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Une fois de plus l'AGEFIPH a les moyens de la communication, qu'elle veut se donner, lesquels ? Peut-être pas toujours celle que l'on pourrait en attendre ! Quant aux réponses si personne ne conteste le bien-fondé du bilan relativement auditif que 20 ans corps être cette 14e édition de la semaine pour l'emploi. Beaucoup de travailleurs ne comprennent pas les facilités toujours accordées aux employeurs ou branches professionnelles récalcitrantes. La Presse et ses contradictions, mais la encore son directeur refusera toute précision, nous confiant les chiffres qui les sont les siens et toujours très difficile de contrôle ! Et des contributions qui selon lui continuent à être payées par les entreprises alors que certaines entreprises affirment elles même le contraire ! François ATGER, d'ailleurs de préciser que la préférence des entreprises a la contribution ne sont que des idées reçues, le constat et la lui et incontestable, le chômage des personnes handicapées représente encore 20,2 % soit deux plus que chez les demandeurs d'emploi valide ? À vous de voir !

François ATGER Directeur de lAGEFIPH©AGEFIPH
François ATGER Directeur Général de l'AGEFIPH

FHI — Alors que la semaine pour l'emploi bat son plein et 14 ans après sa création en 1997, vos objectifs ont-ils atteint avec les autres partenaires ?

François ATGER — L'Agefiph coordonne avec l'Adapt et le FIPHFP la 13e et 14e Semaine pour l'emploi des personnes handicapées. En 2009, ses équipes ont organisé 341 évènements de nature multiple (forums emploi, portes ouvertes dans des centres de formation, tables rondes, ateliers de recherche d'emploi et de coaching ...) qui ont enregistré la participation cumulée de plus de 10 000 personnes handicapées et plus de 5 000 entreprises.

Témoignant ainsi de leur forte implication. 2 200 binômes ont été mis en place dans le cadre de »Un Jour, un métier en action © », qui permet aux demandeurs d'emploi en recherche d'orientation de découvrir un métier à exercer, soit 47 % de progression par rapport à 2008.

120 000 pages ont été vues sur www.handichat.fr. Trois fois plus qu'en 2008 ! Avec 18 000 visiteurs uniques et 53 heures de programmes traduits en LSF, la web-TV Handichat a permis aux internautes de poser 4 220 questions et de déposer 3 394 CV en direction des 45 entreprises participant aux chats. 4 000 internautes se sont connectés au chat associant Jamel Debbouze et Pierre Blanc, directeur général de l'Agefiph.

Succès sur internet, mais également sur le terrain avec plus d'une dizaine d'ateliers Handichat qui ont permis à des personnes ne disposant pas d'ordinateur ou peu familiers d'internet de participer.

Souhaitons que la cuvée 2010 soit à la hauteur de celle de l'an dernier. Cette année nous expérimentons un nouvel événement dans cinq villes françaises (Lyon, Lille, Paris, Montauban, Rouent): Job studio qui propose aux journalistes de découvrir les parcours vers un entretien d'embauche de 60 demandeurs d'emploi qui ont pour objectif de valoriser les qualités personnelles et développer les compétences professionnelles des demandeurs d'emploi handicapés en amont de la phase d'embauche.

Le Job studio, qui fait se rencontrer dans l'action, des personnes handicapées et des entreprises, se veut un véritable vecteur de médiatisation de l'insertion.

FHI — Aujourd'hui encore bon nombre d'entreprises publique ou privée ont du mal à concevoir la personne handicapée en tant que travailleur, que répondez-vous à cela ?

François ATGER — C'est un classique ! L'histoire de la bouteille à moitié pleine et à moitié vide... Considérons d'abord les résultats de l'année dernière : fin 2009 le nombre de demandeurs d'emploi handicapés avait augmenté, pour la première fois dans une crise, deux fois moins vite que l'ensemble des publics (+10 % contre +20 % respectivement). Parallèlement, l'effort de formation global en faveur des demandeurs d'emploi handicapés a crû de 4 %, alors qu'il a accusé une baisse de 5 % pour les demandeurs d'emploi en général.

