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Un démineur en passe de désamorcer un engin explosif Rendu public aujourd'hui 29 novembre le 14e rapport annuel de l'Observatoire des mines (conclusion),celui-ci donne en 65 pages une approche globale de l'évolution de la politique de l'interdiction des mines de la contamination, la clairance de victimes, l'assistance aux victimes, et le soutien à l'action antimines depuis l'interdiction signée par le traité d'Ottawa en 1997. Un rapport qui s'il reconnaît que l'utilisation de mines antipersonnel par les gouvernements est a ce jour à son plus bas niveau, avec un seul pays utilisateur en 2012 la Syrie et quatre en 2011, Israël, la Libye, le Myanmar et la Syrie. Reste que si le financement du déminage atteint un niveau-record, l'assistance aux survivants de mines antipersonnel demeure un défi.

Une situation qui évolue, mais qui

Le nombre de gouvernements qui rejettent les mines antipersonnel continue de s'accroître, trois nouveaux pays – la Finlande, le Soudan du Sud et la Somalie ont adhéré au Traité d'interdiction des mines depuis juillet 2011. La succession du Soudan du Sud et l'accession de la Somalie signifient que la totalité des pays de l'Afrique subsaharienne a ratifié le Traité d'interdiction des mines. Dans le monde entier, 160 États sont désormais partis au Traité, soit plus de 80 % de tous les pays.

« Le faible niveau d'utilisation de mines antipersonnel par les États enregistrés cette année, le plus niveau historique du financement du déminage atteint en 2011, et le recul considérable des taux de victimes des mines antipersonnel comparés à celui-ci enregistré il y a une décennie, témoignent des résultats positifs du Traité sur l'interdiction des mines obtenues au cours de ces 15 dernières, et cela, c'est la bonne nouvelle », a déclaré Mark HIZNAY, rédacteur de l'Observatoire des mines 2012. 4 286 nouveaux cas de victimes de restes de mines et d'explosifs de guerre ont été enregistrés en 2011, soit environ 12 victimes par jour, contre 32 victimes par jour en 2001.

Dans certains des pays les plus affectés par les mines antipersonnel et les restes explosifs de guerre, tels que l'Afghanistan, le Cambodge et la Colombie, le rapport fait état de réels progrès dans la réduction du nombre de victimes et la diminution de la souffrance humaine.

Parmi les chiffres à retenir...

Celui qu'en 2011 quatre-vingt-sept États partis ont officiellement déclaré avoir terminé la destruction des stocks, détruisant ainsi plus de 46 millions de stocks de mines antipersonnel. Reste, trois États partis demeurent en violation de l'obligation du Traité de détruire les stocks dans un délai de quatre ans : la Biélorussie, la Grèce et l'Ukraine.

Concernant la destruction, ce sont à ce jour 37 programmes d'action antimines déployés dans le monde entier ont permis de détruire plus de 325 000 mines antipersonnel et près de 30 000 mines antivéhicules, libérant ainsi plus de 190 km2 de territoire.

À noter aussi que 19 États partis au total ont fait état de leur obligation de déminer des zones contenant des mines antipersonnel. Sur les 45 autres États partis qui ne se sont pas acquitté de leurs obligations, 27 d'entre eux se sont vus accorder au moins une période d'extension des délais.

Des moyens qui ne sont pas à la hauteur des enjeux :

Toutefois, le rapport met aussi en évidence les nouveaux défis à relever, y compris une augmentation significative du nombre de victimes dans des pays comme la Libye, le soudan, le soudan du Sud et la Syrie, ainsi qu'une baisse du financement international des projets d'assistance aux victimes, et l'utilisation de mines antipersonnel par des groupes armés non étatiques dans six pays, soit quatre pays supplémentaires que dans le rapport précédent.

De plus, le nombre élevé de demandes continuelles des États parties au Traité d'interdiction des mines d'extension des délais pour le déminage demeure un sujet de grave préoccupation. Le financement tant international que national destiné aux actions antimines en 2011 a constitué le plus important montant jamais enregistré avec environ 662 M$ US, soit 25 millions M$ de plus qu'en 2010.

Malgré ce montant record, le financement destiné à l'assistance aux victimes a reculé de 30% par rapport à 2010, soit le plus bas niveau depuis que l'Observatoire des mines a commencé à enregistrer ce type de financement en 2007.

« Alors que le pourcentage annuel de nouvelles victimes a beaucoup diminué au cours de la dernière décennie, le nombre total de survivants ayant besoin d'une assistance aux victimes a continué d'augmenter dans le monde année après année », a souligné M. HIZNAY.

« Mais il faut tenir la promesse du Traité qui consiste à défendre de manière appropriée les droits des centaines de milliers de survivants et de répondre à leurs besoins. Et cela continue après que les stocks de mines antipersonnel aient été détruits et que le déminage ait été achevé ».

Une situation qui préoccupe l'ONG Handicap et son directeur Jean-Marc Boivin, pour lequel « L'ensemble des États bailleurs concèdent 23 M$ pour venir en aide aux 500 000 survivants, à leur famille et à leur communauté, ce qui est extrêmement faible et insuffisant ! Je voudrais rappeler au gouvernement français que l'assistance aux victimes est un engagement des États partis et ne relève pas d'une quelconque mansuétude de sa part. »

Un chemin encore long...

« Malgré les importants progrès réalisés au cours de ces 15 dernières années en vue d'obtenir un monde sans mines antipersonnel, l'élimination de l'impact quotidien des mines sûr d'innombrables communautés, nécessitera un effort international soutenu pendant les années à venir », a conclu M. HIZNAY.

Prochain lieu de négociation...

Organisée du 3 au 7 décembre 12e Assemblée des États parties au Traité d'interdiction des mines qui se tiendront au siège des Nations Unies à Genève et auquel participera l'ONG Handicap International. une occasion d'interpeller les gouvernements présents sur leurs responsabilités et d'appeler au respect des obligations du traité, et d'appeler la France à déployer les moyens à la hauteur des enjeux. Mais aussi avec la présence des Ban Advocates1 qui par leur intervention et mettre les États face aux conséquences dramatiques des mines et restes explosifs de guerre.

Stéphane LAGOUTIERE

 14e rapport annuel de l'Observatoire des mines (Anglais)

 1 Les «Ban Advocates» sont des survivants d’accidents de mine ou de sous-munitions qui plaident auprès des gouvernements pour l’interdiction de ces armes et l’entière application des droits des victimes. Le groupe est aujourd’hui constitué de 30 victimes issues de huit pays contaminés (Afghanistan, Ethiopie, Irak, Kosovo, Laos, Liban, Serbie, Vietnam). Ce projet a été initié par Handicap International en septembre 2007 en Serbie. Depuis, l’association soutient chaque année leurs initiatives.

 

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