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bulletin-de-paieL'Organisation internationale du Travail (OIT) à publier son nouveau rapport (synthèses) sur l'état des salaires dans le monde. L'étude, intitulée «Rapport mondial sur les salaires 2012/13: salaires et croissance équitable», a été présenté officiellement aujourd'hui, 7 décembre. Un rapport qui met notamment la baisse des salaires en d'autre terme la part des profits a tendance de plus en plus a allé "aux profits, et moins aux salariés". Des salaires jouent sans aucun doute un rôle capital dans les conditions de travail et d'emploi au niveau des entreprises.

En tant que coût pour les employeurs et principale source de revenu pour les travailleurs, ils peuvent être une source potentielle de conflit et sont donc devenus le principal objet de négociation collective dans le monde entier. Les salaires peuvent en outre constituer une source majeure de discrimination et de paupérisation dès lors qu'aucun plancher décent n'est garanti pour les travailleurs.

Sur le plan économique, ils représentent une part importante des coûts de main-d'œuvre et sont un facteur de compétitivité essentiel pour les entreprises, qu'il convient d'analyser, notamment au regard de leur interdépendance avec d'autres facteurs économiques essentiels tels que l'emploi, la productivité et les investissements.

Tous ces facteurs provoquant souvent un mécontentement populaire et augmentant le risque de troubles sociaux, affirme l'Organisation internationale du Travail (OIT). ont poussé les États, ainsi que les représentants des employeurs et des travailleurs, à réexaminer leurs politiques en matière de salaires, à entreprendre des réformes cruciales dans ce domaine ou à envisager de nouvelles démarches nécessitant l'appui de l'OIT.

«Cela a influé sur les perceptions de ce qui est juste, surtout compte tenu des rémunérations exorbitantes que touchent certains dirigeants d'entreprise», constate Patrick Belser, l'un des coauteurs du Rapport mondial sur les salaires 2012/13. Pour le dire simplement, davantage du gâteau national est allé aux profits, et moins aux salariés. Dans bien des cas, cela a affecté l'économie en étouffant la demande ou en entraînant un endettement insupportable des ménages. Des preuves récentes montrent que cette tendance se poursuit depuis des décennies, contrairement aux hypothèses formulées précédemment.

Dans 16 économies développées, la part moyenne du travail est tombée de 75 % du revenu national au milieu des années 1970 à 65 pour cent dans les années qui ont précédé la crise. Elle a ensuite quelque peu rebondi pour décliner à nouveau après 2009. Dans un groupe de 16 pays émergents ou en développement, cette part a diminué, passant de 62 pour cent du PIB au début des années 1990 à 58 pour cent juste avant la crise. Même en Chine, où les salaires ont triplé au cours de la décennie écoulée, la part du revenu national qui revient aux salariés a baissé.

Un Fossé "considérable"

On pourra regretter le fait que l'OIT ne donne aucun chiffre de salaire horaire pour la Chine, mais seulement une indication émanant du bureau du département du Travail américain. Selon lui, le coût total de la rémunération horaire dans le secteur manufacturier a été estimé à 1,36 $ (chiffre 2008). L'OIT révèle uniquement, dans le cas chinois que les salaires dits urbains ont augmenté en moyenne à des taux annuels à deux chiffres durant toute la dernière décennie. Un envol qui « suscite des questions concernant l'éventuelle fin de la "main-d'oeuvre bon marché" en Chine », souligne l'Organisation.

Néanmoins, si les pays émergents ont comblé une partie de leur retard, le fossé reste encore considérable par rapport aux pays industrialisés. Aux Philippines, le salaire horaire manufacturier est de 1,40 $. Il est de 5,4 $ au Brésil. Proche des 7,2 $ au Portugal, et loin des 21 $ de la France.

La réduction du coût du travail : un mirage a moyen terme

Réduire les coûts du travail pour stimuler la compétitivité sur le marché de l'export semble être une option de plus en plus séduisante pour les pays frappés par la crise, mais rien ne garantit que cela évite la stagnation économique ou le déficit actuel de la balance des transactions courantes (quand les pays importent davantage qu'ils n'exportent, y compris les services et les capitaux). Et, même si des politiques de ce type sont attrayantes au niveau national, elles seraient intenables à l'échelle mondiale.

«Alors qu'à titre individuel chaque pays pourrait en principe accroître la demande pour ses biens et services en exportant davantage, tous les pays ne peuvent le faire en même temps», rappelle Sangheon Lee, autre coauteur du rapport. Ce qu'il faut, c'est que les pays restaurent une corrélation plus étroite entre salaires et productivité: c'est à la fois une question d'équité et de croissance économique durable.

Stéphane LAGOUTIÉRE

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