Enfin, dans une période marquée par la destruction d'emplois, le nombre de personnes handicapées employées dans les entreprises qui n'atteint pas le quota de 6 %, contributrices à l'Agefiph, a crû de 10,3 % hors sous-traitance.

Ainsi, pour la première fois dans une crise, l'action de l'Agefiph, accompagnant l'impact de la loi de 2005 et venant en complément de l'action de l'État en matière d'emploi dans la même période, a produit un effet positif historiquement inédit sur le marché du travail.

FHI — Cette année encore bon nombre de conventions avec votre organisme ont été signées, n'est-elle pas un moyen d'échapper à l'augmentation des contributions comme cela semble le cas dans le privé ?

François ATGER — La signature d'une convention avec l'Agefiph n'exonère en aucun cas du versement de la contribution due à l'Agefiph, ce qui n'est pas le cas des accords que les employeurs peuvent conclure avec les partenaires sociaux. Une convention de politique d'emploi conclue avec l'Agefiph permet aux entreprises qui le souhaitent d'être accompagnées dans la mise en place d'une stratégie et de moyens cohérents et efficaces pour progresser dans la voie de l'emploi des personnes handicapées. 35 nouvelles entreprises sur l'ensemble du territoire se sont engagées avec l'Agefiph cette année dans cette voie.

Ces conventions, qui ne peuvent être reconduites qu'une seule fois, sont soumises à une évaluation rigoureuse et leurs résultats sont mesurés. Elles mettent en œuvre une grande variété d'actions (recrutement, maintien, information, sensibilisation, formation des acteurs de l'entreprise, formation des personnes handicapées, parcours professionnels, actions vers le milieu protégé) et trouvent leur originalité dans une prise en compte précise des contextes, spécificités et particularités de chacune des entreprises pour construire des projets adaptés à leurs besoins, ce qui est rendu possible par les modes d'interventions, exigeants, mais souples, de l'Agefiph en la matière.

FHI — Aujourd'hui encore plus d'un quart des entreprises françaises préfère s'acquitter de la contribution plutôt que de l'embauche, auquel s'ajoute un quart a moins de 3 %. Comment expliquez-vous cette situation ?

François ATGER — Soyons précis, et sortons des idées reçues. Si, selon les derniers chiffres que vient de publier l'État (DARES) pour l'année 2008, 248 000 salariés handicapés sont occupés dans les établissements privés assujettis, ce qui représente une progression de 8,1 %, il reste que 43 % des établissements assujettis à l'obligation d'emploi contribuent encore à l'Agefiph.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous enregistrons un progrès de 2 % par rapport à 2007. 18 % des entreprises assujetties étaient en en 2008 à « quota zéro » (c'est-à-dire n'employant aucune personne handicapée, et ne faisant pas appel à la sous-traitance).

Ces entreprises, au nombre de 25 000 en 2007, était exposé au risque de devoir, si elles n'entreprenaient aucune action positive, verser en 2010 une contribution à l'Agefiph égale à 1500 fois le SMIC horaire par salarié handicapé manquant au quota. L'enjeu est de leur faire faire un premier pas dans la voie de l'emploi des personnes handicapées. Grâce à une campagne volontariste, conçue et pilotée par l'Agefiph,

Ces entreprises ont toutes été contactées, et 86 % d'entre elles ont bénéficié d'un diagnostic de leurs possibilités de contribuer concrètement à l'emploi des personnes handicapées. Les effets de cette action au début de l'année 2010 ont été mesurés : près des 2/3 de ces entreprises étaient sorties du « quota zéro ».

FHI — Il y a aujourd'hui un secteur comme celui de la presse (écrite, audiovisuel ou radiophonique) qui n'embauche aucun travailleur handicapé a 90 %. Cela ne vous pose-t-il pas certaines interrogations notamment quand il s'agit du secteur public ?

