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Marie-Arlette CARLOTTI dans son bureau a Paris À mi mi-parcours de la semaine pour l'emploi des personnes handicapées, nous avons interrogé Mme Marie Arlette CARLOTTI plus de six mois après son arrivé a ce ministère en charge des personnes handicapées et de l'exclusion.

Une manifestation auquel la ministre sera très présente, aujourd'hui même elle assistera a la première conférence parlementaire qui aura lieu sur le thème de l'emploi et du handicap et organisée par l'ancien député Mme Martine CARRILLON-COUVREUR désormais présidente du Conseil national consultatif des personnes handicapées. 

Une semaine qui se déroule avec un taux de chômage record de 22 % pour lequel malheureusement pas vraiment d'explication nous sont donnée. Les emplois d'avenir et autres solutions mis en place par ce nouveau gouvernement sera-t-elle suffisante ? Voici ce que nous a répondu Mme la Ministre.

FHI --- Avec un chômage en progression constant depuis 20 ans et taux record de 22 % et + 13,9 % en 2011, comment expliquez-vous l'échec des différents gouvernements ?

Marie-Arlette CARLOTTI : Ces chiffres sont évidemment désolants. Les personnes handicapées ont un taux de chômage équivalant au double de celui de la population valide. L'année dernière, il a augmenté beaucoup plus fortement que l'augmentation moyenne du chômage. Pour les entreprises en période de crise, l'embauche des travailleurs handicapés est plus difficile qu'en période de croissance.

FHI --- Emploi d'avenir oui, mais croyez-vous que cela puisse être l'unique solution ?

Marie-Arlette CARLOTTI : Trop de jeunes de notre pays n'ont pas accès au monde du travail. Les emplois d'avenir constituent une première expérience professionnelle et une chance d'acquérir une qualification.
Les emplois d'avenir reposent sur une ambition collective et mobilisatrice : offrir une véritable insertion professionnelle à des jeunes peu ou pas qualifiés. Ce programme aura un impact tout à fait considérable. Ce sont 100.000 jeunes chômeurs qui vont trouver un emploi dans les prochains mois et ensuite 150.000 par an. Nous avons fait inscrire un volet handicap dans ce dispositif. De nombreux jeunes handicapés qui pourront être recrutés jusqu'à l'âge de 30 ans (au lieu de 25 ans pour les autres jeunes). Avec ces emplois d'avenir, nous disons aux jeunes que la société ne les abandonne pas.

FHI --- L'AGEFIPH a cette année 25 ans d'existence, avec de 17.7 % à quota 0 et 31 % a moins de 4 %, pensez qu'ils soient possibles de parler de réussite et voyer-vous des reformes dans son organisation ?

Marie-Arlette CARLOTTI : L'emploi des personnes handicapées dans les entreprises augmente trop lentement mais il augmente régulièrement. Et l'action de l'AGEFIPH y est pour beaucoup. Sensibiliser des dizaines de milliers de petites entreprises à la question du handicap est un travail de longue haleine et l'AGEFIPH y consacre une énergie considérable dont je reconnais les résultats positifs. Il faut continuer ce travail en le concentrant sur les personnes dont le handicap représente un vrai frein à l'embauche ou au maintien dans l'emploi.

FHI --- Tous les gouvernements successifs ont toujours mis en avant le manque de formations chez les travailleurs handicapés, le défaut de scolarisation et le manque d'AVS et moins 0,5 feront des études supérieur. Ne sont-ils pas responsable de cette situation ?

Marie-Arlette CARLOTTI : L'insertion en milieu ordinaire est l'un des objectifs que je poursuis au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Cette question doit donc être posée dans toute sa complexité, il s'agit ici de toucher à la fois à la scolarisation, à l'accès à la formation et à l'enseignement supérieur.

Pour les enfants et adolescents en situation de handicap, j'ai lancé le 16 octobre dernier avec ma collègue George Pau-Langevin, un groupe de travail sur la professionnalisation du métier d'accompagnant qui rendra ses travaux en 2013. Dès septembre, nous avons pris des mesures d'urgence avec 1.500 AVS supplémentaires.

Pour les étudiants en situation de handicap, seulement 11.000 d'entre eux accèdent à l'enseignement supérieur. C'est bien trop peu ! Il faudra changer cela rapidement.

Un rapprochement entre les universités et les entreprises est également nécessaire, afin de mieux anticiper l'entrée dans le monde du travail, il permettra aussi à l'entreprise de se préparer à accueillir les travailleurs en situation de handicap de façon plus qualitative. La charte Universités/handicap intègre cet engagement. En parallèle, de nombreuses grandes entreprises, soucieuses de recruter des professionnels d'un niveau élevé de qualification, font largement connaitre leurs offres ; cela s'accompagne parfois de formes innovantes d'aide à l'étudiant handicapé.

FHI --- Avec une moyenne en baisse, en 2012 située à 4,2 % pour les trois fonctions publiques au-dessous du secteur privé, comment expliquez-vous que l'État n'a pas été le premier à donner l'exemple ?

Marie-Arlette CARLOTTI : Historiquement, l'Etat a été le premier à donner l'exemple puisque les premières législations sur le handicap avaient pour objectif de reclasser dans les administrations les blessés et invalides de guerre sur ce qu'on appelait les emplois réservés. L'Etat avait sans doute le sentiment d'avoir fait son devoir. Avec la loi de 2005, toutes les administrations ont la même obligation d'emploi de personnes handicapées que les entreprises et elles sont soumises aux mêmes pénalités. Je vous précise que les modalités spécifiques pour le recrutement de fonctionnaires handicapés sont efficaces et que les recrutements s'améliorent. D'autre part, les administrations ont une tradition de maintien dans l'emploi plus forte que les entreprises.

FHI --- Pour conclure, la 16e édition de la semaine pour l'emploi des travailleurs handicapés aura lieu du 12 au 16 novembre, pensez-vous que celle-ci joue encore son rôle d'instigateur ? Certains ne voyant qu'un rendez-vous marketing pour les grandes entreprises.

Marie-Arlette CARLOTTI : Bien entendu, cette semaine pour l'emploi des personnes handicapées conserve tout son rôle d'incitation au recrutement de travailleurs handicapés. Elle donne lieu à des centaines de manifestations sur tout le territoire, elle permet la rencontre de milliers de candidats à l'emploi avec des milliers d'employeurs potentiels. Pas seulement dans les grands groupes mais aussi dans beaucoup de TPE et PME. Et si les grands groupes se mobilisent pour l'emploi des personnes handicapées, nous ne pouvons que nous en féliciter.

Interview réalisé le 14 Novembre 2012
Par Stéphane LAGOUTIERE

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