins pour lequel « Nous devons être attentifs à ce que, dans le secteur de la santé, les mesures d'économies n'augmentent pas les inégalités sociales. Notre capacité à repérer les personnes les plus faibles de notre société et à leur accorder la priorité doit être notre principe directeur, tant lorsque l'économie va bien que lorsqu'elle va mal. Dès lors, il est encourageant que beaucoup de pays prennent des mesures pour protéger les groupes vulnérables, de manière à ce que ceux-ci soient moins affectés par la décision d'augmenter les frais à la charge du patient ». Avant de rappeler que la situation économique et actuelle obligera « tous les pays européens devront, dans les prochaines années, prendre de difficiles décisions et établir des priorités pour garantir la viabilité à long terme de nos systèmes de santé. Par conséquent, il est important pour les autorités norvégiennes de la santé de participer à cette conférence et de faire la lumière sur les effets – positifs et négatifs – des changements qui ont été introduits, ce qui nous permettra de prendre des décisions plus éclairées à l'avenir ».

La santé sensible au changement économique...

Même si les données recueillies ont leurs limites, les bases factuelles indiquent que la santé mentale est extrêmement sensible à la récession économique, qui augmente la probabilité de tomber malade et ralentit la guérison. Dans toute l'Union européenne, les suicides de personnes âgées de moins de 65 ans ont connu une hausse depuis 2007, inversant la tendance antérieure.

Tant le chômage que la crainte du chômage sont de puissants facteurs contribuant à cette situation. En outre, l'incidence des maladies infectieuses (telles que l'infection à VIH) a fortement augmenté dans certains des pays les plus touchés, où des coupes budgétaires ont entraîné une atrophie des programmes de prévention (par exemple, pour l'échange de seringues) et des services de traitement au stade initial de la maladie.

Cela démontre à quel point il est important non seulement de protéger, mais aussi de renforcer les services de prévention, pour lesquels la demande augmente durant les périodes de crise économique. De même, il est essentiel, pour éviter une aggravation de l'appauvrissement, de protéger en particulier les personnes pauvres et vulnérables des risques financiers liés à l'accès aux soins, à un moment où leurs besoins augmentent.

En outre, la baisse du revenu des ménages a un impact sur les comportements peu sains, tels que le tabagisme et la consommation nocive d'alcool, même si de nombreux pays signalent un recul de ces comportements dans l'ensemble.

Les bases factuelles indiquent que dans toute la Région européenne de l'OMS, les pouvoirs publics ont consenti d'importants efforts pour atténuer l'effet des coupes budgétaires et protéger l'accès en réduisant le coût des services. Ce faisant, ils ont gagné en efficience. Lors de la réunion de 2013, plusieurs ministres de la Santé de pays touchés par la crise décriront comment les difficultés peuvent être transformées en opportunités pour améliorer l'accès aux soins et la qualité de ces derniers, tout en maîtrisant les coûts.

La Rédaction

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