François ATGER — Les branches professionnelles s'engagent de plus en plus nombreuses sur le champ conventionnel, ce qui représente un atout indéniable par la « force de frappe » qu'elles représentent pour atteindre plus d'entreprises, petites et grandes. Le constat d'un faible quota dans telle ou telle branche nous invite davantage à l'action et à un travail de conviction auprès des employeurs qu'aux interrogations.

FHI — L'État vient d'annoncer dans la loi de finances 2011 sa décision de ponctionner l'AGEFIPH de 60 M€ en deux ans, n'y a-t-il pas la une contradiction avec ses objectifs a l'emploi ?

François ATGER — Notre Conseil d'administration a pris connaissance de l'article 97 de la loi des finances au moment de sa publication au Journal officiel. Il a exprimé le regret à cette occasion que cette disposition n'ait pas fait l'objet d'une concertation préalable. C'est après un examen précis et concret des conditions de mise en œuvre des transferts de charges qu'il contient qu'il déterminera sa position.

FHI — L'État n'a-t-il pas une part importante dans le taux de chômage des travailleurs handicapés et notamment dans le domaine de la scolarité où nombreux sont encore ceux qui ne peuvent avoir une scolarité faute d'AVS ?

François ATGER — Comme vous le savez, l'Agefiph n'est compétente ni pour intervenir dans le secteur public, ni pour commenter, l'action de l'État et des employeurs publics quant à leurs politiques d'emploi.

FHI — En comparaison de 1997, le profil du travailleur handicapé a-t-il évolué et quelle évolution peut-il avoir dans notre société ?

François ATGER — Depuis 1997, le profil global de la population des demandeurs d'emploi handicapés a relativement peu évolué : plus masculin, plus âgé, moins formé, et au chômage depuis plus longtemps. 57 % sont des hommes, contre 50 % pour l'ensemble des demandeurs d'emploi. 38 % ont 50 ans et +, contre 18 % pour l'ensemble des demandeurs d'emploi. 79 % sont de niveau inférieur au bac, contre 59 % pour l'ensemble des demandeurs d'emploi. 53 % sont chômeurs de longue durée (>= 1 an) 37 % pour l'ensemble des demandeurs d'emploi.

Ces caractéristiques rejoignent celles de la population handicapée en âge de travailler dans son ensemble dont le taux de chômage s'établit à 19 %, contre 8 % pour l'ensemble de la population. Les raisons sont multiples : le handicap, dans la très grande majorité des cas, survient au cours de la vie et non à la naissance et prend des proportions grandissantes plus on monte dans l'échelle des âges.

Il frappe les personnes qui connaissent des conditions de vie et de travail relativement plus dures, voire plus dangereuses. Le retard pris par la société dans l'emploi, la scolarisation et la formation des personnes handicapées explique le reste.

FHI — Après le vote de la réforme des retraites, estimez-vous que celle-ci corresponde aux difficultés et aux besoins des personnes handicapées ? (Élargissement de l'accès à la retraite anticipée, pénibilité, maladie...)

François ATGER — Il n'appartient pas à l'Agefiph de commenter les tenants et aboutissants de cette réforme. Cependant nous percevons bien qu'elle aura un effet sur l'emploi des personnes handicapées en termes quantitatifs : comme nous l'avons vu, la prévalence du handicap augmente avec l'âge. Cette loi met donc mécaniquement l'accent sur l'accompagnement nécessaire des personnes handicapées en recherche d'emploi, mais aussi en emploi.

FHI — Pour conclure sans vouloir me répéter, mais qu'attendez-vous réellement et concrètement de cette nouvelle édition et notamment de nouvelle manifestation organisée cette année ?

François ATGER — La Semaine de l'emploi est un temps fort chaque année qui permet d'attirer l'attention du grand public sur les enjeux de notre action. C'est pourquoi chaque année, avec toutes les bonnes volontés qui se manifestent, nous mettons toute notre mobilisation dans sa réussite. Mais nous ne nous berçons pas d'illusions : une semaine, fût-elle médiatique, est une pierre dans l'édifice qu'il faut construire. C'est pas à pas, tous les jours avec une opiniâtreté confiante dans les possibilités d'avancées que les progrès se feront et se font déjà sentir.

Interview réalisé à Paris le 20 novembre
Par Stéphane Lagoutiére




















































2010. 11. 20 --- Une fois de plus l’AGEFIPH a les moyens de la communication, qu'elle veut se donner, lesquels ? Peut-être pas toujours celle que l'on pourrait en attendre ! Quant aux réponses si personne ne conteste le bien-fondé du bilan relativement auditif que 20 ans corps être cette 14e édition de la semaine pour l'emploi. Beaucoup de travailleurs ne comprennent pas les facilités toujours accordées aux employeurs ou branches professionnelles récalcitrantes. La Presse et ses contradictions, mais la encore son directeur refusera toute précision, nous confiant les chiffres qui les sont les siens et toujours très difficile de contrôle ! Et des contributions qui selon lui continuent à être payées par les entreprises alors que certaines entreprises affirment elles même le contraire ! François ATGER, d’ailleurs de préciser que la préférence des entreprises a la contribution ne sont que des idées reçues, le constat et la lui et incontestable, le chômage des personnes handicapées représente encore 20,2 % soit deux plus que chez les demandeurs d’emploi valide ? À vous de voir !

FHI —Alors que la semaine pour l’emploi bat son plein et 14 ans après sa création en 1997, vos objectifs ont-ils atteint avec les autres partenaires ?

François ATGER —L’Agefiph coordonne avec l’Adapt et le FIPHFP la 13e et 14e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. En 2009, ses équipes ont organisé 341 évènements de nature multiple (forums emploi, portes ouvertes dans des centres de formation, tables rondes, ateliers de recherche d’emploi et de coaching …) qui ont enregistré la participation cumulée de plus de 10 000 personnes handicapées et plus de 5 000 entreprises. Témoignant ainsi de leur forte implication. 2 200 binômes ont été mis en place dans le cadre de »Un Jour, un métier en action© », qui permet aux demandeurs d’emploi en recherche d’orientation de découvrir un métier à exercer, soit 47 % de progression par rapport à 2008.

120 000 pages ont été vues sur www.handichat.fr. Trois fois plus qu’en 2008 ! Avec 18 000 visiteurs uniques et 53 heures de programmes traduits en LSF, la web-TV Handichat a permis aux internautes de poser 4 220 questions et de déposer 3 394 CV en direction des 45 entreprises participant aux chats. 4 000 internautes se sont connectés au chat associant Jamel Debbouze et Pierre Blanc, directeur général de l’Agefiph. Succès sur internet, mais également sur le terrain avec plus d’une dizaine d’ateliers Handichat qui ont permis à des personnes ne disposant pas d’ordinateur ou peu familiers d’internet de participer.

Souhaitons que la cuvée 2010 soit à la hauteur de celle de l’an dernier. Cette année nous expérimentons un nouvel événement dans cinq villes françaises (Lyon, Lille, Paris, Montauban, Rouent): Job studio qui propose aux journalistes de découvrir les parcours vers un entretien d’embauche de 60 demandeurs d’emploi qui ont pour objectif de valoriser les qualités personnelles et développer les compétences professionnelles des demandeurs d’emploi handicapés en amont de la phase d’embauche. Le Job studio, qui fait se rencontrer dans l’action, des personnes handicapées et des entreprises, se veut un véritable vecteur de médiatisation de l’insertion.

 

FHI —Aujourd’hui encore bon nombre d’entreprises publique ou privée ont du mal à concevoir la personne handicapée en tant que travailleur, que répondez-vous à cela ?

François ATGER —C’est un classique ! L’histoire de la bouteille à moitié pleine et à moitié vide…Considérons d’abord les résultats de l’année dernière : fin 2009 le nombre de demandeurs d’emploi handicapés avait augmenté, pour la première fois dans une crise, deux fois moins vite que l’ensemble des publics (+10 % contre +20 % respectivement). Parallèlement, l’effort de formation global en faveur des demandeurs d’emploi handicapés a crû de 4 %, alors qu’il a accusé une baisse de 5 % pour les demandeurs d’emploi en général. Enfin, dans une période marquée par la destruction d’emplois, le nombre de personnes handicapées employées dans les entreprises qui n’atteint pas le quota de 6 %, contributrices à l’Agefiph, a crû de 10,3 % hors sous-traitance. Ainsi, pour la première fois dans une crise, l’action de l’Agefiph, accompagnant l’impact de la loi de 2005 et venant en complément de l’action de l’État en matière d’emploi dans la même période, a produit un effet positif historiquement inédit sur le marché du travail.

FHI —Cette année encore bon nombre de conventions avec votre organisme ont été signées, n’est-elle pas un moyen d’échapper à l’augmentation des contributions comme cela semble le cas dans le privé ?

François ATGER —La signature d’une convention avec l’Agefiph n’exonère en aucun cas du versement de la contribution due à l’Agefiph, ce qui n’est pas le cas des accords que les employeurs peuvent conclure avec les partenaires sociaux. Une convention de politique d’emploi conclue avec l’Agefiph permet aux entreprises qui le souhaitent d’être accompagnées dans la mise en place d’une stratégie et de moyens cohérents et efficaces pour progresser dans la voie de l’emploi des personnes handicapées. 35 nouvelles entreprises sur l’ensemble du territoire se sont engagées avec l’Agefiph cette année dans cette voie.

Ces conventions, qui ne peuvent être reconduites qu’une seule fois, sont soumises à une évaluation rigoureuse et leurs résultats sont mesurés. Elles mettent en œuvre une grande variété d’actions (recrutement, maintien, information, sensibilisation, formation des acteurs de l’entreprise, formation des personnes handicapées, parcours professionnels, actions vers le milieu protégé) et trouvent leur originalité dans une prise en compte précise des contextes, spécificités et particularités de chacune des entreprises pour construire des projets adaptés à leur besoins, ce qui est rendu possible par les modes d’interventions, exigeants, mais souples, de l’Agefiph en la matière.

 

FHI —Aujourd’hui encore plus d’un quart des entreprises françaises préfère s’acquitter de la contribution plutôt que de l’embauche, auquel s’ajoute un quart a moins de 3 %. Comment expliquez-vous cette situation ?

François ATGER —Soyons précis, et sortons des idées reçues. Si, selon les derniers chiffres que vient de publier l’État (DARES) pour l’année 2008, 248 000 salariés handicapés sont occupés dans les établissements privés assujettis, ce qui représente une progression de 8,1 %, il reste que 43 % des établissements assujettis à l’obligation d’emploi contribuent encore à l’Agefiph. Nous enregistrons un progrès de 2 % par rapport à 2007. 18 % des entreprises assujetties étaient en en 2008 à « quota zéro » (c’est-à-dire n’employant aucune personne handicapée, et ne faisant pas appel à la sous-traitance). Ces entreprises, au nombre de 25 000 en 2007, étaient exposées au risque de devoir, si elles n’entreprenaient aucune action positive, verser en 2010 une contribution à l’Agefiph égale à 1500 fois le SMIC horaire par salarié handicapé manquant au quota. L’enjeu est de leur faire faire un premier pas dans la voie de l’emploi des personnes handicapées. Grâce à une campagne volontariste, conçue et pilotée par l’Agefiph,

Ces entreprises ont toutes été contactées, et 86 % d’entre elles ont bénéficié d’un diagnostic de leurs possibilités de contribuer concrètement à l’emploi des personnes handicapées. Les effets de cette action au début de l’année 2010 ont été mesurés : près des 2/3 de ces entreprises étaient sorties du « quota zéro ».

 

FHI —Il y a aujourd’hui un secteur comme celui de la presse (écrite, audiovisuel ou radiophonique) qui n’embauche aucun travailleur handicapé a 90 %. Cela ne vous pose-t-il pas certaines interrogations notamment quand il s’agit du secteur public ?

François ATGER —Les branches professionnelles s’engagent de plus en plus nombreuses sur le champ conventionnel, ce qui représente un atout indéniable par la « force de frappe » qu’elles représentent pour atteindre plus d’entreprises, petites et grandes. Le constat d’un faible quota dans telle ou telle branche nous invite davantage à l’action et à un travail de conviction auprès des employeurs qu’aux interrogations.

 

FHI —L’État vient d’annoncer dans la loi de finances 2011 sa décision de ponctionner l’AGEFIPH de 60 M€ en deux ans, n’y a-t-il pas la une contradiction avec ses objectifs a l’emploi ?

François ATGER —Notre Conseil d’administration a pris connaissance de l’article 97 de la loi des finances au moment de sa publication au Journal officiel. Il a exprimé le regret à cette occasion que cette disposition n’ait pas fait l’objet d’une concertation préalable. C’est après un examen précis et concret des conditions de mise en œuvre des transferts de charges qu’il contient qu’il déterminera sa position.

FHI —L’État n’a-t-il pas une part importante dans le taux de chômage des travailleurs handicapés et notamment dans le domaine de la scolarité où nombreux sont encore ceux qui ne peuvent avoir une scolarité faute d’AVS ?

François ATGER —Comme vous le savez, l’Agefiph n’est compétente ni pour intervenir dans le secteur public, ni pour commenter, l’action de l’État et des employeurs publics quant à leurs politiques d’emploi.

 

FHI —En comparaison de 1997, le profil du travailleur handicapé a-t-il évolué et quelle évolution peut-il avoir dans notre société ?

François ATGER —Depuis 1997, le profil global de la population des demandeurs d’emploi handicapés a relativement peu évolué : plus masculin, plus âgé, moins formé, et au chômage depuis plus longtemps. 57 % sont des hommes, contre 50 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi. 38 % ont 50 ans et +, contre 18 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi. 79 % sont de niveau inférieur au bac, contre 59 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi. 53 % sont chômeurs de longue durée (>= 1 an) 37 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi. Ces caractéristiques rejoignent celles de la population handicapée en âge de travailler dans son ensemble dont le taux de chômage s’établit à 19 %, contre 8 % pour l’ensemble de la population. Les raisons sont multiples : le handicap, dans la très grande majorité des cas, survient au cours de la vie et non à la naissance et prend des proportions grandissantes plus on monte dans l’échelle des âges. Il frappe les personnes qui connaissent des conditions de vie et de travail relativement plus dures, voire plus dangereuses. Le retard pris par la société dans l’emploi, la scolarisation et la formation des personnes handicapées explique le reste.

 

FHI —Après le vote de la réforme des retraites, estimez-vous que celle-ci corresponde aux difficultés et aux besoins des personnes handicapées ? (Élargissement de l’accès à la retraite anticipée, pénibilité, maladie…)

François ATGER —Il n’appartient pas à l’Agefiph de commenter les tenants et aboutissants de cette réforme. Cependant nous percevons bien qu’elle aura un effet sur l’emploi des personnes handicapées en termes quantitatifs : comme nous l’avons vu, la prévalence du handicap augmente avec l’âge. Cette loi met donc mécaniquement l’accent sur l’accompagnement nécessaire des personnes handicapées en recherche d’emploi, mais aussi en emploi.

 

FHI —Pour conclure sans vouloir me répéter, mais qu’attendez-vous réellement et concrètement de cette nouvelle édition et notamment de nouvelle manifestation organisée cette année ?

François ATGER —La Semaine de l’emploi est un temps fort chaque année qui permet d’attirer l’attention du grand public sur les enjeux de notre action. C’est pourquoi chaque année, avec toutes les bonnes volontés qui se manifestent, nous mettons toute notre mobilisation dans sa réussite. Mais nous ne nous berçons pas d’illusions : une semaine, fût-elle médiatique, est une pierre dans l’édifice qu’il faut construire. C’est pas à pas, tous les jours avec une opiniâtreté confiante dans les possibilités d’avancées que les progrès se feront et se font déjà sentir.

 

Propos recueilli le 17 novembre 2010
Par Stéphane Lagoutiére

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